Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 23
L’humeur de Patrick Gofman
Denoël, Djamel, et moi

Le comédien Djamel Debouze est beaucoup plus drôle dans la vie qu’au cinéma. Par exemple, quand il fait expulser une bande de "jeunes" de la fête qu’il organise au Bataclan... et que ses "frères" lui démolissent sa Ferrari en représailles. Ou bien quand il expédie un cageot de... melons (de chez Fauchon) à la rédaction de Minute.

Mais voici sa dernière. Il y a quelques semaines, Djamel zone rue Férou, près de Saint-Sulpice, avec un seul garde du corps. Il tombe en arrêt devant les vitrines de l’Age d’Homme et... oui ! pénètre dans la librairie ! « Librairie racisse... » marmonne-t-il bientôt, grincheux. Mais une cliente l’interpelle : « Oh, je vous reconnais, vous ! » Et aussitôt Djamel resplendit de joie et de fierté. Jusqu’à ce que la dame ajoute : « Oui, vous travaillez dans mon supermarché ! » Djamel se rembrunit (oh pardon) et riposte : « Nan ! Je suis le frère de Zacharias Moussaoui ! » avant de s’enfuir en culbutant une pile de livres.

***

Je suis bien étonné d’apprendre que - depuis ma mansarde haut placée - je participe du "Pouvoir intellectuel" (livre de l’ennemi du bien, E. Lemieux, chez Denoël - mars 2003). Il est pourtant vrai que j’ai accordé un entretien à l’auteur en mai 2002. Et qu’il m’a juré que je relirais les épreuves, le menteur. Mais pourquoi ne reste-t-il que des fariboles de cet entretien ? Par exemple, j’aurais « dirigé le service d’ordre de l’O.C.I. » trotskiste, puis le « service culturel du "Choc" », et aussi le quotidien « "Le Français", journal du MNR » ! Quel universel "dirigeant" je fais ! Je suis ravi de l’apprendre, mais je me demande tout de même comment c’est possible, puisque Le Français est mort cinq ans avant la naissance du MNR... Bref, je ne puis recommander ce livre : puisque tout ce qui m’y concerne est un tissu d’âneries, pourquoi le reste vaudrait-il (Le) mieux ?

Et cependant, c’est indéniable, écrivain et journaliste, ce Lemieux est mon frère. Mon confrère.

Patrick Gofman
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