Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 290 du 2 avril 2003 - p. 11
Traditions
par Michel de L’Hyerres
L’Etat-voyou

Nous venons de voir le caractère que manifeste cette guerre d’Irak qui verrait « un affrontement de trois religions : l’évangélique, la juive et la musulmane » en notant qu’ « il n’est pas que cela » ; et qui démontrerait, de surcroît, qu’il s’agit d’une guerre typiquement coloniale camouflée derrière des intentions "humanitaires" et "sécuritaires" parfaitement hypocrites agrémentées de la diabolisation grossière du chef de l’Etat, Saddam Hussein, et portant le fer et le feu dans le berceau de l’humanité où se situait le Paradis terrestre !

Il faut s’attendre - et c’est déjà commencé - à la découverte de caches d’armes "de destruction massive", made in USA, préalablement installées par les services spéciaux américains pour prouver, à grand renfort de tam-tam, que Bush avait raison !

Car cette nation perfide n’en est pas à son coup d’essai, loin s’en faut, puisque, pour trouver un prétexte pieux et émotionnel au déclenchement de la première guerre du Golfe en 1991, elle avait fait concocter de toutes pièces par la firme américaine Hill & Knowlton une fable facturée 10,8 millions de dollars selon laquelle « des soldats irakiens avaient fait irruption dans un hôpital de Koweit-City, renversant des couveuses et jetant à terre 312 bébés, les laissant mourir à même le sol » (Voir Le Libre Journal n°283).

C’est pourquoi, et l’opinion mondiale l’a bien compris, cette "guerre sainte" prêchée par Bush à grand renfort de gesticulations pieuses et de mines dévotes, n’est qu’une mascarade parpaillote, une tartufferie géniale qui voile les buts réels de cette guerre siono-yankee :

- la protection d’Israël ;

- la poursuite méthodique de l’hégémonie mondiale ;

- la conquête enfin, vitale, d’une gigantesque source de pétrole.

Ce qui conduit chacun à se poser de sérieuses questions sur l’origine des attentats du 11 septembre 2001 qui ne seraient qu’un coup prodigieux préparé par le Mossad avec la complicité ou le laisser-faire conscient des services secrets américains et qui a servi de détonateur, dans la foulée des faux prétextes de la première guerre du Golfe, à une seconde longuement souhaitée et préparée par le Pentagone.

Car si l’honneur - et nous l’espérons pour elle, sinon elle n’existerait plus -persiste peut-être dans son armée, cette nation de boutiquiers de haut vol l’a perdu depuis longtemps dans les sphères gouvernementales... et la main sur le coeur des potentats yankees lors des cérémonies officielles prête à rire lorsque nous constatons les turpitudes coutumières auxquelles se livre cette "administration" pour laquelle tous les coups tordus et criminels sont permis du moment qu’ils rendent service ! A commencer par l’assassinat d’Etat, international, pratiqué par ces voyous, en droite ligne des procédés habituels d’Ariel Sharon... notamment ces tentatives renouvelées exercées sur la personne même de Saddam Hussein dont la dernière, toute récente, par des tirs ciblés sur son domicile !

L’Amérique d’aujourd’hui imite l’attitude de ce pasteur protestant, en réalité un criminel, qu’illustra jadis un western, mais oui, où ce parfait Tartuffe dissimulait son pistolet chargé dans une Bible creuse : ce scélérat, dans le genre Dr. Jekill et Mr. Hyde, possédait deux visages : celui du prédicateur vertueux et celui de l’assassin !

Cette hypocrisie américaine, « sûre d’elle-même et dominatrice », visage caché de sa puissance impériale, illustration de Gog et Magog, est hélas largement confortée dans le monde entier, et en particulier chez nous, par sa conquête économique, culturelle et médiatique.

Nous nous trouvons ainsi dans une situation burlesque lorsque nous observons que la plupart des manifestants anti-guerre d’Irak, surtout chez les jeunes, y compris les Afro-Maghrébins, sont déjà largement colonisés par les Yankees par l’accoutrement, la malbouffe Coca-Mc’Do, le parler, le tam-tam, la télé et le cinéma d’Hollywood, en bref, la Modernité dont les Etats-Unis constituent le sulfureux modèle !

Lorsque, en 1991, l’Amérique avait attaqué l’Irak dans l’infamie de vingt-huit nations contre une seule, j’avais, rompant avec mes attaches sentimentales d’une guerre commune, détruit d’un coup chez moi tout ce que je possédais d’américain, excluant depuis toute expression et spectacles originaires de cette nation ; je ne m’en porte pas plus mal, bien au contraire, m’étant depuis, pour le bon moral, constitué dans la tradition française, en place du Coco-Cola, une cave où, comme les Anciens, je mets amoureusement mon vin en bouteille...

La décolonisation française de l’emprise américaine dans tous ses aspects, notre libération de cette lèpre exigent, en début, certes, une mesure impérative que chacun devrait prendre, de façon visible pour soi et les siens.

L’Amérique hors de chez soi !

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