Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 12
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Les barbarismes de Mgr Barbarin

Primat des Gaules, archevêque de Lyon, Philippe Barbarin a fait sonner le glas par ses églises aux premières heures de la guerre d’Irak. Ce geste spectaculaire a suggéré à l’hebdomadaire France Catholique de l’interviewer sur la position de l’Eglise. On s’attendait à quelques vérités bien senties. On est loin du compte...

Barbarin affirme d’abord qu’en 1991, Jean-Paul II fut « le seul à refuser la guerre du Golfe. »

Le seul quoi ? Le seul pape ? Le seul chef religieux ? Le seul leader d’opinion ? Barbarin ne le dit pas. Sans doute pour ne pas être contraint à reconnaître que le seul homme politique français à partager la vision du Pape fut Jean-Marie Le Pen.

Plus loin, comme son interlocuteur demande si contre « Saddam Hussein, dictateur féroce (...) la notion chrétienne de "tyrannicide" n’est pas toujours opérationnelle », Barbarin a cette réponse ahurissante : « Je vais vous faire une confidence. Lorsque Jacques Mesrine est mort, je me suis d’abord révolté. Il avait été abattu comme un chien, à Clignancourt, à la suite d’une traque qui avait mobilisé deux cents policiers... Mes paroissiens m’ont fait réfléchir : "Mesrine vivant n’était-il pas capable d’éliminer encore cinquante personnes en un rien de temps ?" J’ai révisé mon jugement. »

Voilà un prêtre censé éclairer les consciences, un Primat des Gaules qui, comme tel, représente le catholicisme français, modèle séculaire d’intelligence, de réflexion, de sagesse. Voilà un théologien. Et c’est cet homme qui, lorsque l’on évoque le tyrannicide, question méditée par les plus grands penseurs chrétiens (Petit, Mariana, Zwingli, Thomas d’Aquin) répond comme un journaliste de ’ration ! Voilà un curé que ses paroissiens ont dû "faire réfléchir" pour l’arracher à l’abrutissement où l’avait plongé la propagande gauchiste !

C’est consternant !

Et quand on l’interroge sur l’échec du discours de paix de l’Eglise, l’archevêque a cet étrange aveu d’indifférence : « Je me bats pour que les chrétiens lisent l’Evangile, prient, soient de vrais témoins et des serviteurs. S’ils ne le veulent pas, je ne vais pas me culpabiliser. »

Puis il bredouille une espèce de pilpoul mercerisé sur le thème de la violence des Justes : « Jésus, dans le Temple, chasse les vendeurs pour remettre de l’ordre dans la maison de son Père. C’est énergique, mais c’est pacifique. Quand Jésus cogne (sic) sur les Pharisiens, il est toujours un artisan de paix. Il a beau les traiter de "sépulcres blanchis ", il reste un homme pacifique. Il met toute la force de son amour pour les déstabiliser, faire céder leur position en béton (re-sic). Sait-on jamais ? Les Pharisiens peuvent changer d’avis (re-re-sic). »

Vient alors cette extravagante galipette: « Quand un peuple est gravement opprimé, quand son territoire est envahi, le droit d’ingérence peut exister. Une guerre peut être légitime. Jean-Paul II ne s’est pas opposé à l’intervention militaire en Serbie pour mettre fin au génocide. » Ainsi le Pape aurait laissé envahir la Serbie pour mettre fin à une invasion. Il l’aurait laissé écraser pour en finir avec une oppression ? Il se serait tu devant les bombardements pour empêcher un génocide ?

Barbarin prend-il ses ouailles pour des crétins, ou ignore-t-il vraiment que la tragédie yougoslave c’est le massacre des Serbes du Kossovo, chassés de leur terre par les islamo-mafieux albanais armés et soutenus par les Allemands et les Américains ?

Enfin, lorsque le journaliste demande au Primat des Gaules si la guerre est "un mal absolu", il obtient, pour toute réponse, ce discours embrumé : « La guerre est le dernier recours. Je commande à mon enfant de ne pas voler. Il a compris et promet de ne plus y revenir. Si le même enfant continue à voler, le père devra hausser le ton. Il va déclarer la guerre à son péché. Il utilisera à juste titre les représailles. C’est effectivement intolérable que mon gamin devienne un escroc à dix-sept ans. Dans ce cas, le père est un artisan de paix quand il corrige son enfant. Qu’il faille intervenir contre la Serbie ou pour libérer l’Irak du joug de la dictature, c’est logique. (...) Dans l’affaire irakienne, nous sommes confrontés de plein fouet à la culture de guerre. Elle réveille en l’homme les passions les plus basses. C’est comme au cinéma, un film qui marche doit offrir une bonne dose de violence et de sexe. »

Parlant de l’éloquence des Princes de l’Eglise, Chateaubriand dit dans "Génie du christianisme" qu’elle a « quelque chose d’imposant, de fort, de royal, dont l’autorité confond et subjugue. »

Encore une fois, on mesure les progrès accomplis depuis Vatican II...

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