Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 290 du 2 avril 2003 - p. 2
Lettres de chez nous
Chronique dominicale

Vers 10 h, je pars assister à la messe de 11 h de la paroisse de Belloy-en-France, distante de 10 km de chez moi. Je pars un peu plus tôt que d’habitude car je prévois de m’arrêter dans un village voisin pour acheter des cigarettes et Le Journal du dimanche (oui, je sais...).

Cette corvée est habituellement réservée à mon mari mais depuis trois semaines on lui a volé sa voiture, ce qui le handicape pour ses déplacements et lui donne une humeur morose car, bêtement, il était attaché à ce vieux tas de ferraille qui affichait déjà 300 000 km au compteur. Depuis ce vol, il est sidéré qu’un véhicule qui lui rendait d’infinis services mais qu’apparemment ne pouvait attirer la convoitise des allogènes de la région, qui préfèrent habituellement les voitures de luxe flambant neuves, ait pu lui être dérobé. Moi je rentre d’une retraite de Saint-Ignace, prêchée par l’abbé Pozzetto, alors je me dis que les biens matériels sont à relativiser et que par ailleurs il y a de nombreuses raisons de se réjouir : Berger quitte la basilique de Saint-Denis (à l’entrée de laquelle est exposé un texte de Voltaire en français et en arabe), Chirac semble avoir quelques ennuis et nous avons reçu, comme chaque quinzaine, l’hebdo Le Libre Arverne.

Mais revenons à nos moutons. A l’entrée du village où je prévois d’acheter mes cigarettes, je constate que la fameuse brocante de printemps a lieu ce jour-là et qu’il est impossible d’accéder au bureau de tabac. Qu’à cela ne tienne, je prendrai mon poison en revenant de la messe, au bureau de tabac de la gare.

Comme chaque dimanche nous avons droit à une messe chantée avec un admirable prêche de notre cher curé Lourdelet qui nous lit une partie d’une lettre qu’un évêque américain à envoyée à Bush. Nous en avons les larmes aux yeux. Cher curé Lourdelet, que le Bon Dieu nous le garde longtemps malgré ses 81 ans ! L’église est pleine de familles nombreuses, les enfants sont beaux comme des anges, Henri de Fersan serait heureux. Au retour, je gare ma voiture, une vieille 4L, sur le parking de la gare. Lorsque je reviens, une voiture est garée derrière mois, m’empêchant de partir. Je suis furieuse et attends que le conducteur veuille bien libérer ma route. Arrive un Maghrébin d’environ 30 ans, bien habillé, style maquereau de Pigalle (là j’imagine car je ne suis pas spécialiste), très décontracté et pas pressé alors qu’il voit qu’il me gêne. Je lui demande de se dépêcher un peu car je suis pressée et où il a appris la politesse. Réponse : « Je l’ai apprise des Français lorsqu’ils occupaient mon pays. » Dans ses yeux j’ai vu le mépris et la haine qu’il nous portait et je sais maintenant que nous sommes en danger.

Le détour imprévu me fait passer devant l’endroit où a été volée la voiture de mon mari et, là, je vois cette fameuse voiture garée à l’endroit même où elle a été dérobée (bien sûr mon mari ne l’avait pas « oubliée », elle était bien volée). Immédiatement, j’ai garé ma 4L et récupéré la voiture de mon mari (j’avais un double des clefs sur moi). Sa tête lorsqu’il m’a vue arriver avec sa voiture dont il faisait le deuil depuis trois semaines restera un bon souvenir dans notre vie. L’après-midi je me sentais fatiguée. Ma mère était la seule qui restait calme car chaque jour elle avait prié saint Antoine et, comme elle dit, « il m’a toujours exaucée ».

Merci saint Antoine !

X.X. (Belloy-en-France)
Sommaire - Haut de page