Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 294 du 28 mai 2003 - p. 12
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Ripostons à la chienlit postale !

Après la grève nationale de La Poste, certaines régions ont droit à des "mouvements locaux contre une suppression de poste".

Les agents (la différence entre la lessive et les services publics c’est que, dans la lessive, au moins, il y a des agents actifs...) les agents, donc, parlent de "droit de grève", de "revendications" légitimes (bien sûr) pour les retraites (!).

Il leur arrive même de reconnaître que ces grèves sont une "gêne pour l’usager". On remarque que l’agent des postes continue à parler d’usager alors que la pub de La Poste ne connaît que le client qui, comme on sait, est Roi. Sans préciser de quoi il est le roi...

Les agents ajoutent que La Poste n’avait pas pu mettre en place des centres de tri parallèles...

Les braves ! Ils croient encore nous faire avaler qu’ils ont un quelconque souci du public, comme les enseignants ont le souci des enseignés... Lorsqu’on leur objecte que la rétention du courrier est illégale, ils répondent par une question : attend-t-on un courrier important ?

Comme s’il appartenait aux "agents" de préjuger de l’importance du courrier que La Poste achemine.

Que ce soit une lettre destinée à un particulier, un journal servi par abonnement ou une publicité, tout courrier doit être acheminé en fonction du tarif payé par l’expéditeur.

Mais visiblement, les "agents" s’en tamponnent (à la Poste, bien sûr...). Peu leur importe que les usagers perdent leurs clients pour cause de commandes retardées ou se ruinent en frais bancaires parce qu’un chèque est resté au centre de tri ou soient obligés de réexpédier un journal ou un livre parce qu’il a été perdu, volé ou détruit par un syndicaliste ultra.

Sans avoir la naïveté de croire qu’il changera quoi que ce soit à la généralisation exponentielle de cette chienlit, l’usager (l’usagé ?) a cependant d’autant plus le droit de gueuler que c’est lui qui paie.

Nous payons par l’affranchissement La Poste pour ses services (de plus en plus médiocres et de plus en plus coûteux).

Nous payons par nos impôts un déficit chronique dû à la pléthore d’un personnel souvent incompétent et inefficace.

Nous payons par de lourdes pertes l’incurie de ses "experts" boursiers et les mensonges de ses publicitaires comme viennent de l’éprouver les trois cent mille petits épargnants victimes du scandale "Bénéfic Mars 2000".

Nous payons en somme une prestation dont la mauvaise qualité est la conséquence d’un monopole que nous payons aussi.

Les Français sont de plus en plus nombreux à en avoir vraiment marre de cette chienlit et à se contrefoutre des revendications catégorielles de ronds-de-cuir privilégiés qu’aucune Nuit-du-Quatre-Août ne semble pouvoir rendre à la fameuse Egalité constitutionnelle.

En ce qui concerne La Poste, elle ne remplit plus sa mission de service public depuis longtemps. Les notions du « cachet faisant foi », ou de la distribution du courrier à J+1 ou J+2 nous parlent d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Raffarin et Chirac et compagnie ont voulu le pouvoir. Ils l’ont. Ils sont donc responsables et coupables de la chienlit croissante. Ils n’ont pas voulu, pas pu ou pas su agir vite après le 5 mai 2002, alors qu’un électorat aussi imbécile que lâche leur avait donné tous les pouvoirs.

Le moment est venu pour les cochons de payants de manifester leur mécontentement quand un service payé n’est pas correctement rendu. Ecrivons donc systématiquement pour protester, déposons des réclamations au guichet, demandons des explications pour tout dysfonctionnement (retard, perte, disparition, erreur d’adressage, etc.)

Si ça ne résout pas les problèmes, ça contribuera au moins à restaurer la modestie des agents, voire à entretenir un certain agacement.

Qui sait ? Cela finira même peut être par ouvrir les yeux de quelques-uns ? Et puis, au moins, pendant qu’ils répondent, ils ne peignent pas la girafe...

B. Chassagne
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