Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 284 du 30 janvier 2003 - p. 16
Stratégie
Un nouveau pays dans
l’Axe du mal : la Grèce

Les Français devraient s’intéresser de plus près à ce qui se passe en Grèce en ce moment. Cela pourrait bien préfigurer ce qui attend notre pays qui, rappelons-le une fois de plus, s’est vu récemment promettre par Edward Luttwak, ancien conseiller de Bush père, d’avoir bientôt à payer « une longue addition à Washington » pour avoir « voulu manger et bouffer aux dépens des Etats-Unis sur la scène diplomatique ».

Depuis quelque temps, les attaques se multiplient dans la presse US et notamment sous la plume d’un journaliste juif de nationalité grecque mais haineusement anti-hellène, Takis Michas, auteur d’un pamphlet contre son propre pays, éditorialiste du magazine gauchiste Elephterotypia et chroniqueur de plusieurs quotidiens américains.

Motif : les Grecs seraient à la fois sympathisants du terrorisme international, complices des « crimes serbes en Bosnie », « les plus antisémites des Européens » (c’est en tout cas ce que la presse juive raconte à Athènes de la même manière qu’à Paris elle soutient que c’est la France qui détient ce record) et les plus antiaméricains des alliés de l’Otan.

Tant qu’à faire.

Et les preuves de pleuvoir.

Antisémitisme ? La presse grecque publie des dessins faisant le parallèle entre les armées du Reich national-socialiste et l’armée de l’Israël.

Antiaméricanisme ? Des supporters d’un club de foot athénien ont brûlé la bannière étoilée à l’issue d’un match contre une équipe... écossaise.

Complices des Serbes ? Simitis, premier ministre grec, a rencontré son homologue serbe Zoran Djindic à Belgrade et a fait défiler une fanfare militaire grecque dans le centre de Belgrade à cette occasion. Or ce « crime » s’est déroulé en... mai 2002, c’est-à-dire deux ans après la chute du régime Milosevic.

Sympathisants du terrorisme international ? Le gouvernement athénien a refusé son autorisation à la flotte US qui prétendait arraisonner pour le compte de l’Israël dans les eaux territoriales grecques les navires suspects de transporter des hommes ou des armes de la résistance palestinienne.

Bref, exactement le genre de dossier d’accusation monté de bric et de broc, avec d’infimes anecdotes montées en scandales à coups d’amalgames et de contresens, et exploité par des agents d’influence comme l’infatigable Michas qui ambitionne visiblement d’être celui qui obtiendra de faire comparaître un dirigeant grec devant le Tribunal pénal international de la très douteuse Carla del Ponte, pour complicité de crime contre l’humanité.

Voilà, en tout cas, qui vient à l’appui de ce que Michel Blanzat écrivait la décade dernière en pronostiquant que la Grèce avait à craindre pour sa sécurité dans un proche avenir depuis que les services américains l’avaient désignée comme pays potentiellement terroriste et que Salonique avait été dénoncée comme une ville trop grecque qu’il est urgent de « recomposer ethniquement ».

En fait, tout ce pilpoul est directement lié à la détermination de l’Israël et des Etats-Unis d’imposer à l’Europe l’intégration de la Turquie.

Les Grecs étant, pour des raisons historiques infiniment douloureuses, radicalement hostiles à cette intégration, on est bien décidé à les faire taire par n’importe quel moyen.

A titre d’exemple.

Le Libre Journal
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