Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 290 du 2 avril 2003 - p. 3
Parlons franc
Tout le monde dehors !

Selon Raffarin, plus marchand de marrons que jamais, l’unanimité des Français face au conflit américano-irakien susciterait une solidarité nationale sans précédent permettant la mise en oeuvre d’une véritable politique de l’intégration, enjeu essentiel de cohésion nationale et de rassemblement de la communauté des citoyens autour d’un projet partagé.

Disons-le : si ce projet est partagé, ce n’est pas par nous.

La communauté des citoyens, nous n’en voulons pas. La nation nous suffit.

L’intégration, nous n’en voulons pas.

L’assimilation, nous n’en voulons pas.

L’immigration, nous n’en voulons plus.

La France a eu plus que sa part de chance, qu’elle en laisse un peu aux autres !

Et si nous trouvons que les Euro-Américains n’ont rien à faire dans les pays arabes, nous pensons aussi, et pour les mêmes raisons, que les Arabes n’ont rien à faire en France. Que l’on ne s’y trompe pas : notre refus n’a rien de raciste ou de xénophobe.

C’est même exactement le contraire.

Nous apprécions hautement les Arabes, les Africains, les Turcs, les Kurdes, les Israéliens, les Chinois, les Vietnamiens, les Philippins, les Albanais, les Tamouls et d’ailleurs tous les peuples du monde.

Nous leurs trouvons des qualités immenses. Infiniment supérieures aux nôtres, sans doute. Nous respectons leurs cultures, nous admirons leurs civilisations. Nous les envions même.

Mais plus que tout, nous regrettons le mal irréparable que nous leur avons fait en les envahissant, en les colonisant, en les coupant de leurs traditions, en réformant leurs moeurs, en modifiant leurs régimes alimentaires, en souillant leur admirable nature de villes, de routes, de voies de chemins de fer, d’aéroports, de ports, de lignes électriques, d’écoles, d’hôpitaux, en substituant l’agriculture à la cueillette et à l’élevage nomade, en creusant leurs sols sacrés et inviolés à la recherche de richesses minières, en substituant nos médecins à leurs guérisseurs, en remplaçant par la prolifération démographique l’aimable sélection naturelle, en diabolisant sous le nom d’esclavage des structures sociales policées par les siècles pour les remplacer par les horreurs de la lutte des classes, en imposant aux femmes le pesant fardeau d’une liberté et d’une égalité mensongères, en bloquant le processus cathartique des guerres tribales, en supprimant l’anthropophagie sans remédier sérieusement aux déficits protéiniques, en interdisant les sacrifices humains au profit d’un sacrifice divin bien plus scandaleux encore.

Nous sommes sincèrement navrés d’avoir ainsi porté atteinte de manière irréparable à un patrimoine culturel et civilisationnel dont le monde entier pourrait, sans notre crime, s’enorgueillir mais voilà : le mal est fait. Nous ne pouvons pas revenir en arrière.

Au moins pouvons-nous résister à l’intention irresponsable et criminelle que manifeste le projet Raffarin d’intégrer, d’assimiler, de fondre, de noyer les Afro-Maghrébins dans un magma qu’il appelle, le vil séducteur, une "communauté de citoyens".

Ainsi, ayant hier privé des pays de leurs terres et de leurs richesses, nous irions leur voler leurs bras et leurs cerveaux ?

Ainsi, ayant imposé à des peuplades aimables, chez elles, nos règles et nos lois, nous voudrions, chez nous, les soumettre à nos moeurs et à nos habitudes ?

Ainsi nous oserions faire, des enfants de ces hommes et de ces femmes dont les pères ont tout inventé (les chiffres, l’écriture, la poésie, la musique, l’élevage, l’agriculture, etc.), les victimes d’un enseignement laïc et obligatoire infoutu de produire autre chose que des crétins analphabètes, des chanteurs de rock et des danseurs de rap ?

Mais de quel droit ?

Faut-il que, sous couvert de combattre un génocide, nous le parachevions en abrutissant ses rescapés de télé et en les gavant d’aides sociales démobilisatrices ?

Faut-il qu’après avoir envahi et ravagé leurs patries nous les privions de leur seule espérance : des hommes et des femmes pour les peupler et en faire fructifier la terre ?

Jamais !

La solution tient en un slogan simple : chacun chez soi ! Américains hors d’Irak, et tout le reste hors de France !

Et tant pis pour nos retraites.

Serge de Beketch
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