Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 297 du 28 juin 2003 - p. 14
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Le bluff du clonage

Le mulet, être hybride (fruit d’un âne et d’une jument), est toujours stérile.

Pourtant Idaho Gem est le « descendant » d’un mulet célèbre, champion de courses.

Son propriétaire, businessman américain, a financé sur cinq ans un programme de recherches visant à constituer par clonage « des lignées de sang », énorme marché potentiel dans le monde du turf puisqu’il permettrait de « reproduire » des champions castrés !

Idaho Gem, « clone de mulet », n’a donc été élaboré que dans un but lucratif... ce qui donne à réfléchir sur les motivations réelles du clonage, des manipulations génétiques et des OGMs, armes de chantage alimentaire par le biais des semences stériles brevetées (gènes Killer ou Terminator) aux mains des multinationales américaines.

Le clonage vrai est une reproduction à l’identique à partir d’un seul individu. Courant chez les végétaux (bouturage, marcottage, séparation de cayeux, etc.), cela n’avait jamais été tenté chez les mammifères avant Dolly. Ce premier essai de clone vrai, issu d’un ovule énucléé d’une brebis « fécondé » par un de ses propres noyaux somatiques, s’est soldé par un échec : atteinte de vieillissement précoce, la brebis a dû être euthanasiée à cinq ans !

Le cas d’Idaho Gem est différent : l’équipe Wood, White et Vanderwall a utilisé des juments porteuses dont on aurait « fécondé artificiellement » un ovule énucléé par un noyau somatique du mulet « père »...

En théorie, car le tissu « paternel » proviendrait en fait d’une « culture foetale » entamée en 1998 !

Idaho Gem n’est donc pas un clone vrai !

La théorie chromosomique de l’hérédité tient en effet que l’ensemble des caractères spécifiques sont contenus dans l’ADN des chromosomes présents dans le noyau cellulaire.

On peut se demander ce qui amène un ovule ainsi « fécondé » à se diviser, s’il ne porte pas certains caractères propres de division, extérieurs à son noyau : en effet, bien qu’énucléé et doté d’une garniture chromosomique somatique, il entreprend spontanément le processus des divisions embryonnaires ; inversement, une implantation nucléaire somatique dans une cellule somatique énucléée n’entamera pas ce processus... sauf en cas de cancer ! La voie de recherche aurait d’ailleurs été intéressante et aurait pu conduire, par l’étude de ces divisions anarchiques, à une nouvelle voie de guérison.

Mais on a préféré évoquer l’ADN mitochondrial (contenu dans les organites cytoplasmiques appelés mitochondries) pour ne pas revenir sur la théorie chromosomique de l’hérédité.

Idaho Gem aurait donc reçu par l’intermédiaire de l’ovule de sa « jument mère » une dose d’ADN mitochondrial ovulaire, donc extérieur à sa garniture chromosomique d’origine « paternelle ». Quant à l’ovule d’origine de la culture foetale « père », on en ignore la provenance : s’il ne provient pas de « la mère » du poulain, on a alors deux ajouts successifs distincts d’ADN mitochondrial, extérieurs au « patrimoine génétique parent » du pseudo-clone !

On serait alors en présence de trois ADN d’origine différente, soit une de plus que dans une fécondation normale. Cela n’a donc plus rien à voir avec un clone. Cela relève de la tératogenèse...

Pour autant, cette expérimentation n’a pas été inutile. Elle met en évidence les limites d’une conception trop simpliste de l’hérédité et de la nature des caractères transmis propres aux espèces comme aux individus.

Ainsi, chez les bovins, les clones viables prouvent que la reproduction à l’identique des taches du pelage n’était jamais réalisée !!!

Que dire alors des caractères physiologiques non détectables à la vue ?

Ainsi, certains caractères n’apparaissent ni « acquis » ni « transmis ».

A la vérité les chercheurs se piègent eux-mêmes et se contredisent dans l’application de leurs propres théories.

Reste que l’homme, dans sa singerie du Créateur, a assemblé du matériel génétique. Il a produit une nouvelle sorte de chimères.

Pour quel devenir ?

Claude Timmerman
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