Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 293 du 15 mai 2003 - pp. 4 et 5
Dernières nouvelles du Marigot
Une "croisade" néo-païenne contre l’Occident chrétien

Les sectateurs du Nouvel Ordre Mondial l’ont compris, ils ne pourront l’ériger que sur les ruines de l’Ordre chrétien.

Deux millénaires durant, c’est l’Eglise qui, en plus de son magistère en matière de Foi et de morale a creusé les fondations et dressé la charpente de la civilisation occidentale.

Par persuasion, par force au besoin, elle a imposé :

- la régulation par les conciles des conflits et de leurs effets sur les populations ;

- l’éducation par les clercs puis les ordres enseignants ;

- la gestion de la société (état civil, structuration de la famille du baptême aux funérailles) ;

- l’administration du territoire par le découpage en diocèses, doyennés et paroisses (la république s’est bornée à changer les appellations : départements, cantons, communes) ;

- la santé (hospices et ordres consacrés aux malades et indigents) ;

- la justice, le décalogue et le crucifix dans les prétoires rappelant l’inspiration chrétienne des lois ;

- la promotion sociale par l’Église et dans l’Église où le mérite plus que la naissance portait les hommes aux plus hautes fonctions ;

- la participation des clercs aux instances politiques (confesseurs des princes mais aussi ministres, diplomates).

Ce magistère général sur toute la société présentait un danger : tout, à commencer par la légitimité monarchique, reposant sur la tradition catholique, il suffisait pour abattre le Trône de s’attaquer à l’Autel.

C’est ce qu’a fait la république qui a imposé la laïcité.

Mais, sauf période de Terreur, l’exclusion de la religion du domaine public laissait à l’individu privé ses valeurs et sa tradition.

C’était encore trop puisque après deux siècles d’incroyance officielle, un Français sur trois continue de faire baptiser ses enfants, unir son mariage et inhumer ses défunts par l’Église.

Pour briser ce lien ultime avec la tradition, Vatican Il a changé le rite, faisant disparaître non seulement le latin mais le langage et les codes familiers aux moins religieux. « Celui-ci est mon fils bien aimé, en lui j’ai mis ma complaisance » est par exemple devenu « Tu es mon Fils bien aimé, en toi J’ai mis ma joie », ce qui revient à remplacer la proclamation au monde par un constat privé et à transformer l’Amour Divin en un vague sentiment de satisfaction.

« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » est devenu « aux hommes qu’il aime », ce qui exonère les hommes de toute responsabilité dans l’économie du Salut.

Quant à la "nouvelle Bible" c’est un galimatias loufoque dont témoigne cette version "moderne" de la Genèse XVIII, 22-32 :

« Les hommes ont quitté les lieux pour Sodome. Abraham reste seul devant Yhwh. Il s’approche et demande :

Tu te débarrasserais de tous, innocents ou coupables ? Il y a peut-être cinquante innocents dans cette ville, et tu te débarrasserais de tout le monde, sans pardonner à cette ville pour les cinquante Innocents qu’elle abrite ? Pas toi, pas ça ! Faire mourir l’innocent avec le coupable, confondre l’innocent et le coupable, pas toi, pas ça !

Le juge du monde entier ne serait pas équitable ?

Yhwh dit :

Si je trouve cinquante innocents dans Sodome, je pardonnerai pour eux à toute la ville. (...)

Allons, ne te fâche pas ! Une dernière fois j’insiste auprès de toi. On n’en trouvera peut-être pas plus de dix !

Réponse :

Je ne détruirai rien pour les dix.

Yhwh est parti après avoir fini de parler avec Abraham.

Abraham retourne chez lui. »

Ce "pas toi pas ça !" aux accents de chicaya entre potes ajoute encore à la vulgarité misérable de la "traduction" et dévoile le but de l’entreprise : désacraliser le fondement même de notre foi après avoir, selon les propres termes d’un provincial jésuite, « désacralisé l’Eglise ».

Dans un tel contexte, le pouvoir politique n’a eu nulle peine à imposer un enseignement laïc du "fait religieux", mettant ainsi sur un pied d’égalité avec le catholicisme le fatras animiste, le polythéisme, les spiritualités exotiques, les sectes... voire les cercles sataniques.

La Religion est devenu "le religieux", activité culturelle vaguement moralisatrice, philosophie parmi d’autres "enseignée" par des indifférents voire des adversaires.

Choix personnel, la morale "civile", affranchie de la tutelle religieuse donc de la loi naturelle, rompt le dernier lien social des sociétés occidentales, pour laisser enfin seul ce "fils de personne, né nulle part" rêvé par l’ingénierie sociale mondialiste.

C’est le MASDU (mouvement d’animation spirituel de la démocratie universelle) prophétisé voilà un demi-siècle par l’abbé Georges de Nantes, et ce n’est pas par hasard que la Puissance mondialiste, par Son bras armé, les États-Unis, dernière province de l’Israël, se veut le propagateur de ce néo-paganisine.

Elle dispose pour cela de l’arme formidable de l’image forgée par le complexe militaro-culturel hollywoodien.

En reniant à force de repentances l’héroïsme vertueux, l’idéal chevaleresque, la soif du martyre, l’esprit de Croisade, le christianisme post-conciliaire a laissé le champ libre à ces singeries des vertus chrétiennes que sont les spiritualités New Age, le culte de l’individu, l’amour du risque pour le risque, l’ascèse intéressée, l’ingérence humanitaire. La propagande de l’adversaire se rit de l’austérité monacale ("Au nom de la Rose") mais exalte l’ascèse des moines de Shao Lin, maîtres ès arts martiaux (films de kung fu).

Elle accuse I’Eglise d’avoir lancé les chevaliers dans une croisade contre l’usurpateur musulman des Lieux Saints mais déchaîne le feu de Supercopter contre les islamoterroristes.

Elle brocarde l’anachorète vêtu de peau et nourri de miel et de baies sauvages mais idolâtre Conan le barbare qui, à l’image du Golden Boy des années 80, n’a qu’un but : s’enrichir. Un moyen : la force. Une loi : son plaisir. C’est une bête humaine comme Greystoke, aristocrate-singe porte-parole des singes humanisés, maillon manquant de l’anti-créationnisme.

A l’exact opposé, "Blade Runner" donne vie au fruit des Lebensborn, ces mythiques élevages humains d’où devait sortir le surhomme rêvé par Himmler et à qui Ridley Scott permet de réaliser le rêve nietzschéen : tuer son créateur.

Même "Excalibur" diffuse, sous l’apparence de la Quête du Saint Graal, un message New Age et païen : le roi Arthur dort dans l’île, attendant l’Éveil, et Merlin pleure les anciens dieux chassés par le monothéisme. Le paganisme est célébré et magnifié partout. Dans "Apocalypse Now" de Milius (sacrifice humain et retour à la jungle primitive), dans "Jeremiah Johnson" de Sydney Pollack (culte des morts, naturolâtrie et nihilisme), dans "l’Aube rouge", (parodie eucharistique), dans "Zardoz", violente charge anticléricale et célébration de la mort signée John Boorman, dans "la Forêt d’émeraude" (naturolâtrie et culte du Totem), dans le nanar "Highlander" avec ses immortels en jupette écossaise, dans "Patton" (doctrine de la réincarnation) dans le "Voyage au bout de l’enfer" véritables noces avec la mort, dans "Wolfen" (lycanthropie et cosmogonie indienne) réalisé par Michael Wadleigh, qui avait fait "Woodstock", à la gloire des spiritualités déviantes, dans la stupéfiante "Guerre du feu", hymne païen de Jean-Jacques Annaud.

Autant de films d’autant plus efficaces qu’ils sont d’une virtuosité diabolique. Belles images, effets spéciaux, sonorisation parfaite, montage au rasoir, c’est un cinéma venu de la publicité.

Pour des raisons qui tiennent sans doute à la charge occulte de l’Île, l’Angleterre fournit les plus habiles sorciers de ce cinéma virtuose : Hugh Hudson (Greystoke), Ridley Scott (Blade Runner), David Lean (La route des Indes et ses grottes magiques), Richard Attenborough (Magic, négation de la doctrine du Libre arbitre), John Boorman (Zardoz), John Schlesinger, Stanley Kubrick (Shining).

Tous en appellent aux antiques forces noires, aux puissances chtoniennes qui infestent la terre américaine et dont Lovecraft avait eu l’intuition puis la certitude et enfin la terreur panique qui le conduisit au tombeau après le suicide de son ami Howard.

Dans le combat contre le Christ Libérateur, toute la vieille culture du panthéisme américain, qui remonte à Ralph Emerson, à Henry Thoreau, à Walt Whitman, au compositeur Charles Ives, prend les armes dans cette contre-croisade.

On y retrouve l’influence des rites chamaniques indiens, des techniques "d’Eveil" ou de Chanelling, des rituels hippies, qui demandaient à la Nature ce que les petits hommes gris de l’Eglise conciliaire, du temple baptiste ou de la synagogue ne peuvent évidemment plus apporter.

Même les ultimes débris d’un christianisme dévoyé devenu démocratisme geignard, fausse fraternité de la pétoche, universalisme putassier, servent cette oeuvre maligne en chassant, par leur dégoûtante corruption, les derniers fidèles.

D’ailleurs, comment la jeunesse pourrait-elle se fier aux miteux ronds-de-cuir conciliaires pour lutter, par exemple, contre le charme vénéneux de la flamboyante "Lady hawk" ?

Qui préférerait les radotages d’un Abbé Pierre, le marxisme momifié d’un Béranger ou le moralisme écouillé d’un Gaillot à ce conte horrible et merveilleux d’une jeune fille transformée en oiseau et de son amant guerrier, changé en loup par un méchant clerc et dont les retrouvailles ne durent que le temps d’un éclair, magiquement filmé par Richard Donner ?

La beauté cruelle du scénario de Khmara, les images splendides de Storaro (photographe de Coppola et Bertolucci), la somptueuse musique néo-classique signée "Alan Parsons Project" font de ce manifeste néo-païen un ultime avertissement.

Si l’Occident chrétien ne retrouve pas l’esprit de sacrifice, l’amour du Beau et l’idéal chevaleresque qui l’a porté pendant deux millénaires, il crèvera dans cet Armageddon, englué dans ses sanies, empoisonné par le mensonge païen avant même d’avoir été égorgé par les hordes islamistes ou garotté par les nouveaux barbares.

Serge de Beketch
avec Nicolas Bonnal
et Claude Timmerman
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