Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 290 du 2 avril 2003 - p. 16
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Histoire exemplaire d’un policier maghrébin
coupable d’agression sexuelle

Le 7 mars dernier, Nordine B. a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise.

Les faits sont d’une banalité telle que l’information ne mériterait pas qu’on s’y arrête, n’était l’occasion qu’ils offrent d’une analyse de texte qui montre comment les médias se rendent complices de la banalisation des délits les plus graves sous le prétexte commode de ne pas participer à l’assimilation entre immigration et délinquance.

Voici, en effet, comment Le Parisien traite cette affaire dans son numéro du 11 mars.

« Nordine B. était un exemple. A 29 ans, ce jeune homme originaire de Garges-lès-Gonesse cumulait les fonctions de policier à la Brigade anticriminalité (BAC) du Xe arrondissement de Paris où il était délégué syndical, et de conseiller municipal UMP délégué à la citoyenneté à la mairie de Garges. Tout s’est écroulé le 30 janvier dernier lorsqu’il a été placé en garde à vue à la suite de la plainte pour agression sexuelle déposée en novembre 2002 par une jeune fille de 14 ans. (Le "jeune homme" a 29 ans, la "jeune fille" 14. Il est évident que si on avait écrit qu’un adulte a sexuellement agressé une adolescente l’effet aurait été différent...).

Après quelques heures d’interrogatoire, Nordine a fini par craquer, avouant son terrible dérapage. (On verra dans la suite que ce "dérapage" est le troisième au moins.) Il a été condamné vendredi soir à trois ans de prison avec sursis (sursis pour une agression sexuelle sur mineure par dépositaire de l’autorité, c’est une mansuétude sans exemple) par le tribunal correctionnel de Pontoise et devra suivre un programme de soins. A l’audience, vendredi, il a réitéré ses aveux, à mi-voix : "Je ne comprends toujours pas. Je ne me reconnais pas dans de tels faits. A l’époque, j’étais mal, j’étais seul." (Le journal se garde bien, encore une fois, de faire remarquer que c’est la troisième agression sexuelle imputée à B.)

Le 10 novembre 2002, alors qu’il circule à bord de son Opel Corsa noire autour de Sarcelles, il aborde une jeune fille de 14 ans qui marche dans la rue. Pour la convaincre de monter à bord, il exhibe sa carte de policier. L’adolescente s’exécute. C’est un dimanche et l’Opel se gare sur un parking de supermarché désert. Là, Nordine contraint la jeune fille à sortir et à poser ses mains sur le capot, comme pour pratiquer une fouille ou une palpation. Après avoir été victime d’attouchements, la jeune fille est libérée par ce mystérieux policier. Choquée par ce qui vient de lui arriver, elle n’en parle à personne puis finit par se confier à ses parents, qui portent plainte. Les enquêteurs font alors le rapprochement avec trois plaintes d’autres jeunes filles importunées sur le secteur de Garges-Sarcelles par un homme en voiture se disant policier. Fin janvier, Nordine est identifié et interpellé. (Trois mois pour identifier un policier maghrébin dont la victime a fourni le signalement complet, y compris la marque de sa voiture : on n’a pas l’impression que les enquêteurs ont fait de l’excès de zèle...)

Jusqu’à l’audience d’hier, il était sous contrôle judiciaire et a entrepris de se soigner. "C’est le plus important pour lui", lâche Sami Skander, son avocat. Dans sa plaidoirie, il a rappelé les traumatismes dont a lui-même été victime Nordine B. pendant son enfance. (Air connu.) Des violences physiques et sexuelles qu’il avait enfouies dans sa mémoire grâce à l’aide de sa petite amie. "Il semblait avoir parfaitement réussi sa thérapie, ajoute son avocat, mais sa rupture l’année dernière d’avec sa fiancée l’a plongé dans une solitude terrible (aussi terrible que le dérapage ?) et son passé l’a rattrapé."

Nordine B., déjà suspendu, va démissionner de la police (Il n’a donc pas été chassé de la police ?), quitter Garges et ses fonctions à la mairie (Il n’a donc pas été vidé de ses fonctions municipales ?) pour changer de département. "Il doit maintenant se soigner pour espérer recommencer une nouvelle vie", conclut son avocat. »

Quant aux victimes, personne, visiblement, ne s’inquiète de savoir comment elles vont soigner le traumatisme de ces agressions avant d’espérer « recommencer une nouvelle vie ».

Maintenant une question : croit-on vraiment que l’article aurait été du même tonneau si l’agresseur avait été un ancien légionnaire et la victime une beurette ?

Le Libre Journal
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