Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 283 du 17 janvier 2003 - p. 6
Autres nouvelles
Il est content, Sarko,
il a trouvé l’arme fatale

L’inépuisable ministre de l’Intérieur a trouvé un nouveau remède à la délinquance : faire disparaître les armes à feu.

Il a donc concocté un projet de loi interdisant à peu près totalement la détention d’armes et de munitions, quelles qu’elles soient, par des particuliers sauf pour les chasseurs. Etant toutefois précisé que, pour ces derniers, la déclaration nominative par l’armurier sera obligatoire ainsi que la production d’un certificat médical attestant que l’acquéreur ne souffre d’aucun trouble et ne prend aucune substance susceptible d’altérer son comportement. En outre, le préfet pourra, pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d’une arme, soumise au régime de la déclaration, de s’en dessaisir. Cette remise ne donnant lieu à aucune indemnisation.

Sarkozy semble convaincu que les voyous, qui ne respectent aucune loi, respecteront l’interdiction d’acheter, de détenir et de porter une arme.

C’est d’ailleurs bien parti : la direction de l’enseigne Décathlon ayant annoncé la fermeture du rayon des armes, trois hommes ont généreusement participé, lundi dernier, à la liquidation du stock en braquant le magasin de Groslay (Val-d’Oise).

Ils sont repartis avec huit armes (dont deux fusils semi-automatiques Beretta calibre 12) après avoir ligoté les vigiles et assommé une vendeuse.

C’est le moment ou jamais pour le préfet du Val-d’Oise d’ordonner le dessaisissement...

Si Sarkozy avait consulté son collègue britannique, il se serait peut-être évité le ridicule de cette mesure inapplicable.

En 1996, à la suite d’une fusillade particulièrement meurtrière à Dunblane, Blair décrétait l’interdiction totale des armes à feu.

Six ans plus tard, le bilan peut être tiré.

Il présente deux aspects intéressants : une augmentation exponentielle des crimes par armes à feu et une inquiétante augmentation des victimes de bavures policières mortelles.

Le Center for Defence Studies du King’s College, à Londres, a établi que dans les deux années qui ont suivi l’interdiction, alors que plus de cent soixante mille armes avaient été déposées par leurs détenteurs dans les commissariats, le nombre des crimes par arme à feu est passé de 2 648 à 3 685, soit une augmentation de 40 %.

Les responsables de la police en ont brillamment conclu que ce phénomène était dû au fait que seuls les honnêtes gens avaient obéi à l’ordre de se défaire de leurs armes, laissant ainsi le terrain aux voyous assurés de l’impunité.

Cette augmentation a eu un effet pervers curieux : les policiers, de plus en plus inquiets pour leur propre sécurité, n’hésitent plus à tirer.

A Liverpool, un fou en pyjama armé d’une épée de théâtre a été abattu en pleine rue. A Brixton, un passant a été tué parce qu’il circulait armé d’un... briquet en forme de revolver.

Depuis cette interdiction, l’Angleterre et le Pays de Galles ont grimpé au rang des vingt nations les plus touchées par la criminalité.

En 1981, les meurtres par arme à feu étaient six fois plus nombreux aux USA qu’en Angleterre. Depuis 1996, ce ratio est tombé à trois et, statistiquement, les grandes villes anglaises sont plus dangereuses que les métropoles américaines.

Mais Sarkozy est sûr que son interdiction va régler le problème.

Au moins aussi efficacement que la loi anglaise de 1880 interdisant, sous peine des sanctions les plus graves, les relations homosexuelles entre adultes consentants ou que la fameuse Prohibition de l’alcool décrétée dans les années 20 aux Etats-Unis...

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page