Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 289 du 22 mars 2003 - p. 23
Nos pères
Un texte de saint Clément d’Alexandrie

Comment, par l’affirmation de la préexistence du Verbe (du Fils de Dieu ou encore : Logos), saint Clément (IIIe siècle) dit la foi en la Trinité, en l’inspiration universelle du Verbe, notre maître.

« LE LOGOS ETAIT AU COMMENCEMENT ». Ainsi comme le Verbe était d’en haut, il était et il est le divin commencement de toutes choses ; et parce qu’il a maintenant reçu comme nom celui qui a été autrefois et qui mérite la puissance, lui, le Christ, je l’appelle un chant nouveau. En tout cas, le Logos, le Christ est cause que nous existions depuis longtemps (car il était en Dieu), et que notre existence est bonne. C’est qu’il vient d’apparaître aux hommes lui-même, ce Logos, dualité une, Dieu et homme, la cause pour nous de tous les biens : ayant appris de lui à bien vivre, nous sommes introduits dans l’éternelle vie. Car selon ce merveilleux apôtre du Seigneur, "la grâce de Dieu, source de salut, est apparue à tous les hommes, elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises du monde, et à vivre dans le siècle présent avec tempérance, justice et piété, en attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire du grand Dieu, notre sauveur Jésus-Christ". Voilà, le chant nouveau, du Logos qui est au commencement et préexiste ; il est apparu comme maître, celui qui est dans l’être (car "le Logos était en Dieu") ; il est apparu comme Logos celui par qui tout a été fait. Comme démiurge il donnait la vie au commencement, en même temps qu’il créait ; puis étant apparu comme maître, il enseigne à bien vivre de façon à procurer plus tard, en tant que Dieu, l’éternelle vie. Mais ce n’est pas aujourd’hui la première fois qu’il nous a pris en pitié à cause de notre égarement, c’est dès le commencement ; et pourtant ce n’est qu’aujourd’hui qu’il est apparu pour nous sauver de notre perte. Car le méchant reptile, par son charlatanisme, réduit en esclavage et maltraite encore maintenant les hommes, les torturant à peu près comme ces barbares qui, dit-on, lient leurs prisonniers à des cadavres jusqu’à ce qu’ils tombent en décomposition avec eux. Lui aussi ce méchant tyran et dragon, ayant attaché par le malheureux lien de la superstition tous ceux dont il peut, dès leur naissance, se rendre maître, à des pierres, à des morceaux de bois, à des images ou à des idoles, il en fait des offrandes vivantes.

(Trad. Sources Chrétiennes)

Abbé Guy-Marie
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