Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 288 du 12 mars 2003 - pp. 4 et 5
Nettoyage de printemps des peuples
Le drôle de jeu mondialiste
de la secte conciliaire

« ... une paix fondée sur les seuls accords économiques et politiques des gouvernements ne saurait entraîner l’adhésion unanime, durable et sincère des peuples, et par conséquent cette paix doit être établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité ? »
UNESCO
Agenda de la Paix

Nous étions à peine plus de deux milliards du temps de Tonton Joseph et Tonton Adolf. A cette époque heureuse les Uncles Franklin-Delanoe et Winston pouvaient s’amuser à gaspiller par millions sans conscience de mettre la planète en danger.

Aujourd’hui nous voilà six milliards (bientôt huit), et pour garder le troupeau il fallait changer de méthodes.

Oncle Gorby a donc fait le voyage exprès pour aider à débrancher la lutte des classes avec l’accord de l’Internationale socialiste qui (comme l’Internationale libérale) siège à Londres.

Vieux bolcheviques et anciens fascistes ont du mal à l’admettre : leurs patrons travaillent au même projet et les deux expériences en cours de fusion ressemblent à ces études statistiques menées en double aveugle qui permettront de trouver une solution applicable à huit milliards d’humains.

Le changement d’échelle soulève des questions nouvelles et donne une force nouvelle aux anciennes. Ceux qui rêvaient d’un monde clos sont réveillés en grand danger : l’Organisation mondiale du commerce menace autant Bin Laden que Sharon ou la droite américaine, et c’est l’ultime moment pour arracher quelques avantages avant que s’organise la Table ronde mondiale.

Soyons justes ! Nous sommes tous habités par le passé. Le langage conserve des expressions qui n’ont pas de sens réel (« à la vitesse d’un cheval au galop »). L’impressionnisme n’émeut que les quinqua et l’Angélus de Millet, présent jadis à des millions d’exemplaires dans les campagnes, fait désormais rire autant que la Terre, la Religion, le Travail ou la Fidélité conjugale devenus dérisoires comme l’avait pressenti Huxley dans Le Meilleur des mondes.

Mais la Religion qui fait rire, c’est le catholicisme. Pour le reste, les ingénieurs de l’humanité montante ont compris l’utilité de ce que le Londonien Karl Marx appelait l’opium du peuple.

Le messie Moon reçu, avec ses "évêques", par Jean Paul II

Nous vivons une époque riche en opiacées. Les sectes (made in USA à 90 %) sont légion. Toutes ont vocation à se fondre en un grand tout synchrétique selon la mission fixée par le « Révérend » Moon, patron de l’Eglise pour l’Unification du christianisme (et des sciences, on y reviendra).

Un nouveau Messie amélioré sur les chaînes de montage (c’est le mot !) d’outre-Atlantique fait une apparition (!) ce mois-ci à la Mutualité, pour persuader les Parisiens que les temps sont proches.

Maytreya - c’est son nom - vient du quartier asiatique de Londres. Nouveau Messie, un peu Bouddha, un peu Christ, plus quelque chose aussi dans l’hindouisme et, si on le souhaite, chaman.

Suivi par des millions d’adeptes il sera, comme Moon, bientôt homologué par les autorités religieuses anglicanes en accord plus ou moins tacite avec la secte conciliaire grande consommatrice de spectacles oecuméniques et qui, tout en prétendant s’attaquer au New Age, semble moins préoccupée de réduire les sectes (Moon n’a-t-il pas été reçu avec ses zévêques par Jean Paul II ?) que d’en finir avec ce qui reste des traditionalistes et orthodoxes, derniers résistants chrétiens au MASDU (Mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle) qui s’avance. Et ce au moment où ce qui reste du christianisme oriental disparaît du Moyen-Orient sans causer trop de bruit en « Occident ».

Les projets conjoints Vatican-Unesco des années soixante, définis par Jean XXIII dans Pacem in Terris, annonçaient la paix entre les nations basée sur la vérité, la justice, la charité et la liberté.

Quarante ans plus tard nous en cueillons les fruits.

Au nom de la vérité, de la justice, de la charité et de la liberté, le monde a été conduit par mensonge, arbitraire, égoïsme et contrainte à une croisade baptisée « guerre du Golfe 91 » suivie d’un embargo responsable de la mort de plus d’un million de civils.

Un autre génocide (au sens strict, celui-là) fut cornaqué au Rwanda par des membres du clergé conciliaire dont on ne sait si un Tribunal international les entendra un jour.

Et, dans les Balkans, Jean Paul II a qualifié de « guerre juste » ce qui consistait à châtier à l’uranium appauvri les Serbes dont le « nationalisme » gênait le nouvel agencement planétaire.

De cette « guerre juste » allait naître un Tribunal pénal international subventionné par des émirs et le philanthrope Soros, qui tricote aujourd’hui de petits arrangements avec les « criminels » repentis.

Ainsi la Serbe Biljana Plavsic, en paiement de la reconnaissance de ses torts, reçoit-elle des millions de dollars et une condamnation à une peine de prison à exécuter en Suède, pays dont les lois interdisent d’incarcérer une femme de son âge.

Justice, charité ou, tout simplement, nouvelle gesticulation d’une pantomime globale sur bruits de Paix ?

Six milliards, bientôt huit... la nécessité fait voler en éclats le cadre d’hier et les dirigeants n’ont guère pris le temps d’informer les peuples dont ils avaient la garde, préférant s’assurer de solides revenus dans le monde à venir.

L’opposition à la guerre cache l’essentiel : l’Internationale socialiste (Hexagone chiraquien compris) est unanimement pour le désarmement complet de l’Irak.

Le franc-mac Bauer soutient le principe de réalité et... "Le Monde" !

Le monde occidental marche d’un même pas, imité par la Russie, la Chine et l’Inde.

Les différences sont marginales, car le cadre commun ne peut changer. Et si les médias expliquent le monde avec des cartes d’avant-hier, c’est parce que l’on entend bien utiliser encore les vieilles mauvaises pulsions des uns et des autres. Le temps de terminer le maillage du monde fraternel.

A propos de fraternité, Alain Bauer, grand maître du Grand Orient maçonnique, rappelait, dans Le Figaro, en tant que criminologue, que le principe de réalité s’impose à tous (sur quoi, passant de la parole aux actes, il témoignait son soutien au Monde).

Ancien vice-président de la Sorbonne, Bauer met les locaux de son université à la disposition de policiers de l’antiterrorisme pour des conférences animées par Raufer dont l’observatoire des drogues fut dissous par Jacques Chirac.

C’est dans cette même université que l’on a découvert ces derniers temps un réseau de trafic de drogue.

Voilà une bonne occasion d’appliquer le principe de réalité et de juger l’arbre à ses fruits plutôt qu’aux paroles verbales d’un responsable de société de sécurité multinationale, fût-il aussi fraternel que M. Bauer.

Vérité ? Justice ? Charité ? Liberté ? Le nouveau monde tout neuf commence mal : il ne suit pas ses propres règles.

Il confond principe de réalité avec réalisme, qui est le nom poli du cynisme...

Alors, puisqu’on en parle, est-il réaliste ou cynique qu’une guerre s’ouvre après convocation de milliers de journalistes priés de montrer au même moment, au monde entier, les mêmes images des mêmes massacres ? Comme une épreuve des Jeux olympiques ?

Est-il naturel que les ONG basées aujourd’hui en Turquie à la frontière de l’Irak, comme hier en Macédoine, aux confins du Kossovo, agissent en liaison avec l’agresseur ?

Et est-ce seulement par hasard qu’aussitôt le Bureau ad hoc de l’ONU annonce 600 000 réfugiés (kurdes pour la plupart) ?

Enfin, a-t-on poussé le réalisme jusqu’à prévoir qu’ils viendraient grossir les rangs des Albanais qui, chez nous, ont si brillamment relancé, grâce au commerce des charmes féminins, la vie nocturne dans les quartiers périphériques ?

Joyeuse bonne nuit !

Michel Blanzat
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