Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 286 du 20 février 2003 - pp. 2, 12
Lettres de chez nous
L’autre euthanasie

Les courageux euthanasieurs avaient cru trouver en Christine Malèvre une médiatisable héroïne... Quand ils ont dû se rendre à l’évidence que c’était un cas plutôt lourd, avec tout le tragique et toute la pesanteur de l’humaine condition, après l’avoir financée, médiatisée et encensée ils l’ont purement et simplement, massivement, cyniquement et lâchement... lâchée. [...]

Moi, je comprends bien cette femme (sans l’absoudre, c’est pas mon job) : dans mon métier d’enseignant aussi je suis seul, et face à des enfants qui souffrent de deux façons : les uns de ne pouvoir apprendre tout ce qu’ils pourraient, les autres de ne pas même avoir accès au seuil très bas auquel l’égalitarisme forcené, le mélangisme et le métissage obligatoire ont réduit tout enseignement. [...]

J’ai eu aussi tendance à baisser les bras et à "débrancher" la classe hétérogène, tuant les uns et les autres en tirant dans le (milieu du) tas. Non plus ce milieu de l’antique médiocrité dorée, mais ce milieu de merde qui n’est que l’axe de symétrie d’une double démesure : le mépris pour les hautes capacités des meilleurs et le mépris pour les autres capacités de ceux qui ne sont pas à leur place dans ce "système". [...]

Ce qui aboutit à l’euthanasie de la race de professeurs à laquelle j’appartiens, par épuisement, euthanasie qui correspond parfaitement à l’avortement culturel des deux extrêmes du spectre des élèves.

A. Mirel (Les Hautes-Bornes)
Gaz civilisateur...

Lecteur de Noam Chomsky depuis trente ans, je relève cet extrait d’un de ses ouvrages qui me paraît tout à fait d’actualité :

« Les Anglais ont bien entendu géré le Moyen-Orient durant une longue période. Il y ont été longtemps la puissance dominante et possédaient une structure pour contrôler la région. En premier lieu, elle était contrôlée directement par la force militaire. Mais après la Première Guerre mondiale, l’Angleterre se trouvait affaiblie et ne pouvait plus contrôler la région par la force directe. Elle s’est donc tournée vers d’autres techniques. Ce fut l’utilisation de l’aviation pour attaquer des populations civiles. (...) Ils se mirent aussi à utiliser les gaz toxiques, principalement sous l’influence de Winston Churchill, qui était un véritable monstre sauvage. Churchill, dans sa fonction de secrétaire aux Colonies, ordonna l’utilisation de gaz toxiques contre ceux qu’il qualifiait de "tribus sans civilisation", c’est-à-dire les Kurdes et les Afghans (...) parce que cela leur causerait une "intense terreur" qui sauverait bien des vies anglaises. Voilà pour l’aspect militaire. Il est important de se souvenir que le gaz toxique était vu comme la pire des atrocités après la Première Guerre mondiale. »

Alors que les bien-pensants - bien nourris - s’apprêtent à attaquer l’Irak à coups de bombes sophistiquées et de bonne conscience enveloppée dans quelques pages de Bible (Ancien Testament obligatoire, le Nouveau n’étant pas conforme), il n’est pas inutile de se pencher sur l’histoire récente, d’y débusquer les impostures érigées en monuments de gloire.

A. Le P. (Garancière)
Bérézina de la retraite

Notre grandiose (et soviétique...) système des retraites est à bout de souffle. Ceux qui, année après année, votent avec une régularité de métronome pour la pérennité du Système, ceux-là vont enfin commencer à sentir le vent du boulet (avant de faire connaissance avec les gaz lacrymogènes, comme en Argentine ?).

Car pendant que le Barnum syndicalo-gouvernemental donne de la grosse caisse médiatique, des voix autorisées évoquent la nécessité de réduire les prestations versées. En clair : en sus de l’augmentation de la durée du travail, il faudra sabrer dans les retraites !

Triste conclusion ? Pas vraiment. A vrai dire, je trouve cela même réjouissant. Ces gentils retraités, de droite - vaguement - et de gauche, qui se sont écrasés devant l’immigration-invasion, vont enfin "morfler". Et on peut supposer que la réforme des retraites préfigure une vaste refonte du système social français. Ce sera vachement rock’n’roll quand les allocs seront drastiquement réduites. Les "de souche" ne broncheront pas... Les Autres, eux, je doute fort qu’ils se contentent de participer à un "dialogue serein et constructif dans l’intérêt de la France Métisse".

Un dernier mot sur la "normalisation à la sauce argentine" qui nous tombe sur le coin de la figure : enfin une ultime réforme à la mesure de l’aventure humaine. En haut, les riches ; en bas, les autres, c’est-à-dire nous et un certain nombre d’autres. Et c’est tout !

Ah ! Si ! J’oubliais un ersatz de classe moyenne : les forces anti-émeutes, les services spéciaux et autres professionnels de la sécurité...

F.G. (La Garenne)
***
Où est le disque de †Limonova ?

Lors de l’émission de Radio Courtoisie du 5/2, j’ai pu entendre une chanson absolument phénoménale de la femme d’E. Limonov. Pourriez-vous me communiquer les références discographiques de cette chanteuse russe ? Peut-on acheter ses disques en France ?

W.A. K. (courriel)
Réponse

La regrettée Natalia Medvedeva ne fut en France qu’une chanteuse de cabaret. Ses disques ne sont pas distribués chez nous. Peut-être allez-vous y remédier, cher correspondant ? Voici ce que nous lisons sur le CD qu’elle nous a offert :

"Russian Trip", par le groupe "Tribunal" de Natalia Medvedeva. Réf. : FL 3 043-2.

Distributeur (dont nous ne certifions pas la survie aux mêmes coordonnées, depuis 1995) :

Russie 121309 Moscou
Yl. Novozavodskaïa, 27
FeeLee
Fédération de RUSSIE

Tél. : 007 095 145 8294
Fax : 007 095 145 9845

P.G.
La présidente du PEN Club belge à Patrick Gofman

Merci de m’avoir inlassablement tenue au courant de "l’affaire Edouard Limonov".

Si, comme présidente du PEN Club francophone de Belgique, je me suis très vite retirée de la liste de soutien à Edouard Limonov, je suis restée attentive, à titre personnel, au drame que vit tout homme incarcéré. Ecrivain moi-même, je ne puis être insensible à celui pour qui l’écriture est vitale.

Vous m’avez appris, il y a trois jours, la mort de son ex-femme. C’est la vie irrémédiablement passée de Limonov qui surgit, ici maintenant, dans vos deux e mail. Et je pense à sa vie future, 14 ans de goulag. Que dire sinon souhaiter que l’écrivain Limonov puise, dans l’horreur de sa détention même, le chef d’oeuvre qu’il est capable d’écrire ?

Huguette de Broqueville
Réponse

Madame la Présidente,

Limonov a déjà puisé (et publié) 5 chefs-d’oeuvre dans l’horreur de sa détention même (22 mois de prison style soviétique). Il est innocent de ce dont on l’accuse. Il me semble donc que l’on peut dire et souhaiter encore autre chose : Liberté pour Edouard Limonov !

Agréez mes hommages.

P.G.
Sommaire - Haut de page