Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 282 du 8 janvier 2003 - p. 23
Nos pères
Les Apologistes (I)

Nous sommes encore aux origines de la littérature patristique, du Ier au IIIe siècle. Après les écrits judéo-chrétiens, ce furent les pères apostoliques (cf. nos 3 numéros précédents). Les pères apologistes occupent le IIIe siècle. On pourrait donner ce sous-titre : la rencontre de la foi et de la culture. Deux noms émergent : saint Justin et saint Irénée. Ce dernier appartient aux 12 "très grands". Nommons aussi l’épître à Diognète et Athénagore.

La situation politique est celle de l’empire romain, composée d’une multitude de peuples, aux langues et cultures diverses. L’économie est fondée sur l’esclavage. Dans certaines villes, les deux tiers des habitants sont esclaves. Entre les hommes libres, les conditions sont inégales. les religions traditionnelles sont nombreuses, les dieux des campagnes protègent maisons, troupeaux et cultures ; l’empereur est l’objet d’un culte obligatoire. Dans ce contexte, l’Evangile paraît dans toute sa nouveauté. Grâce à une circulation facile, sa diffusion est rapide ; il répond, en particulier sur deux points, à une attente générale. D’abord, c’est un message d’égalité entre les hommes devant Jésus-Christ ; esclaves et femmes y sont sensibles. Si la culture est disparate, elle est en position de faiblesse ; son inquiétude religieuse est comme une préparation évangélique. Ensuite, ces païens sont en attente d’une morale forte, sinon d’une rédemption, devant la faiblesse humaine par rapport au sexe, à l’argent, aux plaisirs. Le stoïcisme se présente comme une philosophie autant disponible que concurrente au message évangélique. Cependant l’Evangile rencontre un mauvais accueil et suscite les persécutions. Elles commencent par de simples tracasseries administratives et locales, avant de se muer en véritables persécutions. Il faut distinguer les persécutions sporadiques et limitées dans l’espace des deux premiers empereurs des persécutions longues et universelles du IIIe siècle. Celles-ci susciteront les pères de l’Eglise des martyrs.

Abbé Guy-Marie
Sommaire - Haut de page