Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 284 du 30 janvier 2003 - p. 14
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Arnaque à l’Extrême droite

La Nouvelle Extrême Droite. Le titre du livre qui vient de paraître est accrocheur, mais c’est une pure et simple arnaque.

Fils d’un trotskiste et d’une maoïste (ou le contraire), Christophe Bourseiller, acteur de complément aux faux airs de Harry Potter quinquagénaire, se pique aussi d’être « spécialiste des mouvements minoritaires ».

Pour exploiter le « choc de l’élection présidentielle 2002 », notre homme vient de publier un livre au titre prometteur de révélations apocalyptiques : La Nouvelle Extrême Droite.

Las, à la lecture, l’ouvrage se révèle comme la réédition servile d’un volume paru en 1991 chez François Bourin sous le titre Extrême Droite.

Il y a douze ans, l’ouvrage méritait le détour pour deux raisons :

- il présentait une classification intéressante de tous les groupes considérés, à tort ou à raison, comme étant d’extrême droite ;

- il donnait directement la parole à une série de jeunes acteurs de ladite « extrême droite ».

Les propos tenus par ces jeunes hommes, interviewés à l’époque par le « minoritairologue » Bourseiller, indiquaient effectivement bon nombre de nouvelles pistes ; et il aurait fallu enquêter sur leur trajectoire, douze ans après, au lieu de les reproduire bêtement, tels quels, en commettant ainsi un inacceptable anachronisme, indigne d’un chercheur sérieux. Mais Bourseiller fait du collage, avec des chromos usés, dépassés, périmés, rien que pour se remplir indûment l’escarcelle, en profitant des avancées électorales de Le Pen. Son maître Debord a pourtant eu des phrases terribles sur les attitudes et les pratiques de cet acabit, sur cette façon de faire de la commémoration, du muséïsme.

Bourseiller s’est juste fendu d’une préface de circonstance. C’est tout. Ses références sont désormais obsolètes et les entretiens n’ont plus qu’un intérêt académique. Les cinq personnes qu’il avait interrogées en 1990-91, soit Arnaud Dubreuil, Jean-Pierre Dufour, Arnaud Lutin, Nicolas Portier, Charles Champetier, ont disparu de la circulation ou ne sont plus dans la mouvance nationaliste stricto sensu. Une bonne idée que Bourseiller n’a pas eue : montrer pourquoi ils l’ont quittée ou pourquoi leurs analyses sont aujourd’hui différentes. L’évolution de Champetier, sa rupture fracassante avec Alain de Benoist auraient mérité une analyse attentive...

L’ouvrage contient tout de même une mise en garde que devraient bien méditer les adversaires de l’opposition nationale : « ... la plupart des antifascistes - mais pas tous - se trompaient de cible en avançant des arguments obsolètes et, du même coup, favorisaient leur adversaire au lieu de l’affaiblir ».

On sait, effectivement, depuis les travaux de Taguieff, entre autres (voir aussi Elisabeth Lévy in LLJ n° 282), que les « antifascistes » ont une vision étriquée de la scène politique et du monde en général. Evidemment, Bourseiller n’a pas trop bien assimilé son idole Guy Debord ; pourra-t-il assimiler correctement les derniers ouvrages de Taguieff, qui participe à sa revue néo-situationniste ?

L’insuffisance et l’indigence du marais glauque de « l’antifascisme » français vaudrait un nouveau livre, n’est-ce pas, cher Christophe ? Et de poursuivre votre enquête au lieu de répéter comme un perroquet ce que vous nous avez déjà dit, il y a près de douze ans.

d’après
Robert Steuckers

Christophe Bourseiller, La Nouvelle Extrême Droite, Ed. du Rocher, 235 p., 17 teuros.
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