Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 287 du 28 février 2003 - p. 12
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Affaire Ferrer : quand la Justice
persécute les victimes

Thierry Ferrer vient d’entrer dans sa deuxième année d’emprisonnement.

Qui est-il ?

Un homme dont le nom fit la "une" de toute la presse en février 2002 : il avait abattu d’un coup de fusil Icham Ziadi, un immigré clandestin du Maghreb de 22 ans qui venait de violer sa fillette, âgée de 13 ans.

Une formidable mobilisation avait suivi l’arrestation du père désespéré à La Seyne-sur-Mer. Centaines de signatures au bas d’une pétition, courriers et télécopies déferlant sur le bureau du juge d’instruction... Seynois unanimes à exprimer leur soutien au résistant et à exiger sa mise en liberté... Défilé de Seynois manifestant leur ras-le-bol de la violence de l’occupant, 3 000 personnes assiégeant l’hôtel de ville, où la famille avait dressé une petite table pour recueillir les signatures...

Bref, on pensait que Thierry Ferrer, qui offrait toutes les garanties de représentation et ne niait pas les faits, allait être remis en liberté jusqu’au procès.

Son avocat avait même expliqué à la presse : « La mise en examen est normale. C’est l’incarcération qui serait anormale. Les faits trouvent leur origine dans toute une série de facteurs, déclenchants ou aggravants, qui sont exceptionnels et n’ont aucune raison de se reproduire. Il n’y a donc pas de raison qu’il reste en détention. »

Le geste du père justicier pouvait en effet être expliqué par un drame précédent, qui avait bouleversé Ferrer et sa famille : une de ses nièces avait été victime d’un pédomane, mais la Justice avait "correctionnalisé" l’affaire. Ce que la famille considérait comme un geste de mépris, et qui donnait à Ferrer des raisons légitimes de redouter que le violeur s’en tire une fois de plus avec une condamnation de pure forme.

Violée à 13 ans, puis accusée d’être la maîtresse du criminel sans-papiers !

En outre, Ferrer disait regretter son geste, exprimait son remords d’avoir cédé à une pulsion de colère, et disait sa compassion pour la famille du violeur exécuté. Enfin, il refusait que son geste soit considéré comme une apologie de l’auto-défense.

Or, à la surprise générale, le juge refusa la mise en liberté et contre-attaqua, mettant en cause le milieu familial de la fillette et traitant cette dernière comme une affabulatrice.

Depuis, le dossier a changé plusieurs fois de magistrat instructeur. Il traîne d’expertise en contre-expertise. La Justice multiplie les vaines tentatives d’alourdir le dossier de Thierry Ferrer en jetant la suspicion sur ses mobiles, sa fille ayant été admise dans un foyer quelques mois avant le drame, sur sa demande d’être soustraite à une ambiance familiale trop lourde.

Ces ragots, distillés dans la presse locale au mépris du secret de l’instruction, ont fini par démobiliser le comité de soutien à Thierry Ferrer et par lasser l’opinion.

Un an plus tard, la Justice n’a toujours rien obtenu qui confirme les soupçons du premier instructeur. Thierry Ferrer est en prison. Sa femme, brisée et sans autres ressources que le soutien de quelques pêcheurs amis de son mari, est pratiquement hors d’état de lutter. Et la fillette, transbahutée d’expert en enquêteur, de psychiatre en foyer d’accueil, est lourdement handicapée par les conséquences de ce que les experts reconnaissent unanimement comme « un grave traumatisme d’origine sexuelle. » Elle a commis plusieurs tentatives de suicide.

Les magistrats instructeurs sont en bonne santé. Merci pour eux.

Le Libre Journal
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