Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 15
Traditions
par Michel de L’Hyerres
Les trois compères

Je suis partagé, depuis la première guerre du Golfe en 1991, entre ma rupture sentimentale avec l’Amérique et les liens de parenté que je cultive avec ma famille de là-bas, installée outre-Atlantique par les soins de mon père au début du siècle dernier.

J’ai toujours été étonné de voir comment ces braves gens, ces honnêtes citoyens, pouvaient appartenir à une nation qui se conduit aussi mal avec le reste du monde, comment ces belles vertus, au niveau des familles, allaient engendrer, à l’échelon gouvernemental, cette politique cynique, égocentrique, finalement criminelle, qui en vient maintenant à détruire, au nom de Jésus-Christ, l’honneur d’une nation souveraine et de plus tolérante, en tant que musulmane, à l’égard des minorités religieuses catholiques, lesquelles sont respectées et protégées !

Pour comprendre comment cette grande nation libérale qui incarnait jadis un modèle dans la quête du bonheur, où le cinéma d’Hollywood enchantait le monde par son allant, sa joie, ses rythmes et son talent, est devenue un peuple belliqueux et conquérant qui emploie tous les moyens y compris les plus infâmes et les plus génocidaires pour asservir, abaisser et coloniser les autres pays, il convient de se tourner vers les circonstances de sa naissance, fruits insignes du protestantisme, de la philosophie des "Lumières" et de la franc-maçonnerie, c’est-à-dire la Modernité et le Progrès(1) pour lesquels la France a joué un grand rôle au XVIIIe siècle, parrainant même, grâce à ce malheureux Louis XVI, la fondation de cet Etat.

La France donc, que cette même Modernité achève de tuer, possède, par cette filiation, des liens évidents avec les Etats-Unis... Mais quelle France ? Certainement pas celle de Saint Louis et de Jeanne d’Arc, c’est-à-dire celle de la Tradition, mais bien celle de l’idéologie terroriste de Robespierre et de Saint-Just lequel assénait, ne l’oublions jamais, que « ce qui constitue la République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé » ! L’épithète « total », ici essentiel qualifie parfaitement ce fanatisme anti-chrétien qui à fondé la République maçonnique laquelle consomme, sous et par Jacques Chirac, son oeuvre de mort.

La genèse terroriste commune, par les "Lumières" des deux républiques françaises et américaine, nous conduit à examiner, dans l’actualité, des divergences apparentes et des convergences de fait entre notre président Chirac et son homologue Bush qui n’ont d’égal que celles entre l’ONU et le pouvoir yankee.

Car il ne s’agit là que d’une nouvelle illustration de la découverte lumineuse de Jean Vaquié(2) : Gog et Magog qui définit parfaitement le pouvoir mondialiste lequel associe franc-maçonnerie, sionisme et haute finance internationale, ressemblant furieusement par le mystère dont il s’entoure, au « corps mystique de l’Antéchrist » : la Bête.

Cette "Bête" est "constituée par tous les artisans de la puissance terrestre de Satan" : sa particularité est d’être double et de se présenter sous deux aspects, le premier dissimulé et séduisant, c’est Gog qui a le sens de la ruse ; l’autre visage, Magog qui "désigne les forces ouvertement hostiles à Dieu et à son Oingt. Magog a donc le sens de violence cynique et affiché". (p. 81). Ces deux démons se présentent "alternativement et même simultanément quelquefois", dans cette ignoble guerre où Bush, pour mieux tromper son monde, les mains jointes, invoque Jésus-Christ, promet la "Démocratie" et la "Liberté" tout en massacrant la population, laquelle avait été préalablement, pendant dix ans, affamée, bombardée et privée de médicaments, perdant ainsi un million et demi des siens dont cinq cent mille enfants !

Mais il y à pire et c’est l’excellent article de Pascal Bernardin(3) qui nous le précise : constatant que les compères Bush, l’ONU et Jacques Chirac jouent la même partition, il affirme que « Le seul motif rationnel de leur politique est une volonté inflexible d’instaurer, sous l’égide de l’ONU, le Nouvel ordre mondial » !

Dans cette tragi-comédie, le rôle le plus ignoble a été dévolu à l’ONU, chargée d’affaiblir militairement l’Irak sous le prétexte inlassablement allégué de la présence certaine "d’armes de destruction massive" afin de faciliter la conquête par les E.U., leur réservant le monopole de la terreur par l’utilisation précisément d’un dispositif "d’armes de destruction massive" que sont l’artillerie, les missiles et les bombardements !

Quant au troisième compère, notre Chirac, nous l’avions vu précédemment admirablement réussir sa gesticulation duplice d’artisan de la paix !

Tous menteurs, tous prêts à se coucher, si ce n’est pas déjà fait, devant le dieu dollar !


(1) Voir notre article dans LLJ n° 245.
(2) Jean Vaquié, abrégé de démonologie. Editions sainte Jeanne d’Arc.
(3) Pascal Bemardin. Lectures françaises n° 551, page 5 (très recommandé).
Sommaire - Haut de page