Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 286 du 20 février 2003 - p. 22
Cinéma
"The Magdalene sisters"
beau film, hélas

Gratifié d’un "Lion d’or" à Venise par le jury du dernier festival du cinéma bolchevique opérant sur la planète, ce pamphlet de pure haine anti-catholique qui prétend raconter, sous les dehors d’un reportage tourné sur le vif, la vie de quelques jeunes pensionnaires d’une maison irlandaise tenue par les soeurs de la miséricorde entre 1966 et 1970, avait provoqué un froncement de sourcil de l’Osservtore Romano.

Il faut dire que la ficelle était un peu grosse : les auteurs ayant feint de confondre une maison de correction où l’on est enfermé de force avec un couvent ou l’on entre de son plein gré (il faut n’avoir jamais croisé une bonne soeur ailleurs que dans les défilés de la Gay Pride pour croire que l’on pourrait encore cloîtrer une fille à son corps défendant avec la complicité des moniales et de leur supérieure...)

Mais là, le scénariste et le réalisateur ne s’embarrassent pas de précautions : toutes les religieuses sont des gardes-chiourme et toutes les pensionnaires sont des agnelles sans tache.

Ce qui n’empêche pas ce film d’être d’autant plus nocif que le réalisateur Peter Mullan, d’abord acteur fétiche de Ken Loach puis interprète remarqué dans l’admirable Braveheart de Mel Gibson est doué d’un formidable talent.

Et qu’il filme avec virtuosité les Marie Madeleine, ces filles vouées aux lessives interminables, aux épuisants curage de parquets, taillables et corvéables à merci, accablées de brimades et d’humiliations et qui, lorsqu’elles tentent d’échapper à cet enfer, sont traquée, reprises et impitoyablement châtiées.

Bien entendu, selon le scénario, elles sont toutes innocentes. Leur seul crime est d’être des demeurées, de pauvres orphelines, des laiderons incasables voire horresco referens des mères célibataires, au pire des femmes légères.

Bref du Dickens revu et corrigé par Léo Taxil.

Mais l’image est admirable, la campagne irlandaise enivrante de fraîcheur et l’interprétation somptueuse.

Du très beau cinéma, en somme, au service d’une très vilaine cause.

Il ne manque plus qu’un réalisateur du même talent que Mullan pour faire enfin un film rendant justice aux religieuses qui, des siècles durant, dans les hôpitaux, les léproseries, les mouroirs, les prisons du monde entier ont tout donné sans compter, sans contrepartie, accomplissant toutes les tâches que d’autres refusaient, luttant jusqu’à l’épuisement et parfois jusqu’au martyre pour alléger les souffrances de leurs frères humains de toutes races et de toutes religions.

Mullan devrait s’y essayer.

Après tout, un vrai Irlandais ne peut pas être complètement mauvais.

Olmetta
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