Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 199 du 27 janvier 2000 - p. 23
Chers frères
Voici votre Mère !

Les catholiques admettent, au moins dans les grandes lignes, l’enseignement de l’Eglise sur la Vierge Marie. Ils croient volontiers qu’elle a été préservée du péché originel (immaculée conception), qu’elle est restée vierge (virginité perpétuelle), qu’elle a rejoint Jésus dans Sa gloire avec son corps (assomption), et, bien sûr, qu’en qualité de mère de Jésus elle est Mère de Dieu (maternité divine). La Vierge Sainte représente pour eux le membre le plus éminent de la Communion des saints, la plus grande sainte du paradis. Ils ont recours à son intercession. Ils invoquent le rôle de la Vierge aux noces de Cana : « Ils n’ont plus de vin »... Ils suivent son conseil : « Faites tout ce qu’Il vous dira »... (Jn 2). Les plus fervents cherchent à imiter sa foi, son recueillement, son espérance, sa pureté : « Qu’il soit fait selon Ta parole »... Elle méditait tous ces événements dans son coeur...

Mais pourquoi répugnent-ils à placer la Mère de Dieu au centre de leur vie spirituelle ? Craindraient-ils de mettre en péril l’unique médiation de Jésus-Christ alors que, paradoxalement, c’est pour mieux y correspondre que l’on se consacre à Marie ? Entre tous les privilèges rappelés ci-dessus, le principal est sans conteste la maternité divine, parce que tous les autres dépendent de celui-ci. Par privilège, nous entendons un plus grand bien pour un plus grand service. La réticence à reconnaître toute son importance à la Mère de Dieu dans notre relation à la Sainte-Trinité et au monde vient, nous semble-t-il, d’une approche incomplète de la maternité divine de la Vierge. Nos contemporains saisissent bien la maternité historique de Marie mais ne comprennent pas sa maternité actuelle. Ils méditent volontiers les premières pages de l’Evangile sur l’Incarnation du Fils de Dieu et l’origine de notre adoption divine, mais ne prennent pas vraiment au sérieux la parole de Jésus à saint Jean, au soir du Vendredi Saint : « Voici ta Mère » (Jn 19), tandis que s’accomplissent notre rédemption et notre filiation.

La relation unique et éternelle de la Vierge Marie au Christ ressuscité fonde le rôle spécifique de Marie dans le don que Dieu fait de lui-même aux hommes : la grâce.

Abbé Guy-Marie
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