Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 16
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Une cabale au Canada

« Je crois les témoins qui se font égorger », disait Pascal. Que dirait-il d’Ernst Zündel, une des principales figures du révisionnisme mondial ?

Allemand traqué dans son propre pays, où les révisionnistes sont condamnés à de lourdes et longues peines de prison, Zündel avait émigré au Canada en 1958, puis s’était installé aux Etats-Unis depuis 2000.

Voilà quelques semaines, sous prétexte qu’il ne s’était pas présenté à l’heure à une visite de contrôle de l’immigration, il était arrêté par la police américaine, jeté en prison, puis remis aux autorités canadiennes qui, sans aucun motif, l’emprisonnaient également alors qu’il est résident canadien, dans l’attente d’une procédure d’expulsion vers l’Allemagne, exigée par la toute-puissante maçonnerie raciale des B’naï Brith.

Mais l’affaire a suscité l’intérêt des médias, ce qui a provoqué une violente prise de bec entre les trois principales organisations "communautaires" du Canada.

Le Centre Simon Wiesenthal a conseillé aux autorités d’abandonner les poursuites contre Zündel. Le directeur du centre avoue que « La dernière chose que veuillent les gens c’est une interminable série de comparutions hypermédiatisées devant le tribunal, qui joueraient en faveur de M. Zündel. »

Le B’naï B’rith, en revanche, a envoyé son correspondant auprès des autorités allemandes pour exiger que Zündel soit « condamné au maximum » après son rapatriement.

De son côté, le Congrès juif canadien a exprimé son inquiétude devant l’intérêt des médias et son impuissance à les museler : « Que voulez-vous qu’on y fasse ? De toute façon les médias feront leurs reportages, parce que Zündel fait vendre. »

Dans l’attente d’un accord entre les dirigeants communautaires sur la conduite à imposer aux autorités canadiennes, la décision a donc été prise de laisser Zündel moisir dans le Centre de détention du Niagara tant que durera la procédure.

Pour faire bonne mesure, le CSIS, agence canadienne d’espionnage, a présenté sans rire un rapport de quatre pages soutenant qu’il existe de sérieuses raisons de considérer Zündel comme une menace pour la sécurité, « car il a participé, a été impliqué et a soutenu le mouvement néo-nazi de défense de la race blanche au Canada, et qu’il pourrait être en mesure, par son influence, de pousser ses partisans à commettre des actes de violence graves au Canada ou à l’étranger. »

Or, en 1992, la Cour suprême du Canada annulant la condamnation de Zündel (pour avoir publié un ouvrage révisionniste) avait jugé que le fait de censurer toute expression sous prétexte qu’elle était susceptible de causer un préjudice, contrevient aux règles relatives à la liberté d’expression garantie par la Charte.

En attendant que cet imbroglio soit débrouillé, Zundel reste incarcéré dans une cellule sans fenêtre ni soupirail, éclairée jour et nuit. Il n’est autorisé à sortir que dix minutes par jour, chaînes aux pieds et aux poignets. Ni les gardiens ni les autres détenus n’ont le droit de lui adresser la parole. Sa nourriture est introduite par un guichet sans un mot. Il n’a pour écrire qu’un bout de crayon et une feuille de papier et, s’il veut griffonner, faute de tablette, il est obligé de prendre appui sur l’abattant de la cuvette de WC.

Vêtu du treillis orange vif des convicts, il n’a pas été autorisé à se raser avant de se présenter devant les juges. Lesquels lui ont signifié son maintien en détention jusqu’à leur décision, courant mai.

Ce sera toujours ça de pris pour les vengeurs.

Le Libre Journal
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