Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 286 du 20 février 2003 - p. 3
Parlons franc
Nous n’en parlerons pas !

Ah non, ça ne va pas recommencer !

C’est l’appel que lance Rivarol aux dirigeants de la droite nationale.

Eh bien non, ça ne va pas recommencer !

C’est la décision que prend Le Libre Journal.

Ça ne va pas recommencer, en tous cas, dans nos colonnes.

Au moment où la mafia qui a confisqué tous les pouvoirs à force de mensonges et de corruption finit, à coups de 49-3, de flinguer une droite nationale déjà privée de toute représentation alors qu’elle rassemble plus de militants et d’électeurs que chacun des partis de la coalition affairiste et de l’opposition marxiste, nous ne nous prêterons pas à une manoeuvre de diversion et de discrédit évidemment montée par la presse ennemie avec la complicité d’une coterie qui méprise les militants et considère le mouvement national comme une boutique.

Nous invitons les sympathisants de la droite nationale à faire de même.

Ignorons ces chicayas, méprisons ceux qui les suscitent et qui les animent, ne dispersons pas en cochonneries politiciennes une énergie, une capacité de mobilisation, une volonté de lutter chaque jour plus indispensables à la survie de nos idées et de notre pays.

Le silence et le mépris sont les meilleurs armes contre ces manoeuvres.

En s’engageant dans une dispute qui ne les concerne en rien, les militants ne feraient que jeter de l’huile sur le feu.

Qu’on se souvienne de l’expérience lamentable de 1999.

Nos amis de Rivarol soulignent que Carl Lang et Bernard Antony ont entrepris de désamorcer la crise naissante. On lira plus loin un entretien avec Bruno Gollnisch. Il est dans les mêmes dispositions. D’autres responsables du mouvement que j’ai rencontrés partagent la même détermination : ne dire ni ne faire rien qui puisse conduire à une rupture qui, pour le coup, transformerait la question de la succession en une affaire de liquidation.

Laissons-les agir. Ils ont la confiance des parties en cause et ils savent quel langage leur tenir.

Un lecteur écrit : « Je suis consterné par la zizanie qui semble revenir. Ce qui me révolte c’est que les médias se régalent de ce genre de choses. L’expérience n’ a-t-elle pas servi ? Cela me désole car je suis convaincu que nous pouvons encore progresser. Certes, il y a des tendances diverses, il serait idiot de le nier. Mais elle doivent trouver un modus videndi. Il faut apprendre à gérer ces différences de façon sereine et intelligente.

La franche discussion est légitime si elle reflète de réelles divergences. On ne peut pas nier qu’il en existe. Il est donc normal que des associations comme "Chrétienté-Solidarité", "Terre et Peuple", les Identitaires polémiquent puisqu’elles ont des valeurs et des projets différents.

Elle n’est pas nuisible électoralement pour la droite nationale puisque ces associations n’ont pas d’ambitions électorales.

Elle est saine, car elle enrichit le débat : plus il y aura de groupuscules, de journaux, de réseaux, mieux ce sera car cela permet de ratisser plus large. L’existence de nombreux mouvements à petite audience crée un bouillon de culture qui prépare métapolitiquement un changement radical.

A l’inverse, la division au sein d’un même parti, l’étalage de divergences reposant moins sur des choix idéologiques que sur des antipathies personnelles est très nocif à tous égards. Je dirais même criminel. »

Je partage entièrement ce point de vue.

Toutefois, quelques lignes plus loin, notre lecteur ajoute : « Je pense que vous pouvez jouer un rôle en faisant la morale aux chefs de la droite nationale dans votre journal, dont les lecteurs sont avertis et comprendront ce que vous voulez dire (ils ne se détourneront pas pour autant du vote national).

Mais surtout tenez-nous au courant, car le pire serait vraiment que nos amis ne soient informés de ce qui se passe au sein de la droite nationale que par le biais des médias du système. Il ne faut donc pas hésiter à aborder les sujets qui fâchent. Il vaut mieux que ce soient des gens bien qui le fassent plutôt que les professionnels de la salissure. »

Cette confiance m’honore mais ma réponse est non.

D’abord parce que je ne me sens pas le courage de donner des leçons de morale démocratique alors que je suis convaincu que notre malheur procède de l’imposture du suffrage universel.

Ensuite parce que ne suis pas mieux informé que les militants sur cette crise fabriquée par des journaux ennemis dont l’information transite par les réseaux que certains, au sein même du mouvement national, ont constitués avec la pire racaille journaleuse, mélange de petites frappes cosmopolites, de collectionneurs de bruits de chiottes et de parasites gavés au champagne-petits fours.

Enfin parce qu’il n’y a aucune nécessité d’être "informé" sur un happening qui ne concerne que ses acteurs.

C’est un barda superflu pour le fantassin des idées nationales en campagne.

Voilà pourquoi nous n’en parlerons pas !

Serge de Beketch
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