Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 296 du 19 juin 2003 - p. 12
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L’Educ nat’, une machine
à fabriquer des mégots

Puisque l’on veut imposer la normalisation européenne, pourquoi ne pas commencer par l’enseignement ?

Les enseignants français sont les seuls à être recrutés par des concours nationaux. Dans le reste de l’Europe, les enseignants sont recrutés au niveau régional par les chefs d’établissement sur diplômes et certificat d’aptitude pédagogique après un entretien de motivation. Ils peuvent à tout moment être congédiés.

En France, les enseignants ont quatre mois de vacances sans compter les congés intermédiaires en mai et juin. Dans le reste de l’Europe, moitié moins.

En France, dans l’enseignement secondaire les cours s’arrêtent pratiquement début juin sous prétexte de permettre aux élèves de réviser et à l’administration d’organiser matériellement le baccalauréat. En Europe, le contrôle continu oblige les enseignants à travailler jusqu’à la fin de l’année.

En France, on compte un enseignant pour moins de dix lycéens et un enseignant pour moins de douze collégiens. C’est un record mondial.

En France, les surveillants, conseillers principaux d’éducation, conseillers d’orientation psychologues, bibliothécaires documentalistes et aides éducateurs sont généralement tenus à l’écart de l’instruction proprement dite. Les résultats de cette ineptie chez nous sont connus : plus de violence, mauvaise intégration des enfants d’immigrés, et des orientations désastreuses.

En France, le système des professeurs titulaires remplaçants est une incitation à l’absentéisme qu’Allègre avait déjà dénoncée. En Europe, ce sont les professeurs qui, par obligation de service, doivent remplacer leurs collègues absents. Ce qui évite les abus.

Les temps de présence utiles (devant les élèves) sont en France les plus courts du monde : 12 à 18 séquences de 55 minutes, ramenées souvent à 50 minutes pour les enseignants du secondaire.

Si l’on divise les rémunérations annuelles par le nombre d’heures utiles constatées, les salaires horaires sont les plus élevés en France alors que les rémunérations mensuelles se situent en dessous d’autres pays, comme l’Allemagne.

Les personnels IATOS (administratifs, ouvriers et de services), les médecins et infirmières scolaires n’existent qu’en France. En Europe, il est fait appel à des personnels municipaux travaillant sur une année civile ou à des entreprises privées.

Cette spécialité bien française de notre système éducatif coûte plus cher, pour un service moins satisfaisant. L’infirmerie sert chez nous surtout à sécher les cours ou à pousser les élèves à une activité sexuelle précoce en distribuant, hors du contrôle parental, des préservatifs et abortifs.

Le dogmatisme égalitariste transforme de fait des différences innées en inégalités sociales pour la vie. L’enseignement tel qu’il est conçu aujourd’hui déprécie tout ce qui n’est pas scolaire. Il minimise la culture technique et dévalorise l’apprentissage. Il enseigne le mépris du travail manuel, donc de l’ouvrier et de l’artisan. Il produit des idéologues abstraits et des diplômés sans expérience pratique.

Et à quel prix pour la collectivité !

Les dépenses sont devenues si opaques avec la déconcentration que personne n’est en mesure de chiffrer le véritable coût de l’éducation.

Seule certitude : il dépasse cent milliards d’euros ; c’est le double de ce que rapporte l’impôt sur le revenu.

Le système éducatif français, autoproclamé le meilleur au monde, est, en fait, une absurdité économique et un facteur de ségrégation sociale.

Une machine à fabriquer des mégots.

Le Libre Journal
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