Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 282 du 8 janvier 2003 - p. 10
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Quel cirque on nous fait avec ces clones !

Combien de temps encore va-t-on nous bassiner avec le clonesque Raël et sa bande de toqués ?

Depuis qu’une ancienne VRP de la Compagnie de l’air liquide reconvertie en génie de la manipulation génétique par des cours du soir a annoncé la naissance d’une nouvelle Eve clonée, tous les médias y vont de leur commentaire.

Même Chirac s’est cru obligé de jouer l’Auguste de cette entrée de clone en se fendant d’une dénonciation solennelle. Pour la plus grande joie des raéliens, qui n’attendaient que cette consécration.

Et pourtant, il y a trente ans qu’on sait que Raël est un guignol.

Dans les années soixante-dix, pigiste d’un magazine automobile, un certain Vorilhon lit La Lune clef de la Bible, un des innombrables bateaux portés par la vague du « réalisme fantastique » soulevée par Le Matin des magiciens de Pauwels et Bergier.

L’auteur, Jean Sendy, sorte de taliban de l’athéisme, y expose en substance que l’humanité est née dans un laboratoire extraterrestre.

Séduit, Vorilhon « pompe » les divagations de Sendy et publie sous le titre Le Livre qui dit la vérité son prétendu témoignage de « contacté » par les extraterrestres.

Invité dans l’émission de Chancel à la télé, il reçoit un tel courrier de gogos que l’idée lui vient d’un comité d’accueil des extraterrestres. Le machin tournera aussitôt à la secte et, Vorilhon devenu Raël, le petit journaliste cravaté pose au gourou à pilosité variable mais abondante évoluant du hippie chevelu-barbu-joufflu au clone-blanc à barbichette méphistophélique et chignon de samouraï.

Tout cela pourrait relever du cirque ou de l’asile si ce n’était les habituelles combines.

Les fans sont d’abord invités à financer une base de réception des extraterrestres, puis la passion du gourou pour la course automobile, puis la diffusion du message des extraterrestres, puis une campagne de haine anticatholique et, finalement, la fameuse clonerie.

En échange, Raël leur distribue des titres ronflants.

La sorcière verte qui a orchestré la farce du clonage est, par exemple, « évêque ».

D’autres, moins tapées, appartiennent aux « Anges », aristocratie de la secte dont le grade ultime est celui de « cordon doré » réservé aux plus avenantes qui se dévouent au Pape (titre dont Vorilhon-Raël s’est lui-même paré).

Quelques-unes de ces entités pas du tout virtuelles viennent d’ailleurs d’être inquiétées au Québec pour leur conception extensive du métier de taxi-girl qu’elles exerçaient dans des boîtes pour hommes seuls en vue, disent-elles, de financer leurs cotisations à la secte...

Ce qui est, en somme, moins grave que les actes pédomanes qui ont conduit certains adeptes en prison.

Et c’est ce gang de timbrés qui, depuis un mois, défraye la chronique avec un prétendu clone humain !

Bien entendu, il n’y a pas plus de clone que de petits zommes verts. Les raéliens ont lancé ce canular pour inciter les couples stériles à casquer dans l’espoir de bénéficier du programme de clonage à venir.

Eve est une invention. La promesse de soumettre l’enfant à l’examen des scientifiques n’a servi qu’à médiatiser l’arnaque. Une fois la pub relayée par tous les médias du monde, un avocat douteux a opportunément déposé une plainte bidon qui a donné prétexte à l’annulation des expertises promises. Il faut « protéger l’enfant et ses parents », ont expliqué les raéliens.

Mais pour ne pas couper le robinet à dollars la secte a aussitôt annoncé un futur clone à naître dans un couple de lesbiennes.

Pourquoi un couple dans une manip génétique ? Mystère. Pourquoi « de lesbiennes », justement ? Double mystère.

En fait, la vraie question que pose ce « scandale » qui émeut tant Chirac (plus en tout cas que les trois cent mille bébés tués chaque année dans le sein maternel par deux lois qu’il a signées) est celle-ci : pourquoi la mafia médiatique s’intéresse-t-elle tant et avec aussi peu d’esprit critique aux délires d’un gang d’arnaqueurs allumés ?

On dirait vraiment que tout ce qui peut ridiculiser l’idée même de maternité est bon à prendre...

Le Libre Journal
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