Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 293 du 15 mai 2003 - pp. 8 et 9
Notes sans grande portée
Journal de François Brigneau

Changement de formule. Le 30 avril, le zappeur est entré dans sa 85e année. Depuis il ironise mélanco et décide de mettre un terme aux "carnets du zappeur".

- Je sais, dit-il. Aujourd’hui, 85 carats, ça brille, ça fait gamin, ça s’atteint sur une jambe. Suffit de parcourir les petites annonces casse-pipe du "Figaro-Dassault" pour en être persuadé. Se permettre de dételer avant la centaine bien tassée, révèle l’esprit frondeur, le dénigreur de progrès. Grâce aux pilules du Docteur Lévy-Faust, on doit batifoler jeune homme jusqu’à l’âge de Méthouchèlah, dit Mathusalem. Dans sa 782e année le gaillard coïtait toujours et engendrait encore. Il ne consentit à cesser définitivement ses exploits qu’à 969 ans (Genèse. III. Ch. V, 25-27). Je l’avoue, je ne suis pas dans l’allure. Pourtant ce n’est pas l’âge qui m’arrête. Si je décroche, c’est parce que je regarde de moins en moins la télé. Le sport, les journaux du soir, Ardisson sur Paris-Première, Séguillon sur LCI, les émissions politiques, quand elles ne sont pas à pas d’heure, un film que j’ai déjà vu dix fois, le cinéma c’est comme les chansons, on n’aime que celles de sa jeunesse, tout cela ne s’appelle pas zapper, et un zappeur qui ne zappe pas ne peut plus s’appeler zappeur. Je ne change pas mon fusil de pôle. J’ai toujours les mêmes ennemis. Mais, si vous le voulez bien, changeons de formule. Tenons le journal de nos impressions et de nos jugements ; des notes sans grande portée mais peut-être pas sans intérêt ; jouée au pipeau, notre petite musique sur le temps qui passe, les événements, la fin d’un monde puisque, bientôt, nous ne serons plus là pour le voir... en toute liberté, puisque nous finissons la course au "Libre Journal" ; sans trop nous prendre au sérieux ; avec plus de convictions que de certitudes, un oeil qui rit même si l’autre pleure ; gardant toujours conscience des limites de nos connaissances ; fuyant le ton ostentatoire des pontifes de presse, moins souverains qu’ils voudraient le faire croire ; essayant de faire mieux la prochaine fois ; c’est cela, la vie : essayer de faire mieux la prochaine fois... Bref, un journal. Je continuerai d’apporter mon grain de sel. Mais vous direz "je", pour nous deux, comme les Tharaud, ou les Goncourt, en toute modestie...

- Bien entendu.

L’étoile jaune. Etudiant aux universités Lyon III et II, Jean Plantin obtint, en 1990 et 1991, une maîtrise d’histoire suivie d’un DEA (diplôme d’études approfondies) en histoire également. C’était la contemporaine qui l’attirait. Il devint révisionniste. Fatalitas ! Puis éditeur. Malédiction ! Le professeur Faurisson, qui en connaît un rayon sur le sujet, dit de Plantin :

- C’est un chartiste... Un bénédictin... Un acharné au travail... Méthodique, précis, il vérifie ses vérifications... Trop modeste pour espérer atteindre ce qu’on appelle la vérité, et trop ennemi des notions vagues pour user d’un mot aussi indéfini, il n’aspire qu’à l’exactitude.

En conséquence, Plantin ne tarda pas à être planté. En 2000 et 2001, il fut déchu de ses titres universitaires. Quand on est révisionniste, il est normal qu’on ne puisse se prévaloir de titres universitaires d’histoire, si régulièrement et justement qu’ils aient été décernés (mention "très bien" pour la maîtrise).

« L’intolérable police juive de la pensée » - selon la terrible formule de l’historienne juive de la pensée : Annie Kriegel - ne s’estima pas satisfaite. Le 22 janvier dernier, Plantin s’est fait replanter. Cette fois un peu plus profond, comme les études : six mois de prison ferme et trois ans d’interdiction d’éditer. Ben voyons ! Pourquoi se gêner. Ça n’est pas M. d’Ormesson qui va protester dans le "Figaro-Dassault". Quand on est révisionniste, il est normal qu’on soit interdit d’éditer, même des livres qui n’auraient rien à voir avec le révisionnisme, comme, par exemple, Lettre à la Présidente, de Théophile Gautier.

J’espère que le général de corps aérien Jacques Le Groignec ne connaîtra pas le sort de Plantin. Son dernier livre pourrait être taxé de révisionnisme. Son titre suffit à deviner le danger : L’étoile jaune(1). D’autant que l’ancien pilote de chasse 39-45 attaque en piqué. Contre la falsification, sans peur et sans nuance, il affirme : de 1942 à 1944, le maréchal Pétain et le gouvernement de Pierre Laval se sont toujours opposés à ce que les Juifs résidant en zone libre soient obligés de porter l’étoile jaune, imposée depuis le 7 juin 1942 en zone occupée. Le général Le Groignec cite des textes, des documents irréfutables, dont la déclaration du général Knochen commandant de la Police de Sûreté et des services de sécurité : « Le gouvernement français, c’est-à-dire surtout le maréchal Pétain, a refusé de promulguer le port de l’étoile jaune. » (12 février 1943).

On trouve dans le livre une photo parlante. Celle de la classe de 1ère A du lycée de Vichy, durant l’année scolaire 1943-1944. Les noms figurent en légende. Trois sont juifs : ceux de mesdemoiselles Lévy et Wormser et celui du jeune Dreyfus. Ni celui-ci, ni celles-là ne portent l’étoile jaune. Dans le groupe se trouvent Alain et Annick Bléhaut, dont le père, l’amiral Bléhaut, suivit le Maréchal à Siegmaringen. Ce sont là des faits. Des faits qui sont connus de tous ceux qui n’acceptent pas le mensonge officiel. Le mérite du général Le Groignec c’est de les avoir rassemblés dans un livre court, clair, référencé, utile à l’exactitude. Du bon travail de révisionniste, en somme(2).

Etoile jaune et foulard. Alors qu’il n’était encore que maire de Paris, M. Chirac visitait à Washington le musée de l’Holocauste. Il tomba en arrêt devant une inscription libellée ainsi : « Le gouvernement collaborationniste de Vichy n’a pas obligé les Juifs à porter l’étoile jaune, comme le stipulait le décret du 7 juin 1942. » M. Chirac demanda aussitôt au conservateur du musée de modifier ce texte. Sans doute contraire, selon lui, à la vérité historique, alors qu’il en est l’exacte expression(3). Cette attitude est révélatrice de la mécanique intellectuelle du président de la République. En 1942, Jacques Chirac avait dix ans. Il vivait avec ses parents, en zone Pétain. Il ignorait les étoiles jaunes. Grâce au vainqueur de Verdun, les Juifs en étaient protégés. En revanche, son père pouvait les voir, à Paris. Il s’y rendait souvent, pour affaires. Il serait incorrect de demander : avec qui ?

M. Chirac disposait à cet effet d’un sauf-conduit. Délivré par les autorités militaires allemandes et le pouvoir légal français, souverain en zone libre, ce laisser-passer permettait l’aller-retour entre les deux zones, à travers la ligne dite de "démarcation", contrôlée par les Allemands et les Français. A Paris, M. Chirac avait abandonné son vrai prénom, son prénom d’état-civil : Abel. Trop chargé de résonances bibliques, il n’était pas tendance. Il s’appelait donc François Chirac(4). Ça devait faciliter les affaires.

A la table familiale des Chirac, on parlait certainement de toutes ces choses. Comment se fait-il que Jacques Chirac les ait oubliées ? Depuis Isorni et Bardèche, nous fûmes pourtant nombreux à avoir essayé de l’aider à retrouver la mémoire. Ce n’est pas non plus faute d’informations. Le général Le Groignec ne cesse de lui en fournir. L’Elysée lui répond. Dans L’étoile jaune on trouve des fac-similés savoureux. Le Président « le remercie de son aimable geste ». « Il a pris connaissance, avec attention, de son travail. » Avec attention ! c’est émouvant. Mais l’émotion n’empêche pas le président de la République de continuer à colporter toutes les calomnies dont on accable le Maréchal, en leur apportant, de surcroît, l’autorité que lui confère sa charge.

Cette accréditation officielle d’un mensonge est à l’origine de l’intervention d’un représentant de la communauté musulmane. Le 16 avril, au Bourget, lors du rassemblement annuel de l’Union des organisations islamiques de France, ce délégué a fait une remarque qui paraissait judicieuse. La France pouvait sans difficulté revenir sur la loi interdisant le port du foulard sur les cartes d’identité et dans les écoles. N’était-elle pas revenue, sans difficultés non plus, sur la loi imposant l’étoile jaune ? C’est vrai. Chez nous, rien de plus aisé que de changer la loi quand on a la majorité. On ne s’en prive d’ailleurs pas. Exemples. On a abrogé la loi permettant de condamner à mort les assassins et on a abrogé la loi condamnant l’avortement pour donner aux femmes enceintes le droit de vie ou de mort sur l’enfant qu’elles portent, en étant remboursées par la Sécurité Sociale si elles ont choisi la mort.

En l’occurrence le délégué musulman avait pourtant tort. Il n’y a jamais eu de loi française imposant le port de l’étoile jaune aux Juifs. L’Etat français qui a légalement et légitimement gouverné la France de 1940 à 1944, s’y est toujours obstinément refusé. Le délégué musulman devait croire à ce que disait le président Chirac. Mais le président Chirac a menti et continue à mentir alors qu’il sait qu’il ment.

Depuis l’avènement de la République le seul signe extérieur de discrimination fut la cocarde tricolore. La Convention la décréta obligatoire en 1793. Les Français qui refusèrent de la porter étaient considérés comme suspects, et traités comme tels. Ce fut l’étoile jaune à rebours.

En ce qui concerne le foulard je ne partage pas l’avis de la quasi-totalité de mes amis. Je suis pour son autorisation à l’école laïque et républicaine. La vue seule des rituelles photographies des classes permettrait de constater l’effarante montée de l’immigration-invasion.

François Brigneau

(1) Nouvelles Editions latines. Ce livre-document, à mettre entre toutes les mains, doit aussi pouvoir se trouver à l’ADMP (Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain), 5 rue Larribe, 75008 Paris. Le général Jacques Le Groignec en est le distingué et dévoué président. Le secrétariat général est assuré par notre ami Yann Clerc, tout aussi dévoué et distingué. L’Association publie un magazine bi-mensuel, dont la qualité tant en ce qui concerne les textes que les photographies est étonnante.
(2) Sur ce point je ferai un grief au général Le Groignec : son révisionnisme s’arrête à Vichy. Les contre-vérités et les inexactitudes utilisées par les vainqueurs pour achever un peu plus des vaincus ne le gênent pas. On pourrait lui adresser les reproches qu’il fait à nos adversaires. C’est dommage.
(3) Le Point" 26 septembre 1994.
(4) Marguerite Basset : Jacques Chirac : les vertes années du Président. 1996. Editions Filipacchi.
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