Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 284 du 30 janvier 2003 - p. 23
Nos pères
Les Apologistes (III)

Au milieu de la société romaine des IIe et IIIe siècles, les apologistes se demandent : qui sommes-nous ? Ces écrivains vont s’adresser à des gens venus du paganisme et non plus du seul judaïsme même grec.

Saint Justin

Né à Flavia Néapolis (Naplouse-Sichem en Palestine), vers 100-110, d’une famille de colons païens latins. De formation philosophique, il s’est converti, porté par sa soif de vérité. Il traversa avec insatisfaction les différents courants : le stoïcisme, l’aristotélisme, le pythagorisme, le platonisme, où, là, cependant il trouva une certaine paix dans la contemplation des idées. A Césarée de Palestine, un vieillard chrétien lui fit dépasser son platonisme : le christianisme était la vraie philosophie. A Rome, en 155, il fonda une école philosophique. On lui connaît deux ouvrages : Dialogue avec Triphon (un juif), et Les Apologies. Dans sa doctrine, retenons trois idées majeures interdépendantes : la révélation chrétienne accomplit la philosophie ancienne ; le Logos (Verbe de Dieu) était déjà présent dans les doctrines païennes, parce que les philosophes grecs ont pris le meilleur de leur pensée à Moïse.

Athénagore

Athénien, philosophe, nous ne savons rien de sa vie. Son apologie, adressée à Marc-Aurèle et à Commode, réfute les trois grandes accusations portées contre les chrétiens (athéisme, immoralité et anthropophagie). C’est l’une des plus belles apologies par sa tenue littéraire, sa loyauté et l’étendue de sa culture. Elle offre en particulier la première démonstration rationnelle de l’unité et de la Trinité en Dieu.

Abbé Guy-Marie
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