Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 290 du 2 avril 2003 - p. 14
Où va la droite nationale ?
VI
Cyril Bozonnet : retour au FN

« Le Libre Journal » : Vous avez mené trois campagnes intenses et prolongées pour le MNR à Paris Ier. Comment expliquez-vous votre crash électoral (voir encadré) ?

Cyril Bozonnet : Il n’y avait pas de place à Paris Ier pour deux listes nationales. Seule l’étiquette Front national peut rallier les classes moyennes vivant aux Halles et la grande bourgeoisie présente entre Concorde et Palais-Royal. Mon travail quotidien sur l’arrondissement n’a pas servi à grand-chose pour le Mouvement national républicain, déficit d’image oblige.

Quelles conclusions pratiques en tirez-vous ?

Beaucoup de gens rencontrés dans la rue, qui votaient d’ordinaire droite nationale, ne voulaient pas choisir entre FN et MNR. Même chose pour les déçus de la droite molle. Le fait d’avoir été très présent sur le terrain m’autorise à penser que le Front est loin d’avoir réalisé son potentiel électoral aux municipales. Pratiquement, l’enracinement quartier par quartier reste, à mon sens, la meilleure méthode pour crédibiliser nos candidats.

Le MNR fut-il une erreur ?

Oui, le MNR fut une erreur, car politiquement inutile. Mais c’est un jugement que je porte avec le recul. Bruno Mégret fut un brillant second. Mais un chef timoré, s’entourant de technocrates ignorant les réalités militantes. A l’époque, sur Paris, le Front national souffrait d’un manque de communication qui a fait basculer chez Mégret les cadres les plus volontaires, ceux qui voulaient dépasser les scores du FN. L’échec des européennes fut cuisant ; la suite catastrophique pour le MNR. De facto, le MNR était un parti de militants nationalistes dévoués, dirigé par une clique qui ose se proclamer aujourd’hui « à la gauche du FN, à la droite de l’UMP », un parti-croupion sans assise populaire, donc sans avenir électoral.

Aujourd’hui, où en êtes-vous ? Que faites-vous ?

Démissionnaire du MNR en juin dernier, je me suis consacré à ma famille ! Car la politique est une dévoreuse de temps... Et puis je tâche d’aider le FN parisien le mieux possible, conscient que les blessures consécutives à mon départ du FN en 1999 seront longues à cicatriser. J’ai soigneusement gardé tous mes contacts, aussi bien militants que sur le terrain. J’ai la grande chance de m’occuper d’un syndicat de défense des commerçants sur mon arrondissement, ce qui me permet de me rappeler au bon souvenir des électeurs. De plus, en mai 2003, je lance sur Paris Ier un petit feuillet d’information et d’entraide des commerçants. Bref, je m’occupe... et j’occupe le terrain !

Obtiendrez-vous un jour l’investiture du Front national ?

Franchement, je n’en suis pas à me poser ce genre de question ! Je dois d’abord recréer un climat de confiance mutuelle avec la rue de Bernouilli [siège du FN parisien, ndlr]. C’est en étant humble... et utile que, je l’espère, mon équipe et moi pourrons d’abord demander notre réintégration dans la « grande famille »... Patience... et travail !

Où va la droite nationale ?

Le 21 avril fut une divine surprise. Nous aurons le pouvoir si nous le méritons. Si le FN parvient à multiplier... et à former ses cadres. Si le FN parvient à pratiquer l’esprit de charité et de pardon envers certains « égarés » du MNR. Et surtout si le FN parvient à s’ouvrir, à communiquer avec la société civile... alors l’avenir lui appartient !

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Bozonnet en 8 dates

1971 : Naissance à Lyon dans une famille socialo-communiste.
1989-91 : Militant du FN-Jeunes à Lyon.
1992-96 : Secrétaire départemental du FNJ-Manche.
1997 : Campagne de Vitrolles-en-Provence pour Bruno Mégret (FN).
1997-98 : Militant du FNJ-Versailles.
1999 : SD du FNJ-Paris.
2001 : Candidat MNR aux municipales de Paris Ier (1,8 %).
2002 : Candidat MNR aux législatives de Paris Ier (0,3 %). Démission du MNR.

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