Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 297 du 28 juin 2003 - p. 12
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Un yakusa finance l’OMS !

Il faut au Japon impérial une victoire. C’est bien sûr une question d’honneur pour la nation des samouraï. C’est aussi une affaire d’affaires, de celles qui rapportent de l’argent au pays du yen en crise. La première étape a été franchie quand un Japonais est devenu directeur général de l’OMS, ce machin réputé veiller à la bonne santé des humains. Aussitôt, une fondation japonaise est venue financer l’Organisation Mondiale de la Santé, afin de lui assurer les moyens du succès. En fait, cet argent sert à payer d’innombrables salaires, garanties de servilité par l’appétit qu’ils exercent sur tous les demi-soldes des services de santé publique.

Un ministre par nature éphémère peut espérer de devenir un jour un expert à vie.

Si l’argent n’a plus d’odeur depuis un décret de Vespasien, c’est à l’OMS que cette loi s’applique, car les finances japonaises qui alimentent cet organisme sont celles d’un magnat de la nuit, un certain Sasakawa.

Ryoichi Sasakawa, ancien criminel de guerre protégé par les services US en 1945 fut un yakusa, un membre de la sinistre mafia japonaise qui, dans les années soixante, lava ses revenus colossaux et s’acheta une respectabilité en multipliant les fondations caritatives. Toutes s’impliquaient dans des campagnes humanitaires dans les pays du Sud.

Cette jolie fortune avait été accumulée lors du pillage de la Chine puis aux dépens des soldes des armées d’occupation, après et autour d’autres profits, et elle doit servir désormais à la gloire du chrysanthème impérial.

Il faut donc à l’OMS des Japonais une victoire qui soulève l’enthousiasme.

On a choisi que la lèpre serait vaincue, réduite à quia au dessous du seuil d’élimination : moins de 1 cas pour 10 000 habitants. Qu’on déclare la guerre au bacille de Hansen ne peut que réjouir tout homme de coeur. L’épouvantable maladie n’apporte que souffrances et misère. Il existe depuis les années 1980 un traitement par une association d’antibiotiques et il fait merveille à condition d’être pris très régulièrement pendant 6 à 18 mois, selon les formes de la maladie. Pour autant une victoire totale et définitive sur la lèpre est-elle possible aujourd’hui ? Sur le papier rien n’est plus simple : il suffit de fermer les registres, de cesser d’y inscrire de nouveaux cas et de rayer les anciens.

Et, pour cela, de mettre un terme au dépistage qui est en effet le grand labeur de cette médecine. Un porteur du bacille peut être contagieux pendant de longues années, sans rien manifester aujourd’hui. Il faut donc examiner plusieurs fois la même personne dans les zones d’endémie pour être tout à fait rassuré. Chaque fois qu’on découvre un malade, il faut le suivre jusqu’à la guérison. La somme de dévouement, de délicatesse et de compétence que réclame ces soins est énorme. Car le lépreux reste, eu égard aux coutumes des pays les plus concernés, un paria, vite expulsé voire assassiné.

En parlant de "l’élimination", les Japonais jouent sur un registre très déplaisant. D’autant plus désagréable que leur histoire est faite de l’enfermement et de la stérilisation des lépreux. Il est certes flatteur pour un pays d’annoncer qu’il est descendu sous le seuil d’élimination. Mais il n’est pas interdit de rappeler que ce fameux seuil laisserait en France six mille lépreux... un chiffre absurde qui ne désarmerait certainement pas notre médecine et que les médias auraient du mal à considérer comme une victoire totale et définitive.

Les chrétiens sont par grâce les protecteurs des lépreux. Depuis Jésus Lui-même qui guérit le plus célèbre des mendiants du Temple de Jérusalem, jusqu’à l’Ordre de Malte, saint François, saint Vincent de Paul et de nos jours Raoul Follereau. Plus que jamais, les lépreux, les enfants lépreux, ont besoin d’eux. Car chaque minute qui passe découvre un nouveau cas, toutes les dix minutes, c’est un enfant dont on découvre la lèpre.

Et tout l’or du trust Sasakawa blanchi par l’OMS ne pourra acheter l’amour qu’il faut à ces innombrables Filles de la Charité et aux autres Missionnaires pour guérir les lépreux.

« Si vous ne donnez pas par amour, alors ne donnez rien », avertissait Raoul Follereau.

Le Libre Journal
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