Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 297 du 28 juin 2003 - pp. 4 et 5
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Pourquoi la mafia de l’agro-chimie a fait jeter Bové en prison

Sept ans après Toubon, Perben remet l’hélicoptère au service de la justice ; mais quand celui-là s’en servait pour retrouver, dans l’Himalaya, un procureur docile capable de retarder la mise en examen de Xavière Tiberi, celui-ci en use pour envoyer plus vite en prison un arracheur de mauvaises herbes.

Cette façon grotesque et démesurée d’appliquer une décision correctionnelle, alors que des milliers de voyous ethniques, dix fois condamnés, jamais arrêtés, narguent la police dans les territoires occupés au volant de grosses cylindrées payées avec l’argent du crime, ne peut pas s’expliquer, contrairement à ce que soutient Perben, par le souci de faire respecter la justice.

Si le garde des Sceaux voulait vraiment la faire respecter, cette justice depuis longtemps perdue de réputation, il commencerait par purger les tribunaux des saboteurs révolutionnaires du Syndicat de la magistrature et des magistrats-larbins de la France d’en haut ; il mettrait un terme aux décisions politiques ou économiques comme le non-lieu qui vient de conclure le plus grand scandale criminel du siècle : « l’affaire du sang contaminé » ; il ferait bastonner les hauts fonctionnaires incompétents (sinon pire...) au lieu de les planquer, comme Trichet le bien nommé, dans de juteuses sinécures apatrides et il remettrait un peu de bon sens dans la hiérarchie des peines qui, avec la future loi sur la « violence routière », est bouleversée puisqu’un excès de vitesse devient plus grave qu’un viol.

Enfin et surtout, il cesserait de mettre les tribunaux au service de la terreur mondialiste comme c’est le cas avec l’affaire Bové dont le seul objectif est évidemment de dissuader une fois pour toutes paysans et consommateurs de résister aux empoisonneurs que sont les géants de l’agro-alimentaire.

Avec l’entrée des pays de l’est dans l’Europe communautaire, se profile en effet une très grave menace : la mise en coupe réglée de l’agriculture européenne par les géants mondialistes de l’agroalimentaire.

Les pays de l’Est, leur économie et leur industrie ruinées par cinquante ans de communisme, n’ont plus qu’une ressource permettant de financer leur dette et de moderniser leurs infrastructures : leurs surfaces agricoles et la main-d’oeuvre à très bas prix qui y reste attachée.

Depuis l’effondrement du communisme, des centaines de milliers d’hectares de terres de kolkhozes ont donc été cédées avec leurs serfs à des multinationales américaines qui, bénéficiant d’un véritable privilège d’extraterritorialité acquis à coups de millions de dollars versés à des dirigeants mafieux, préparent la submersion du marché européen par leur production transgénique industrialisée.

Il n’est donc évidemment pas question de tolérer que quiconque s’oppose à l’entrée par la grande porte des OGM dans l’économie européenne pour finir dans nos assiettes.

Le ridicule déploiement de forces pour arrêter Bové obéit à la même tactique que la formidable descente de police qui, le 9 octobre 1996 à six heures du matin, envoya partout en France des dizaines de policiers, des centaines de gendarmes, l’armée et des spécialistes du GIGN encagoulés et armés forcer les portes d’une soixantaine de malades utilisateurs et de propagandistes du traitement Beljansky dont le succès croissant mettait en danger le racket de la mafia des laboratoires sur le cancer.

Le parallèle est saisissant si l’on ajoute que, de même que des mercenaires médicaux avaient préparé l’opération anti-Beljanski, de même il s’est trouvé des scientifiques et des médecins pour proclamer que rien ne permet de redouter que les organismes génétiquement modifiés puissent présenter le moindre risque pour la santé publique !

Accessoirement, une agence de relations publiques a lancé avec le ministère de l’agriculture une opération « Champ de maïs génétiquement modifié pour soigner les patients atteints de mucoviscidose ». Le but était évidemment de couvrir du voile de la bienfaisance les productions de la multinationale de l’OGM Meristem Therapeutics, extension de Limagrain, quatrième semencier mondial et fournisseur des groupes Banexi, Sofimac et Sofipar.

Derrière le jargon scientifique, le truc publicitaire du « traitement de la mucoviscidose », en utilisant la médiatisation de cette maladie génétique par la télévision, a fait dégringoler la cote de popularité de Bové assimilé à un sans-coeur défendant son corporatisme de paysan arriéré au mépris de l’espérance des petits malades.

C’est un coup du même genre qui a été utilisé par les industriels de l’élevage dont les productions sont en train de tuer la Bretagne.

Le piège de la politique agricole commune

Un certain L’Hirondel, paré du titre impressionnant de professeur au CHU de Caen, a publié un livre au titre pour le moins provocateur : Les nitrates et l’homme, le mythe de leur toxicité.

A en croire le savant, les nitrates libérés par les déjections animales (essentiellement porcines et aviaires) ne présentent, contrairement à ce que tout le monde croit et répète, aucun danger pour la santé et n’ont aucun effet carcinogène. C’est tout juste si les nitrites présentent, eux, un risque mais seulement pour le nourrisson de moins de six mois.

Par conséquent, conclut le savant, la législation internationale limitant la teneur en nitrates des eaux et des aliments, justifiée par le principe de précaution, n’est plus adaptée.

Refusé par les éditeurs scientifiques, cet ouvrage de propagande, écrit par un médecin dont on peut penser que la spécialité (il est rhumatologue) est assez éloignée du sujet traité, a été publié par les éditions de l’Institut de l’environnement.

Sous cette appellation d’allure très officielle, qui joue évidemment sur la confusion avec l’Institut français de l’environnement, se cache un machin associatif de circonstance contrôlé par les poids lourds de l’agro-alimentaire (Doux, Roi du Poulet, Gourvennec S.A., Bernard Salaison, Calvados Gilbert, Cecab, Coopérative de Ploudaniel, Besnier Fromager, Triballat, La Surgélation bretonne) et présidé par Christian Buson, directeur du Groupement d’étude des sols, entreprise privée, comme son nom ne le laisse pas deviner, qui fournit les industriels en question.

Buson soutient mordicus que le sol est un filtre largement suffisant pour le lisier.

Le livre de L’Hirondel a en outre bénéficié de l’aide du puissant groupement d’éleveurs porcins COOPERL qui l’a imposé au Conseil départemental d’hygiène du département d’Ille-et-Vilaine, chargé d’émettre un avis sur chaque demande d’autorisation d’élevage porcin.

Saisi par une association de pêcheurs, le Conseil supérieur d’hygiène publique de France a publié un rapport dénonçant le caractère non scientifique de ce travail et réaffirmant la nécessité du maintien des normes en vigueur.

Mais ce rapport a été censuré !

Si les tenants d’un productivisme outrancier ont tant besoin du soutien de la faculté et de la justice c’est que les résultats sur le terrain ne sont pas aussi bons qu’on voudrait le faire croire.

Plus de 50 % des spécialités phytosanitaires répertoriées et étudiées par Bruxelles ont été ou vont être retirées du marché pour cause de toxicité, à commencer par l’atrazine, ce désherbant miracle du maïs qui pollue de façon irréversible les nappes phréatiques (il reste si concentré au long de la chaîne alimentaire qu’on en a retrouvé à des doses significatives dans les oeufs des manchots de Terre Adélie !), déjà interdit depuis juillet 2002.

Mais on mesure la puissance du lobby de l’agro-chimie au fait que l’interdiction a été reportée d’un an, le temps d’écouler les stocks (en empoisonnant quelques millions de chaînons alimentaires de plus).

Autre souci pour les pollueurs agricoles : la démocratie locale.

Bien entendu, les tribunaux administratifs se sont empressés de voler au secours de l’administration préfectorale complice des pollueurs pour déclarer illicites les référendums et arrêtés municipaux interdisant les plantations d’OGM.

Mais il leur est beaucoup plus difficile d’aller contre des décisions imposées aux maires par les catastrophes naturelles. En Alsace, par exemple, le maire de Michelbach-le-Bas, un village alsacien de 800 habitants, a décidé d’interdire la culture du maïs à moins de 500 mètres d’une construction, après des coulées de boue qui, pour la troisième fois en douze ans, ont noyé les caves le 28 mai 2003. Frédéric Striby, ancien député européen villiériste, vice-président du conseil général, reconnaît que son arrêté « symbolique et provoquant » revient quasiment à interdire le maïs sur la commune.

Et il explique : « Le maïs est un fléau. En cas de grosses pluies, le ruissellement ravine entièrement le terrain et emporte la boue en aval. (...) Partout où vous avez du maïs, vous avez des traînées de boue. Là où il y a du blé, ça n’a pas bougé » Avant de conclure, prévoyant l’annulation de son arrêté par le Préfet : « le véritable problème vient de Bruxelles. Si le blé était mieux payé, les cultivateurs feraient du blé ».

La FNSEA est, bien sûr, immédiatement montée au créneau.

Elle n’est pas sortie de l’auberge : la réforme de la PAC, demandée par tous, va en effet conduire à proportionner les subventions aux surfaces cultivées et non plus aux tonnages produits. Il faudra ensuite diviser le gâteau en 25 et non plus en 15, ce qui conduira tôt ou tard à la fin des subventions agricoles, seule façon de responsabiliser les agriculteurs et de réduire la production pléthorique de l’Europe occidentale que va gonfler encore l’afflux des produits de nos nouveaux partenaires de l’est...

Ce sera aussi l’encouragement le plus efficace à une production de qualité et donc, par la promotion de l’agriculture biologique, le moyen de sauver du génocide les rares exploitations traditionnelles survivantes.

Là aussi, on comprend la mobilisation des tribunaux : quel cauchemar pour les fabricants de mal-bouffe que de voir resurgir la concurrence de produits goûteux issus de variétés anciennes, disparues, croyait-on, depuis longtemps grâce aux variétés « améliorées » !

Après un demi-siècle de « calibrage », les productivistes horrifiés voient les consommateurs se ruer sur des tomates qui ne sont plus des boules de billard, des pommes qui n’ont plus l’air ripolinées et des abricots qui n’ont plus la rotondité de balles de golf !

Même la farine industrielle est délaissée : le pain artisanal bien fait revient à l’honneur.

On espérait tellement, chez les céréaliers, qu’on en aurait oublié jusqu’au goût !

Reste que c’est à Bruxelles que la bataille va se gagner ou se perdre.

Et franchement, quand on sait que la France y sera défendue par Chirac flanqué de Bachelot et de son « développement durable », on se dit que rien n’est gagné...

Saint-Plaix
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