Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 291 du 11 avril 2003 - p. 23
Nos pères
Tertullien (I)

Il n’a pas été élu dans le groupe des grands et pourtant, c’est un géant de la pensée patristique. Le père de la théologie latine mourut dans l’hérésie montaniste. En lui, nous assistons à l’essor du christianisme latin ; Tertullien est indispensable pour comprendre l’originalité du catholicisme occidental.

« Les premières oeuvres chrétiennes latines ne sont pas antérieures à la fin du IIe siècle, au moment où naît en Afrique la littérature chrétienne latine sous l’impulsion décisive de Tertullien, une part de l’élite a été conquise. Des esprits raffinés, initiés aux meilleures disciplines, ont adhéré à la croyance nouvelle. Ils vont lui apporter l’efficace prestige du bien dire ». P. de Labriolle, de qui sont ces lignes (I’Histoire de la littérature latine chrétienne, Belles Lettres, 1920, p. 6), explique ce retard dans l’usage du latin par rapport au grec : celui-ci est, dans toutes les relations importantes, la langue méditerranéenne (58). « Comme la littérature latine profane, la littérature latine chrétienne a débuté par des traductions » (63).

« C’est l’Afrique du Nord qui, pendant près de trois siècles, a donné à la littérature chrétienne la plupart des écrivains qui l’ont illustrée. L’Afrique a été, jusqu’au IVe siècle, le foyer de la pensée chrétienne occidentale. On sait que, durant la même période, sa contribution à la littérature profane ne fut nullement insignifiante ».

« Nous ignorons les origines de l’Eglise d’Afrique. On la considère volontiers comme une filiale de l’Eglise de Rome. Elle sort soudain de la pénombre en 180 par le martyre de plusieurs chrétiens dont nous avons la relation écrite » (79).

Tertullien est né à Carthage entre 150 et 160, dans une famille païenne. il s’est converti vers 195, il se marie et devient probablement prêtre vers 200.

Abbé Guy-Marie
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