Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 289 du 22 mars 2003 - p. 23
L’humeur de Patrick Gofman
Bats ta femme tous les jours

J’ai coutume, quand je picole avec mes vieux amis, de me lamenter en choeur avec eux sur les tours que nous ont joués nos (ex-) épouses. De gémir sur les farces que nous font nos jeunes maîtresses...

Quand je suis à jeun, je prends parfois conscience de la sagesse - et de la chance - que j’ai eues d’épouser une vierge élevée à N.-D. de Grâce de Passy. Naturellement, elle m’a rendu à peu près enragé, et complètement dépouillé avant de m’abandonner comme trop vieux et trop pauvre (et trop facho)...

Je la remercie de sa modération. Car j’aurais pu, comme Mohamed Mekkaoui, qui vient d’être jugé à Marseille, épouser une « Dalila, chanteuse de raï ». Et maintenant je serais en cabane pour le restant de mes jours : Mohamed a pris trois ans ferme pour avoir un peu dérouillé l’artiste « après six jours d’absence du domicile conjugal » ! « J’étais très jaloux », a avoué le malheureux, en chuchotant, puisque c’est une obscénité, à présent, chez les roumis. Ses crétins d’avocats ont plaidé le « choc des cultures ». Ah bon ? La culture française, maintenant, c’est de porter le petit déjeuner à Madame au lit avec son gigolo ? Et de tenir la chandelle, aussi ?

Ma femelle, cette douce victime, me menaçait souvent de produire sa "collection de certificats médicaux". Elle ne les a pas sortis, même pas pour le divorce. Et même, ce démon m’a été parfaitement fidèle pendant quinze ans... Et maintenant, je mesure avec quelle aisance certaines autres femmes remplissent les prisons et les cimetières...

Ah, j’oubliais : Dalila a « passé l’éponge » (elle est trop bonne) et « veut reprendre la vie commune ». Elle a compris que son "bourreau" l’aimait et la soignait comme il fallait. Trop tard, andouille. Tu le reverras dans trois ans. Peut-être.

Patrick Gofman
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