Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 296 du 19 juin 2003 - pp. 4 à 7
Dernières nouvelles du Marigot
Derrière le chaos social,
le jeu des mafias mondialistes

Lundi 16 juin, les médias ont salué avec insistance, une insistance troublante même, le "succès" de la manifestation parisienne de la "France qui bosse" organisée par les libéraux contre les grèves abusives. A en croire Libération le "peuple de droite" avait réuni trente mille représentants de la "majorité silencieuse" pour défiler au cri de « Les cheminots, au boulot ! », « Stop à la dictature syndicale », « Blondel, à Cuba ! ».

Et la grosse presse de citer complaisamment l’un des organisateurs de ce grand métinge : « On voulait créer un rapport de force, c’est réussi. »

Quitte à paraître complotiste, on se demande si cette mobilisation là n’était pas, justement, le but que visaient les forces apparemment antagonistes qui, depuis des semaines ont livré le pays à un étrange chaos dont les principaux agitateurs sont des groupuscules marxistes d’agents du secteur public que ne concernent en rien les réformes qui motivent l’agitation.

A quoi tient donc ce conflit ?

A une spectaculaire opposition frontale. D’une part, le pouvoir politique se montre résolu à imposer des réformes qu’il affirme indispensables. D’autre part, les gangs marxistes s’activent à durcir et à étendre le mouvement de rejet que, comme toujours, ce projet de changement suscite.

Comment ce conflit a-t-il pris de telles proportions ?

C’est la méthode utilisée par le gouvernement qui en a été le prétexte.

Tout a été fait comme si l’on voulait que les choses tournent au vinaigre entre la France d’en haut et la France d’en bas.

Pas de consultation préalable, des décisions signifiées brutalement, une absence totale d’argumentation et une arrogance ostentatoire dans la détermination, sans cesse répétée, de ne pas discuter, de ne pas reculer.

Même la CFDT, plutôt conciliante, a été traitée en harki comme si l’on voulait la discréditer une fois pour toutes.

Un flicage stalinien qui désespère l’initiative individuelle

Le discours officiel s’est borné à répéter qu’on « ne peut pas faire autrement » et qu’on « ne peut pas attendre », ce qui n’est sans doute pas faux, mais aurait justement mérité un effort de pédagogie au lieu des rodomontades dont ministres et sous-ministres ont fait retentir les tribunes.

Mieux : pour la première fois depuis longtemps la police de Sarkozy a systématiquement et lourdement opposé, aux chiffres des manifestants avancés par les organisations syndicales, les estimations, inférieures de moitié, de ses services.

Enfin, les menaces de réquisition d’enseignants grévistes et de lourdes sanctions disciplinaires contre les irréductibles se sont multipliées. Ce qui est évidemment le meilleur moyen de renforcer la solidarité d’un corps pourtant divisé sur l’opportunité du conflit et ses méthodes.

Par cette accumulation de provocations, le pouvoir a permis à l’extrême gauche, staliniens et trotskistes réconciliés, de s’emparer des leviers de commande du conflit après avoir ridiculisé la prétention des syndicats modérés à poser aux négociateurs en refusant, justement, toute négociation.

En contrepartie, le bloc marxiste, par l’irréalisme de ses revendications et l’extrémisme de ses méthodes qui, elles aussi, relèvent de la provocation, a offert au pouvoir une occasion inespérée de dresser l’opinion contre les « preneurs d’otages ».

Et quand il s’agit de détruire le tissu social français, de briser l’initiative individuelle par une fiscalité confiscatoire, de brider l’expansion économique par une législation du travail aberrante (les trente-cinq heures), de favoriser le parasitisme par l’assistanat généralisé et de désespérer l’entreprise individuelle par un flicage carrément stalinien, bref, de persécuter les élites productives jusqu’à les pousser à l’exil (selon le rapport Poncelet, 46 % de la plus value réalisée en France s’envole à l’étranger) et de combler le déficit démographique volontairement créé par l’avortement en ouvrant les portes à l’immigration sans frein ni contrôle, alors, les deux armées, Celle du mondialisme et celle du marxisme sont encore complices jusqu’au sein même de l’administration où ils entretiennent l’insupportable engeance des fonctionnaires-coucous, des surnuméraires mange-crédits et des saboteurs en manche de lustrine.

Et chacun tient sa partie dans ce trio infernal. L’administration autiste exaspère le citoyen par sa mauvaise volonté bornée et son incurie ruineuse.

La coalition marxiste pousse les agents des services publics à des actions de plus en plus dures, de plus en plus pénalisantes pour les travailleurs du privé.

Et le pouvoir politique dénonce les privilèges des fonctionnaires : sécurité de l’emploi, horaires réduits, avantages sociaux, retraites assurées, conditions de travail, et en stigmatisant l’égoïsme de revendications considérées comme un simple refus de partager le fardeau de la crise.

Même les revenus sont mis en concurrence. Chose facile. Après trois décennies de crise de l’emploi et de l’entreprise, la crainte du chômage ayant pratiquement fait disparaître les grèves revendicatives, les salaires du privé peuvent être comparés aux salaires de la fonction publique qui n’ont cessé d’augmenter au rythme légal : à niveau égal, à travail égal, un fonctionnaire est payé aujourd’hui comme son homologue du privé.

En somme, l’idée que l’on est en train de souffler aux Français est une vieille idée : le pays est au pouvoir d’une caste de privilégiés, de profiteurs, d’accapareurs et d’incapables d’où viennent tous les malheurs et dont il est urgent de se débarrasser. D’ailleurs, ajoute-t-on, jamais les 70 % de jeunes qui, à en croire un sondage publié à son de trompe, aspirent à devenir fonctionnaires ne pourront y parvenir. Ne sont-ils pas fondés, dès lors, à vouloir la fin d’un privilège dont ils sont à jamais écartés ?

Deux France opposées : public contre privé

Ainsi, de même que, voilà deux siècles, la Révolution dite française, sous prétexte de mettre fin aux privilèges, n’hésita pas à génocider l’aristocratie pour confisquer son pouvoir au profit de la bourgeoisie, de même, aujourd’hui, le mondialisme argue de la nullité malfaisante des agents de la fonction publique pour imposer la gestion des affaires françaises par des organismes apatrides.

Pour y parvenir, il faut d’abord faire disparaître une spécificité française, La spécificité française par excellence, si l’on ose écrire : celle de cette caste, justement, organisée, solidaire, puissante, intouchable, enviée et souvent héréditaire (près des deux tiers des enseignants ou des cheminots sont fils d’enseignants ou de cheminots...), la caste des agents de l’Etat, des collectivités et des services, qui, dans l’imaginaire collectif des Français, a créé une entité, une espèce, un type humain, "le fonctionnaire".

La nature de cette caste est unique au monde. Même l’Union soviétique n’en possédait pas de pareille.

Fruit empoisonné du centralisme jacobin, lui-même perversion du mode de gouvernement voulu par nos rois, de Philippe le Bel à Louis XIV, ce système réunit entre les mains de quelques centaines de personnes la totalité des pouvoirs. Pouvoir législatif (les projets de lois sont préparés par les cabinets et d’ailleurs les fonctionnaires fournissent l’immense majorité des élus de tout niveau) ; pourvoir exécutif (agents de l’État, des collectivités locales, policiers et militaires sont des fonctionnaires) ; et pouvoir judiciaire (les magistrats sont des fonctionnaires).

Même le mythique quatrième pouvoir, l’information, est fonctionnarisé comme en témoigne l’ambition affichée par Chirac de financer un « CNN à la française. ». On pourrait d’ailleurs, sans trop exagérer, conclure de la lecture du livre de Péan et Cohen, La Face cachée du "Monde", que ce quotidien marxiste, financé par la publicité des géants du capitalisme planétaire et les abonnements des organismes étatiques et para-étatiques, est une sorte d’administration de l’information. En tout cas, sa complicité est ostensible avec les détenteurs des commandes de la machine administrative dans leur interminable partie de poker-menteur contre la classe politicienne.

Face à cette omnipotence de l’administration, les moyens d’action d’un ministre sont dérisoires.

On l’a vu avec les mésaventures de l’éphémère successeur de Strauss-Kahn, Christian Sauter, éjecté en quelques semaines parce que sa tête ne revenait pas aux inspecteurs des finances, ou de Claude Allègre sacrifié par son ami Jospin sur l’autel du dieu-Mammouth : rien ne résiste à l’invincible caste des Agents Publics.

Elle est au-dessus des politiques, au-dessus des lois parfois, puisqu’il suffit que les cabinets ne soumettent pas à la signature du ministre les décrets d’application pour que disparaisse un texte pourtant dûment voté par le Parlement.

Quel que soit le ministre, c’est l’administration haute ou basse qui règne. Du temps où existait un ministère des rapatriés, un des titulaires, posé là pour quelques mois, avait trouvé la solution pour que soit poussé tel ou tel dossier recommandé : il faisait appel à son "pays", un huissier à chaîne en poste depuis près d’un demi-siècle et à qui les bureaux ne pouvaient rien refuser...

Un tel détournement de pouvoir serait intolérable dans une démocratie. En France, où le monde politique est une mafia, la toute-puissance de l’administration joue en fait un rôle modérateur. Car, sauf exception, les super-privilégiés que sont les hauts fonctionnaires se trouvent, du fait même de leur statut, à l’abri des tentations de la corruption. Leur arrogance les rend peu sensibles aux pressions. Leur inamovibilité leur permet de voir passer sans crainte les ministres les plus excités. Payés à l’ancienneté, ils ne gagnent rien à faire des grâces aux politiques. Assurés qu’ils sont de « toucher la rouge » au bout d’un temps de service à un grade donné, ils s’épargnent les requêtes avilissantes. Enfin, généralement républicains, ils sont les témoins amusés ou indignés de la vanité des manigances des cabinets. Quant au ronds-de-cuir de base, dans le pire des cas il se borne à ne rien faire en attendant que ça passe.

Politiciens véreux et saboteurs gauchistes au service des mafieux mondialistes

Mais du pied au sommet de l’échelle, tous éprouvent pour les anciens collègues passés, comme ils disent, « du corps, aux affaires » une sorte de mépris mêlé d’envie qui n’a rien d’amical.

C’est ce qui donne son caractère unique à la haute administration et, partant, à la pyramide administrative en France : même si elle est par nature à gauche, elle est à peu près préservée de la politichiennerie.

Du coup, les élus sont, du fait des pesanteurs de ce système, de ses réticences, de son intangibilité, de sa passivité, de ses lenteurs, privés de tout pouvoir réel sur les événements.

On ne compte pas les ministres qui n’étaient plus en poste depuis longtemps lorsque a abouti la réforme dont ils s’étaient flattés alors qu’elle avait été élaborée par l’administration des années avant leur passage au ministère.

Cette spécificité est si purement française que le totalitarisme mondialiste, accoutumé à la servitude sans phrase de ses valets, a mis longtemps à la comprendre. Si, à peu près partout sur la planète, le Nouvel Ordre mondial peut obtenir de politiciens à sa main qu’ils forcent leurs administrations à s’incliner devant sa volonté , en France, les élus sont à peu près sans moyens face à la forteresse étatique.

Faute de relais capables d’imposer sa volonté à la fonction publique française, l’Ordre Mondial s’est donc attaché depuis des années à la démanteler.

Avec Mitterrand, personnage emblématique de la corruption stérile, le mondialisme a commencé de réduire les moyens de l’administration par la privatisation rampante que voilait le mensonger slogan du "ni-ni".

Avec Chirac, caricature d’élu local monté en graine, il a entrepris de briser le corporatisme des fonctionnaires par la décentralisation. (qui en outre est un puissant facteur de corruption des élus).

Aujourd’hui, il veut achever cette puissance blessée en la présentant comme l’ennemi du peuple.

Pour cela, la propagande du Nouvel Ordre mondial ne mesure pas sa peine :

- Elle dénonce le coût annuel de la SNCF (68,5 milliards) paralysée par près de deux cent mille jours de grèves provoquées chaque année par les syndicats stalino-trotskistes et recommande, dans un souci charitable des deniers du contribuable, une privatisation rapide : « Quand on sait que partout ou presque les transports ferrés sont privés, que ce sont les compagnies privées qui ont développé les chemins de fer en France (et sur un réseau bien plus important que la peau de chagrin actuelle), on peut se poser des questions... » ;

- Elle affirme que la Poste française, littéralement pourrie par le syndicat ultra-gauchiste Sud-PTT, est quatre fois moins efficace que les postes privées aux Etats-Unis ;

- Elle ne voit que la privatisation comme remède à la paralysie de la vie économique du Grand Paris qu’entraînent les incessantes grèves de la RATP ordonnées par le stalinien pur et dur Olivier Villeret, commissaire politique des 300 gros bras du service d’ordre cégétiste qui encadrent les piquets de grève (illégaux), mènent les opérations dites « coup de poing » et font la loi dans les assemblées générales où l’on dénonce nominalement les non-grévistes ;

- Elle réclame la privatisation d’EDF au motif que son comité d’entreprise est financé par un prélèvement de 1 % sur le chiffre d’affaires (et non le bénéfice), soit près de deux milliards gérés sans partage ni contrôle par la CGT communiste ;

- Elle attaque une fois de plus le Mammouth qui emploie plus de un million et demi de fonctionnaires, dont moins des deux tiers d’enseignants (quarante mille payés sans que quiconque soit en mesure de dire à quoi) pour fabriquer des illettrés, à en croire l’OCDE qui classe la France au dernier rang des pays d’Europe.

Et, bien sûr, la démonstration se conclut par le constat que onze des treize meilleurs lycées parisiens sont des établissements privés...

A terme, la privatisation livrera la richesse française à la finance apatride

Cette chanson plait au "peuple de droite" comme dit Libération, organe officiel de la coalition banco-marxiste. En témoigne, revenons-y, le succès de la manif de la "France qui bosse" dont l’organisateur lui-même avoue : « Avec tout ce monde, on a tapé dans quelque chose qui nous dépasse de très loin. C’est un tournant. À la prochaine grève des syndicats, on sera là. »

En somme, la campagne de haine franco-française (une de plus) qui a motivé le chaos a d’ores et déjà atteint l’un de ses objectifs : pousser les travailleurs du secteur privé et ceux du secteur public à une haine mutuelle qui ne pourra évidemment jamais être d’aucun bénéfice pour la France.

Mais qui est en revanche une arme terrible entre les mains des puissances financières capables de mettre rapidement en place, une fois la machine étatique démantibulée, des structures privées : compagnies de chemin de fer, de distribution postale, de fourniture de gaz et d’électricité, de transport, d’enseignement, et systèmes privés de soins, d’assurances et de retraites.

Un tel système a d’indiscutables avantages et d’incontestables inconvénients. Il peut être défendu ou combattu avec une égale sincérité par des gens aussi honnêtes les uns que les autres.

Mais il ne peut pas être simplement un sujet de débat entre gestionnaires.

Ce qui est en jeu, c’est la survie même la France en tant qu’Etat-Nation.

Le passage du public au privé suppose en effet une mobilisation financière dont aucune structure n’a les moyens à l’échelon national. Il y faudra les formidables réserves financières de la mafia mondialiste qu’apportent les fonds de pension américains.

Etre conscient de l’arrogante insuffisance de la fonction publique française et de la nécessité de délivrer l’initiative privée du carcan administratif n’oblige pas à être aveugle aux machinations de la subversion marxiste et de la mafia politicienne, complices du dépeçage de notre pays pour le seul profit de la finance anonyme et vagabonde.

Serge de Beketch
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