Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 287 du 28 février 2003 - p. 22
Cinéma
"Arrête-moi si tu peux"

Cet excellent film de Steven Spielberg nous semblait l’occasion de redire enfin du bien de l’Amérique... Mais pourquoi diable commence-t-il par une caricature hystérique et odieuse de la pénitentiaire et de la police françaises ? Attendait-on une subvention du State Department ? Combien de dollars Nathalie Baye a-t-elle acceptés pour donner une image aussi sale des Françaises qui ont épousé des G.I.’s après la Libération ?

Ces tristes détails écartés, il reste la passionnante (et véridique) histoire d’un (très) jeune et joli escroc, en Amérique du Nord, à la fin des années 60. Nous étions là-bas en ce temps-là, et nous pouvons certifier que la reconstitution est parfaite. Spielberg sans effets spéciaux, ça fait encore un effet spécial !

Les cinéphiles se délecteront de la photo et du montage, ample et serré à la fois. Les midinettes s’extasieront devant la transformation de Leonardo Di Caprio en véritable acteur (si elles la remarquent). Les catholiques approuveront la présentation effrayante d’un divorce. Les ligues de vertu (mais où sont-elles passées ?) seront heureuses de voir quel bon fils reste Leonardo, barbouilleur de chèques, et quel fin édifiante il fait. Tout le monde s’amusera d’abord de son culot et de son charme.

"Leonardo" ? En argot de la pègre américaine (nous enseigne Nabokov, in "Une Beauté russe") c’est un faussaire, justement. Et un faussaire comme Spielberg, ça s’appelle un bienfaiteur de l’humanité.

Intérim
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