Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 295 du 7 juin 2003 - p. 20
C’est a lire
Les soldats juifs de Hitler

Curieux document que ce livre fort bien documenté, et illustré de nombreuses photos...

Un livre de plus sur les soldats du Reich, diront certains. Que non ! Car l’intérêt majeur de cette oeuvre réside non pas dans les personnages évoqués, mais bien dans la réflexion de l’auteur sur la nature de la judaïté et son évolution au cours des âges, ainsi que sur la nature et le statut des "bâtards", les mischlinge, tant sous le IIIe Reich que dans l’actuel Etat d’Israël.

On apprend ainsi qu’au fil du temps la judaïté, primitivement transmise par le père chez les fils d’Abraham, a glissé vers une origine matriarcale, telle qu’elle résulte de la Tanach (bible juive) et surtout du Talmud.

Selon la Halakah (loi rabbinique) n’est juif aujourd’hui que celui qui est né d’une mère juive ou convertie selon les règles (encore que les orthodoxes le contestent). On se souviendra que voici deux ans, le ministre israélien du Tourisme (ultra-orthodoxe) avait obtenu l’annulation des mentions de religion sur les cartes d’identité israéliennes, non pas dans un souci d’apaisement, mais pour que les juifs convertis ou issus de convertis ne puissent utiliser la caution d’Israël pour exciper d’une quelconque judaïté !

Ainsi, on ne devient pas juif, quoi qu’en disent certains, et Serge Klarsfeld vient d’en faire à Jérusalem la cuisante expérience : malgré les "éminents services" rendus à la communauté, malgré la nationalité israélienne qui lui a été octroyée, sa reconnaissance en tant que juif lui a été refusée, sa mère étant goy !

A l’inverse, selon la même Halakah, tout juif le restera, même s’il se convertit un jour. Comme le rappelle le rabbin orthodoxe David Goettlieb : « Juif on est, juif on reste. »

Ceci pour éclairer les lecteurs sur la vraie nature des maranes et leur évolution au cours des siècles !

Il ressort de tout cela que les lois raciales du IIIe Reich étaient infiniment moins restrictives que celles des autorités juives : pour le Reich, en effet, était juif celui qui justifiait de trois aïeux sur quatre de cette origine.

Le livre de Rigg, courageux, est donc tout à fait éclairant. Bien au-delà du rôle des juifs dans l’armée allemande et de l’aryanisation de certains de ses membres prestigieux, comme Heydrich, on retiendra que l’aryanisation, toujours donnée avec l’accord personnel du Führer, prenait d’abord en compte la compétence, le dévouement et l’attachement à la cause de la nation allemande, plus que les appartenances raciales réelles ou supposées à quelque degré que cela soit... L’Etat d’Israël ne peut pas en dire autant !

Juif, Mischling, lois de Nuremberg, exemptions et procédures d’exemption, autant de chapitres qui nous font voyager à travers la vraie vision du judaïsme par Hitler : une conception pragmatique qui oppose les « juifs qui avaient déclaré la guerre au Reich » à ceux qui avaient décidé de le servir, ou du moins de ne pas lui nuire.

Ni négationnisme, ni révisionnisme non plus, un simple constat historique, riche d’enseignements. Comme l’écrit Michael Berenbaum, ancien président de la Fondation pour l’Histoire par l’Image des Survivants de la Shoah, et directeur du Musée américain de l’Holocauste :

« L’auteur connaît à fond son sujet, et il apprend beaucoup, même aux chercheurs les plus compétents. »

Un livre intéressant, donc et très bien documenté, mais qui ne fera certainement pas plaisir à tout le monde !

Saint-Plaix

Bryan M. Rigg, "La tragédie des soldats juifs de Hitler", Editions de Fallois.
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