Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 286 du 20 février 2003 - p. 13
Croquis d’errance
par Nicolas Pérégrin
Ma manif pacifiste à Grenade

15 février, Grenade. Andalousie. Le temps est bien froid pour la saison andalouse, mais la météo américaine me contente. Dieu a envoyé promener la navette et recouvre de glace l’empire du mal. Je manifeste contre la guerre avec la faune de gauche. Je suis à Grenade, ville de gauche. Je manifeste avec des "gauches" pour le première fois depuis 1982. Depuis l’état de siège en Pologne.

Il y a des anarchistes, des homos, des lycéens (qui eussent été antilepénistes en France) et beaucoup, beaucoup de catholiques que je vois le dimanche à la messe. Catholiques tiers-mondistes qu’effraie la terreur mondialisée-israélo-américaine. On ne choisit pas ses alliés.

Je plaisante avec des militants de gauche espagnols :

- Défilions-nous contre le terrorisme au soir du 11 septembre ? Pourquoi défilons-nous aujourd’hui ? Que reprochons-nous à l’Amérique, ce pays de la démocratie, du hamburger et du cinéma ? L’Amérique serait-elle ce père étouffant qu’on ne peut supporter ?

Pour l’espagnol, même de gauche, l’Amérique. Pardon, les Zetazunis, ce sont les voleurs de la Floride, du Texas, de Cuba, et du reste. C’est le pays qui a détruit et corrompu l’Amérique du sud livrée aux francs-maçons, au FMI et aux MBA.

La liste s’allonge : les Zetazunis ont détruit l’Afrique décolonisée, l’Asie du sud-est, aujourd’hui le monde arabe. Et bien sûr l’Europe, patrimoine de l’humanité noyé sous dix milliards de bombes et d’humiliations, aujourd’hui promise aux turcs et aux mongols.

La manif progresse...

J’admire dans Gran Via plein de détails architecturaux qui m’avaient échappé jusque là. Il y a des petites scandinaves, des hippies, des étudiantes anglaises. Il y a un million d’Anglais à Londres qui disent non au projet Blair Witch. Je pense à nos frères hobbits qui en Angleterre se révoltent. L’Angleterre du rabbin Manasse qui avait promis à Cromwell que les juifs oeuvreraient toujours pour le Royaume désuni, sera-t-elle rayée des cartes par l’Eretz Israël, et les prédictions du dément van Creveld (nom hollandais prédestiné), tout comme la France et l’Allemagne ?

Cette foule bigarrée, bon enfant, festive et naïve a peur en fait. Elle a peur pour elle plus que pour les irakiens. Elle va finir mal, elle le sait.

L’Amérique lui fait peur. Qui dirige l’Amérique ? Des golems, des shabbatgoyim ? En tous cas des butors bien dressé. Daredevil y triomphe sur les écrans, comme tous les héros yiddisch d’un autre temps : Batman, Spiderman, Superman. Et Godman, l’homme-dieu, le Godman des films fantastiques, de la Golden Dawn et du club bohémien (voyez Moulin rouge, si vous voulez comprendre ce qui se profile derrière l’ordre nouveau bobo).

Ces juifs hérétiques qui se sont promis de devenir le messie du monde post-moderne.

Ils sont les médecins, les pianistes (sic), les Nobel prize, et il faut les chérir. Ils sont nos fétiches comme Voltaire disait que nous étions les fétiches des nègres. Et ils veulent être aimés, envers et contre tout. Ils nous buteront si nous ne sommes pas d’accord. De Charonne à Sharon.

Je vois la foule glisser devant le statue de Colomb et le cheval du maire Moratalla. Et je me demande où fuir leurs bombes, puisque l’Europe a été désarmée par l’OTAN ? En Patagonie ? Mais laquelle ? Le rêve de Raspail ou le bunker de Benetton-Turner ?

Je n’imagine même pas ce qu’ils feront de la France de Chirac. Encore que Chirac (je sais, ne délirons pas)... Il s’est pris les grèves de 86, le mouvement anti-nucléaire de 95, les grèves de 95, des insultes en tout genre... et il donne raison au bon Parvulesco : l’Europe grand-continentale, Paris-Berlin-Moscou, et même Pékin. L’Europe du Heartland haushoferien qui s’oppose aux flibustiers damnés du Rimland. Chirac rêve-t-il de géopolitique ? Chirac se rendra aux évidences ou bien sera tué.

Il vaut mieux de toutes manières un gaulliste qu’un conservateur, qu’un libéral de droite ou autre. La racaille, c’est Aznar (les Espagnols se sentent trahis et déshonorés), Berlusconi ou Madelin en France.

Les néoconservateurs ont détruit depuis Thatcher et autres tout ce qui pouvait l’être encore, pour servir les intérêts des deux peuples élus.

A propos, mon cher François P., y-a-t-il un nom, dans le Talmud, pour le gros costaud qui tabasse l’ennemi prétendu des rabbins ?

Le néolibéralisme de Friedman, le néoconservatisme, c’est le cancer du monde, le cancer de la droite. Les chrétiens-démocrates teutons veulent aussi bouffer plus de burgers.

Le jour où nous n’avons pas défendu Allende, nous avons tout perdu.

Kissinger a fait sa loi et c’en fut fait du monde libre.

Il y eut l’exception Mitterrand. Chérissons notre bombe ou creusons notre tombe.

Les gentils anarchistes qui dansent au son du tam-Tam se foutent de mes amères considérations de droite. Ils dansent Puerta real, et puis c’est tout.

Je pense à mes copains marocains, puisque j’y passe beaucoup de temps, à cette merveilleuse ville de Tanger, si belle du temps des colonies. Eux ils ont compris : les Arabes vont payer. En Palestine, Irak ou ailleurs.

Ils savent, ces copains guides ou taxis, commerçants et bon musulmans, qui est derrière les attentats.

Mais je crois qu’ils ont compris aussi que nous avions compris.

Dernière question : pourrons-ils nous tuer comme ils l’ont fait des indiens ?

Vont-ils nous parquer comme des palestiniens ?

Et si j’écrivais un livre sur ce sujet ? Le royaume de Dieu contre l’empire Godman, contre l’Empire du Mal ?

L’humanité contre l’Humanité ?

Un gentil nègre à qui j’achète un CD-pirate au bar à tapas a le dernier mot : « No a la guerra ! »

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