Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 296 du 19 juin 2003 - p. 23
Nos pères
Saint Cyprien de Carthage

Cyprien naquit vers 240, d’une famille païenne ; il se convertit en 247 et devint évêque de Carthage en 249 après avoir été rhéteur. Clairvoyance, équilibre, douceur et fermeté, telles sont ses qualités morales saillantes. Les deux persécutions de Dèce et de Valérien posèrent à l’Eglise la douloureuse question des apostats pour lesquels Cyprien prôna la réintégration. Dèce au contraire souhaitait de l’apostasie des chrétiens persécutés leur excommunication. En revanche, il trancha malheureusement en faveur de l’invalidité des baptêmes conférés par les hérétiques. Champion de l’unité, il écrit « Nul ne peut avoir Dieu pour Père, s’il n’a l’Eglise pour mère ». Son livre De l’unité de l’Eglise est le premier livre d’ecclésiologie. Il sut formuler la question du moment : Où est l’Eglise ? Avec lui commence la série des évêques de curie, de style magistral comme les consuls et proconsuls. L’Ecriture Sainte est au coeur de sa théologie. Il tient à ce que la Bible soit constamment entendue, apprise et sue. Il est le premier évêque écrivain d’Occident. Ses lettres sont des chefs d’oeuvres d’exhortation à la patience dans la persécution, mêlées de considérations concrètes et très humaines. Il est décapité le 16 septembre 258.

Lettre de Saint Cyprien au pape Corneille

« Nous avons appris, frère très cher, les témoignages que vous avez donnés de votre foi et de votre courage ; et nous avons accueilli la noblesse de votre confession avec un tel enthousiasme que nous nous considérons comme les associés et les compagnons des louanges que vous méritez. Car nous ne formons qu’une seule Eglise, nos esprits sont unis, notre unanimité est indissoluble ; quel évêque ne se réjouirait donc de la gloire d’un de ses collègues comme d’une gloire qui lui appartient ? Ou quel est le groupe de frères, n’importe où, qui ne serait heureux de la joie de ses frères ? On ne pourrait assez exprimer toute l’allégresse, toute la joie qui a éclaté ici quand nous avons reçu ces bonnes nouvelles de votre courage : que vous avez été le chef de la confession rendue par les frères, mais aussi que la confession des frères a fait ressortir la confession de leur chef. » (Trad. Sources Chrétiennes)

Abbé Guy-Marie
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