Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 294 du 28 mai 2003 - p. 10
Autres nouvelles
Les musulmans laïques :
oxymore et bombe sociale

Après le conseil national des musulmans de France, on voit se multiplier depuis quelque temps, avec la bénédiction générale des médias, les "organisations islamiques laïques". Il aura donc fallu que l’islam devienne, grâce à Sarkozy, la deuxième religion officielle de France pour que naisse cet oxymore : l’association religieuse laïque.

L’explication est assez simple : le politiquement correct ayant successivement interdit ou peu s’en faut l’usage des mots Arabe, puis Algérien et même Maghrébin, et le mot jeune puis le mot beur étant devenus trop transparents, il fallait bien trouver quelque chose pour les remplacer.

On a donc déplacé la terminologie sur le terrain moins délicat de la religion. C’était très malin. L’ennui c’est qu’en même temps, le caractère péjoratif qui, pour nombre de Français, s’attachait aux désignations ethniques (vieux souvenir de la guerre d’Algérie et de ses conséquences en France métropolitaine) s’est en même temps déplacé et occupe à présent la "sphère du religieux".

En clair, parler de musulman aujourd’hui devient aussi politiquement incorrect que de parler d’Arabe hier. En outre, ceux-là mêmes qui se réclament de l’appartenance à des associations de musulmans laïques sont ceux qui rejettent les obligations et les interdits de l’islam. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas musulmans.

En somme, la France hérite d’une bombe à retardement de plus : l’existence, sur son territoire, de populations issues de Dhar el Islam mais qui se revendiquent comme non musulmanes ou du moins volontairement en marge de la loi musulmane, et que les musulmans pratiquants, eux, considèrent comme des renégats pires que les infidèles, et donc justiciables de la peine de mort.

L’immigration arabo-maghrébine peut donc être divisée en quatre grandes catégories violemment antagonistes :

- les musulmans islamistes fondamentalistes sous contrôle de mouvement terroristes internationaux ;

- les musulmans modérés représentés (mal d’ailleurs à la suite d’élections grossièrement truquées par le ministre de l’intérieur) par le Conseil national des musulmans de France ;

- les "musulmans laïques" qui ne veulent pas se dire arabes ou maghrébins, ce qui conduira forcément à des tensions le jour ou des Africains noirs voudront, au nom de cette bizarrerie sémantique, adhérer à ce groupe ;

- et enfin une population qui revendique des racines historiques et culturelles communautaires étrangères, rejette celles du pays d’accueil qui est exécré, et refuse toute assimilation ou intégration : les "Beurs".

Beurs que, d’ailleurs, le système scolaire laïque et antiraciste maintient dans leur statut extérieur en prétendant leur enseigner leur langue d’origine, et l’histoire des pays de leurs aïeux.

A ces groupes, on peut ajouter une catégorie qui n’a rien à voir avec la race ou la religion mais qui relève de la différenciation sexuelle : les "Beurettes" qui, elles, sont écartelées entre la revendication identitaire religieuse (port du voile) et l’émancipation à la française (rejet du statut d’infériorité de la femme musulmane et donc de la famille et des traditions). Le renforcement prévisible du poids de la loi musulmane à la faveur de l’officialisation de l’islam comme religion officielle en France faisant d’ailleurs planer une menace supplémentaire sur leurs ambitions de femmes libérées. Le dernier signe de cette situation est l’affaire invraisemblable du "mouvement de révolte féminine des banlieues" résumé par le collectif "Ni putes, ni soumises" où aucun commentateur politiquement correct n’a voulu reconnaître la manifestation du refus en bloc des archaïsmes de la condition imposée aux femmes par la tradition musulmane toujours vivace dans le monde ghettoïsé des banlieues !

En somme, si l’on ajoute cet éclatement de la population arabe et africaine en France à la haine communautaire qui oppose, dans notre pays, les Juifs aux Arabes et la sympathie pour le moins mesurée que beaucoup de Français portent aux Arabes qui le leur rendent bien, on est conduit à se dire que la fameuse guerre des races que les prophètes de malheur nous promettent depuis longtemps n’est peut-être pas seulement de la politique-fiction...

Toutes nos félicitations aux politiciens français qui, depuis un demi-siècle, ont sciemment fabriqué cette bombe sociale.

Le Libre Journal
Sommaire - Haut de page