Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 293 du 15 mai 2003 - p. 10
Où va la droite nationale ?
IX
Nos lecteurs commentent notre enquête
MNR et dieu du Toner

En même temps que LLJ n° 285 avec sa "brève" interview de Bruno Mégret, je reçois un petit brouillon du MNR de l’Essonne, visiblement réalisé sur un photocopieur hors d’âge qui avait probablement été lui-même posé sur une machine à laver à l’essorage. J’ai cru comprendre qu’on me réclamait encore de l’argent.

C’est sans doute par manque d’encre que M. Mégret n’a pas répondu à vos questions. Pour ne pas alarmer en exposant des problèmes d’intendance aussi triviaux, la charmante Séverine aura sans doute préféré jeter dessus le voile pudique d’un refus pur et simple.

Aux dernières nouvelles, certains cadres du MNR auraient entamé une neuvaine au dieu du Toner.

Nicolas Masvaleix (91)
Patriote inquiet

Les deux dernières questions posées par LLJ n° 285 à Bruno Mégret résument bien les sentiments des patriotes. La politique de la chaise vide est encore plus explicite sur l’intérêt que nous inspirons aux soi-disant "leaders" de la droite nationaliste. (Maurras prescrit aux chefs nationalistes de tout subordonner à l’intérêt national, non à leurs goûts et intérêts personnels). Que l’on me comprenne bien : tous ces dirigeants nationalistes ont un énorme courage (...) ; raison de plus pour ne pas se disperser, et tirer, et pousser dans la même direction, sinon quel gâchis il y aura !

Serge Berger (Ile d’Oléron)
ME(s re)GRET(s)

C’est amer (mais pas ricain) que je vous écris, suite à l’article paru dans LLJ n° 287. Cette semaine on a, après la chaise vide de Mégret (n° 285) et l’érudit Gollnisch (n° 286), Le (bout) Gallou ! L’énarque de service fait son Otto Kritik ! Il se projette dans l’avenir ! (...) Mais pourquoi les énarques feraient-ils mieux demain qu’ils n’ont fait hier ? (surtout avec moins de monde et de moyens !)

Nous étions, à Marignane (ndlr : congrès sauvage du FN débouchant sur le MNR, 1999), tous plein d’espoir : après la déception d’un Le Pen que nous admirions, respections, aimions, mais qui virait "culte de la personnalité", nous (...) avions envie de quelqu’un de frais, de simple et d’efficace et le "bon homme" Mégret semblait tout indiqué. Nous avions vibré à tous les discours (surtout à celui de Martin Peltier). Nous devions arriver à bon port après avoir traversé le Jourdain ! Ce fut la traversée du dessert (...).

Comme peut dire Rivarol : quand le militant cesse de respecter, il cesse de militer !

Une grosse accolade fraternelle à tous les vrais (ex ou pas) militants que j’ai eu à fréquenter pendant toutes ces années, aux vrais hommes (qui sont souvent des femmes, parfois très âgées) et une sincère pensée respectueuse à M. et Mme Mégret.

Gérard Girodon (Bois-Colombes - 92)
Lecteur éditorialisé

J’ai été très honoré que mon courriel fît l’objet d’un éditorial de votre journal (n° 286, ndlr). Je comprends parfaitement votre position : parler des rivalités fait le jeu du Système. Mais j’ai longtemps cru que les discours des médias sur la rivalité Le Pen/Mégret était une pure invention. Jusqu’au jour très cruel où il m’a fallu me rendre à l’évidence. Je partais du principe que tout ce qui était écrit dans L’Aberration ou L’Immonde était forcément faux, et je ne me fiais qu’à NH... J’ai abominablement souffert et je me suis dit : si ces problèmes avaient pu être abordés plus tôt, si on n’avait pas essayé de les cacher et de les nier, peut-être qu’en ayant recours à la discussion et à la conciliation, tout se serait arrangé. Depuis j’estime que les sympathisants et militants de la droite nationale sont adultes, et qu’ils méritent mieux qu’un traitement du type "Il ne faut pas désespérer Billancourt". De toute façon, la situation n’est pas (encore ?) aussi grave qu’en 1998. Les militants et sympathisants du FN et du MNR sont souvent curieux de ce qui se passe au sommet et je trouverais dommage qu’ils soient tentés d’acheter L’Aberration pour savoir ce qui se passe vraiment.

L.-V. Reno (courriel)
Stratégie et tactique

Ce n’est pas sans intérêt que je lis les réactions des différents leaders à notre interrogation. Mais de grâce qu’ils cessent de confondre tactique et stratégie.

Que Le Gallou et Mégret occultent le 21 avril, qu’ils n’avaient pas prévu, est incroyable. Je ne réfute pas leurs arguments, mais à la fin c’est le peuple qui donne raison ou tort à une tactique - qui est au service d’une stratégie ; et la tactique de Mégret a empêché Le Pen d’être stratégiquement en tête au 1er tour.

Alors que Le Gallou et Mégret réfléchissent : qu’ils alimentent le débat et amènent des idées, c’est très bien, mais pour le moment le mouvement national, électoralement, c’est le Front. Les petites phrases assassines sont inutiles. Ils n’ont pas compris que les cadres d’un parti c’est une chose, mais les militants et les électeurs une autre, et que ce n’est pas le même langage. Qu’ils continuent à s’acharner contre la "PME familiale" ne fait pas avancer le Schmilblic !

Nous avons besoin de fonctionnels qui pensent et d’opérationnels qui agissent. Mais si les fonctionnels continuent à ne pas être d’accord avec les opérationnels, alors il vaut mieux pour les militants rester chez eux.

Pierre Laffly (Paris Xe)
militant et combattant (60-62) national depuis 1959
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