Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 289 du 22 mars 2003 - p. 10
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Après Carrel, Ronsard ?

De Liré à Amiens, en passant par Créteil, Mantes, Montigny, Agen, Lormont, Tremblay, Rennes et, bien entendu, Paris une soixantaine de villes, bourgs et villages en France possèdent une rue Pierre Ronsard.

Et alors ? dira-t-on. Quoi de plus normal que de rendre hommage à ce grand poète français du XVIe siècle, héritier de Pïndare, condisciple de Du Bellay, fondateur et chef de l’école littéraire de La Pléiade ?

C’est vrai, le poète mérite le respect. A un détail près : il s’avère que Ronsard était atteint de la maladie de l’esprit la plus affreuse qui soit ; il était antisémite.

Et pas qu’un peu ! Comme il n’aurait justement pas écrit.

Les édiles des cités nommées plus haut auraient donc tout à fait avantage à anticiper sur la vaste campagne de débaptisation qui ne saurait manquer, dans le droit fil de celle qui vient de frapper les rues Alexis-Carrel.

Cela permettra de donner à plus de rues encore le beau nom du noble Pierre-Bloch, immense résistant qui, après avoir voté la déchéance des députés communistes, s’en fut préparer l’Epuration dans les bureaux londoniens du BCRA.

Plus tard, ce grand dignitaire maçonnique fut désigné juré au procès Pétain et administrateur des journaux saisis par les libérateurs (il démissionna après la publication d’un rapport d’expert sur ses méthodes personnelles de gestion) et s’illustra de nouveau en 1947 en faisant échouer in extremis l’initiation maçonnique de François Mitterrand par la diffusion d’une liste des récipiendaires de la Francisque sur laquelle figurait le nom du susdit, alors ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre.

Mais, pour en revenir à Ronsard, on ne voit pas pourquoi les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme accepteraient que l’on perpétue ainsi un hommage au poète antisémite quand elles n’ont pas toléré que l’on salue le prix Nobel Alexis Carrel dont le crime, étranger à toute forme de racisme, est simplement d’avoir proposé pour « ceux qui ont tué, qui ont volé à main armée, qui ont enlevé des enfants, qui ont dépouillé les pauvres, qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique, pourvu de gaz appropriés [qui] permettrait d’en disposer de façon humaine et économique ».

C’est que Ronsard, force est de le rappeler (devoir de mémoire oblige), n’a pas écrit que « Mignonne, allons voir si la rose... »

On trouve en effet, dans l’édition de la Pléiade (tome II, p. 574) de son oeuvre complète, un sonnet dans lequel il dit son sentiment sur les Dialogues d’amour que le philosophe juif Léon Hébrieux publia en 1535.

En voici les deux premiers quatrains que nous livrons, dans un esprit de justice et de repentance, à l’examen du MRAP, de la LICRA, du CRIF, du B’naï B’rith, de l’Anti-Defamation League, du Grand Rabbin, de Monseigneur Lustiger et de tous les évêques, de la police, de la magistrature, des autorités morales et politiques :

Je n’aime pas les Juifs, ils ont mis en la croix(1)
Ce Christ, ce messie qui nos péchés efface
Des prophètes occis, ensanglanté la place
Murmuré contre Dieu qui leur donna les lois

Fils de Vespasien Grand Tite, tu devois
Déstruisant leur cité, en déstruire la race(2)
Sans leur donner ni temps, ni moment ni espace
De chercher autre part, autres divers endroits.

Nul besoin d’être fin exégète pour comprendre que Ronsard acquérait par ces lignes le titre peu enviable d’initiateur de la solution finale.

Or, ce que l’on reproche à Alexis Carrel et ce pourquoi son nom est aujourd’hui martelé par la police de la pensée sur les plaques de rues comme jadis la Terreur fit marteler les noms des princes au fronton des arcs de triomphe est d’être « l’initiateur des chambres à gaz ».

On conviendra qu’il serait injuste de ne pas punir l’auteur de l’idée quand on a justement frappé l’inventeur du moyen.

Du balai, donc, Ronsard précurseur d’Hitler !

Et il s’agit de ne pas tarder. La tâche des nouveaux épurateurs est lourde : après Ronsard il restera à faire disparaître de nos rues les noms de Voltaire, Molière, Baudelaire, Balzac et même - horresco referens ! - l’héroïque défenseur du capitaine Dreyfus, Emile Zola(3) !

Le Libre Journal

(1) On sait aujourd’hui que c’est faux. Les historiens judiciaires ont établi que ce sont les Romains.
(2) Allusion à l’empereur Titus qui, en 70, fit raser le Temple de Jérusalem.
(3) Il est douloureux de devoir rappeler ces lignes insoutenables du roman L’Argent : « Il y avait là, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d’oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres ainsi que sur une proie. » Va-t-on se décider à chasser du Panthéon, où reposent les grands hommes, l’auteur de cette abomination ?
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