Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 14
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Derrière la "vache folle"
un immense désastre

Un article publié par Politis confirme des révélations de Monchanin qui, voilà deux ans écrivait dans Le Libre Journal (n° 238) : « une étude faite en laboratoire sur un prion de levure a démontré que l’on pouvait, "simplement en manipulant l’appareil de synthèse des protéines, fabriquer à volonté 100 % de prions normaux et sains ou 100 % de prions déformés ou pathologiques".

Or l’étude, d’un intérêt capital, qui devait être poursuivie sur des prions de mammifères dans un laboratoire d’Etat plus performant s’est vu sans explication refuser toute autorisation.

Commencent à poindre de derrière les farines animales de bien plus inquiétantes menaces (...) Les spécialistes savent bien que ce sont les pesticides, les désherbants, les engrais de synthèse (notamment les sacro-saints ammonitrates et phosphores) qui en sont les causes les plus directes.

Sont pointées du doigt un certain nombre de campagnes systématiques, en particulier celles qui concernent l’éradication du varron, une larve de mouche qui s’introduit sous la peau des bovins et contre laquelle on a entrepris de lutter par des traitements organo-chlorés extrêmement toxiques.

En réalité, c’est toute l’organisation de l’agriculture moderne qui est ainsi mise en accusation. La maladie de la vache folle, cette ESB avec laquelle on a si violemment soulevé des peurs irraisonnées, ne serait alors qu’un aspect mineur de l’ensemble du problème. Les sols, tout autant que les animaux, sont infectés. Les aliments que ces sols produisent sont non seulement carencés, au point qu’il faille y ajouter industriellement toutes sortes de compléments minéraux, eux-mêmes produits par la chimie de synthèse, mais ils sont devenus toxiques.

(...) la maladie de Creutzfeld-Jacob ne serait-elle pas l’arbre qui cache à dessein la forêt ? (...) que dire des pandémies en plein essor que sont les maladies de Parkinson (200 000 personnes atteintes en France) ou d’Alzheimer (380 000) ?

Chaque jour s’accumulent les preuves de l’ampleur prise par une menace que l’on occulte systématiquement : la prolifération domestique des insecticides en bombe se révèle aussi dangereuse que celle, massive, imposée par l’agro-chimie industrielle. 90 % des molécules pesticides sont des neurotoxiques dont on est contraint de reconnaître désormais les conséquences dévastatrices sur les systèmes nerveux. »

Deux ans après ces révélations, on apprend qu’un éleveur anglais, Mark Purdey, auteur d’une étude sur les "organo-phosphorés" des pesticides neurotoxiques et sur la corrélation entre les zones de traitement contre le varron et les cas d’apparition de la maladie de la vache folle voit se multiplier autour de lui les personnages suspects (faux écologistes, nouveaux voisins inquiétants) et se multiplier des événements étranges (sa maison brûle sans raison apparente, des accidents touchent ses proches, dont le vétérinaire qui l’aide dans ses recherches, etc.).

Mais, devant l’obstination de Mark Purdey, le département des neurosciences de l’Institut de Psychiatrie de Londres a accepté de travailler sur ses hypothèses.

Résultat : il se confirme que les organophosphorés utilisés contre le varron provoquent trois des quatre modifications de la protéine prion qu’on retrouve dans le cerveau des vaches folles.

Et la quatrième modification ?

Purdey, poursuivant ses investigations dans les endroits du monde où l’on a diagnostiqué de nombreux cas de tremblante du mouton, constate à chaque fois des teneurs anormales en manganèse et des déficiences en cuivre, zinc et sélénium. Le tout lié à une pollution industrielle voisine.

Les intuitions de Purdey et de Monchanin se confirment : la maladie de la vache folle viendrait d’une combinaison entre les organophosphorés et l’excès de manganèse.

Les farines animales ne seraient qu’un des vecteurs de la maladie.

L’administration britannique semble aujourd’hui décidée à faire ce que l’administration française avait refusé en 2001 : financer sur trois ans un programme d’étude consacré à cette théorie.

La question qui se pose est simple : s’il s’avère que cette piste est la bonne, quelles pourront être les conséquences sociales, économiques et politiques d’un scandale de santé publique dont l’extraordinaire gravité pourrait aboutir à faire passer l’affaire du sang contaminé pour un incident de laboratoire ?

Claude Timmerman

Ndlr : spécialiste du monde agricole, C. Timmerman est diplômé de l’ENS, agrégé de l’Université, docteur ès sciences.
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