Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 284 du 30 janvier 2003 - p. 22
Opéra
Opéra... tion de charme

On est toujours à se plaindre des théâtres nationaux, leur coût, leurs programmes d’avant-garde, leurs grèves(1), leurs intermittents du spectacle... Eh bien, je viens de vivre une petite aventure qui vient redorer le blason de ces théâtres.

Les enfants nous avaient offert deux places à l’Opéra-Garnier pour le ballet Paquita.

La veille du jour J, chute, entorse du genou gauche, impossibilité de marcher, patatras ! Tout s’effondre. Je me voyais déjà contrainte de renoncer à ce spectacle dont seules quinze représentations étaient prévues.

L’émotion passée, je téléphonai à l’Opéra pour expliquer mon cas.

Quel ne fut pas mon étonnement de trouver une interlocutrice prénommée Sandrine, qui, fort aimable, comprit parfaitement notre embarras :

- Présentez-vous une bonne heure avant le début du spectacle, à l’accueil de l’entrée des artistes à l’arrière du Palais-Garnier ; un fauteuil roulant sera mis à votre disposition et l’on vous conduira jusqu’à votre loge.

Je n’en croyais pas mes oreilles. Et, bien que très agréablement impressionnée par la courtoisie de Sandrine, je gardais un brin de scepticisme...

Nous voici donc à l’Opéra. Nous nous présentons à l’accueil. Nous étions attendus et l’on nous reçoit avec beaucoup de gentillesse.

A l’heure dite, un charmant jeune homme d’une vingtaine d’années, en smoking, me présente un fauteuil roulant. Empruntant couloirs, coursives, rampes ascendantes et ascenseurs, notre mentor nous conduit jusqu’à la porte de notre loge.

Spectacle splendide. Le ballet Paquita, en dépit d’une reprise contemporaine, reste d’un grand classicisme : danseurs et ballerines captivant l’assistance au point que j’en oublie mon genou blessé.

Le rideau tombé, le miracle continue ! A la porte de la loge, le charmant jeune homme est là avec mon fauteuil et c’est au milieu du flot des artistes, y compris l’orchestre et son chef, que nous gagnons la sortie, enchantés.

Allons, l’Opéra-Garnier reste une grande maison où la qualité ne se limite pas à l’art : elle est aussi dans le personnel et dans l’accueil.

Yvonne Schleiter

(1) Lire l’article de Michel de L’Hyerres, page 15...
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