Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 289 du 22 mars 2003 - p. 12
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Tuez un chat !

Vous avez remarqué que les Munichois ont disparu ?

Pas les habitants de la si plaisante capitale bavaroise, bien sûr, mais les partisans de la paix maintenant, qui nous amènent la guerre demain.

Attention, bon sang ! Il ne faut pas laisser se perdre un thème si important : les pacifistes ne sont pas des pacifiques mais des Munichois, et il n’y a pas à sortir de là.

Le complexe militaro-industriel américain a besoin de sa guerre pour tirer l’économie américaine, c’est-à-dire mondiale, car nous sommes tous des Américains comme se plaisent à dire les honorables correspondants trotskistes de la CIA : Colombani et Pleynel.

Pas de guerre, suppression des soldes deux fois dans l’année, vous verrez comme c’est rigolo !

Dans la défense d’une cause sacrée il faut faire flèche de tout bois, ne pas hésiter à utiliser n’importe quel type d’arguments : couveuses et miradors, serbolchevique, guerre juste s’il le faut bénie par la secte conciliaire.

Quand on se sera fait prendre on fera repentance mais, en attendant, on aura gagné la guerre. C’est déjà bien parti grâce à la conquête des coeurs (la propagande).

Qu’est-ce qu’une cause sacrée ? La mienne, celle de mon groupe ou celle qui me plaît !

Deux millénaires de civilisation et nous en sommes là. Alors allons-y ! Tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous, tremblez, bande de Munichois !

Mais dans un pays qui prend l’habitude, suivant les conseils de sa presse libre et unie, de s’exprimer à plus de 80 %, les oppositions d’idées dissidentes ne se font plus sentir avec la même brutalité que du temps où les majorités étaient d’un peu plus de 50 % ; l’émiettement du corps électoral permet un regroupement massif contre des ennemis imaginaires (le fascisme du Front national, la « menace » irakienne sur la paix du monde). Désormais le ciment le plus sûr de la liberté et la démocratie c’est le méchant fabriqué par les cabinets de relations publiques. Ce sont donc les méchants qui permettront la réalisation du globalisme.

Mais quel globalisme ?

Les guerres étant l’occasion d’apprendre, la réponse est là. Lors des précédents épisodes (première guerre du Golfe où M. Bush père annonça que le temps était venu d’un Nouvel Ordre mondial, puis celle du Kossovo) nous avons vu les choses se mettre en place.

Toutes les forces qui comptent se sont mises d’accord sur une manière globale d’envisager, voire de régler, les problèmes de l’humanité.

En premier lieu, en constatant la primauté des problèmes communs dans un monde de bientôt huit milliards d’habitants, la question de sociétés dépendantes des ressources d’énergie, puis les questions ayant trait à la pollution et à la malnutrition sont vitales. Tous les autres problèmes sont subordonnés d’abord à la résolution de ceux-là, et supposent une action commune des dirigeants internationaux.

C’est pourquoi les visions nationales de certains pays ou partis politiques, qui n’auraient pas posé de problème particulier trente ans auparavant, furent combattues avec une telle violence.

Quand on demanda à Mme Albright si 500 000 enfants irakiens étaient un juste prix à payer pour la paix du monde, la commère hollywoodienne répondit que "cela en valait la peine".

En janvier 1998, Clinton et Blair se disaient prêts à déclencher une nouvelle guerre contre l’Irak de Saddam Hussein. Après avoir poussé les Kurdes à la révolte, les Américains les abandonnèrent, et Clinton opposa son veto à un projet d’un attentat contre Saddam. Théoriquement la morale Amérique se refusait à commettre de telles actions, comme peut en témoigner Fidel Castro.

Si tous les anciens promoteurs des guerres balkaniques, Soros, le général Wesley Clark en Amérique, Cook en Angleterre, Schröder et Fischer en Allemagne, le Vatican libre et uni, Villepin, Alain Richard, Jack Lang, BHL et Chirac pour notre pays, se disent aujourd’hui réticents, ce n’est certes pas pour des raisons humanitaires.

On a vu au Kossovo que les uns et les autres n’hésitent pas, au nom de justes causes, à déchaîner la foudre sur les populations civiles.

Si M. Olivier Dassault en est à s’indigner dans les colonnes du Figaro que « l’opération américaine participe d’une volonté de coloniser un pays pour son pétrole » plutôt que de « viser l’éradication du terrorisme », ce n’est pas par philanthropie, c’est que l’honnête commerçant qu’il est, député UMP de l’Oise, est en danger, comme bien d’autres.

Le cadre général mis au point du temps de Clinton convenait que l’Organisation mondiale du commerce, en unifiant de manière planétaire, jusqu’à la Chine, les règles de fonctionnement des échanges permettrait un règlement global - à l’échelle du monde - de l’ensemble des problèmes.

L’Internationale socialiste s’était jointe sans états d’âme au projet, comme le Vatican qui voyait dans le projet la promesse d’un monde sans guerre où l’on s’attaquerait désormais au problème de la pauvreté. Pour la réussite de ce projet, on ne fut pas regardant sur les moyens ou sur les hommes.

Ainsi le même Primakov, naguère payé par Saddam Hussein et que l’on a vu reparaître ces derniers jours dans l’affaire irakienne, contribua à maintenir les Serbes dans l’illusion. Pour le profit du Nouvel Ordre du monde.

Ce Nouvel Ordre qui, après les révélations qui suivront la campagne du clan Bush en Asie centrale et au Moyen-Orient, retrouvera sa forme réelle, celle d’un contrôle multinational d’une ONU régénérée, dont la philosophie fabienne sera alors évidente.

Pour le moment, c’est l’habituel cynisme des affaires qui prévaut, puisque, comme à l’accoutumée, on parle du marché de la reconstruction à l’instant de partir en guerre.

Comment mieux dire que le système ne tient que par des guerres continuelles ?

Y compris intérieures. Contre des oubliés du Parti, par exemple. Comme les employés de France-Telecom à qui on promit une augmentation contre l’abandon de leur statut de fonction publique.

Ils abandonnèrent, furent augmentés et... vidés.

D’autres sociétés, Nestlé, Procter & Gamble, dans leurs départements Ressources et Développement, trouvèrent de nouvelles farces et attrapes libérales : le Corporate Owned Life Insurance (Coli), l’assurance sur la vie que vous souscrivez au profit de celle que vous aimez le plus : votre compagnie que vous enrichirez par votre mort.

Une grande agence parisienne de publicité proposait à ses vendeurs le stage « Soyez un tueur ». Pour lever ses terribles inhibitions qui l’empêchent d’accéder enfin au but tant désiré (faire de l’argent), l’épreuve finale du stage consistait à tuer un chat.

Joyeuse bonne nuit !

Michel Blanzat
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