Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 297 du 28 juin 2003 - p. 22
Cinéma
"Monsieur N"

Qui était ce "Monsieur Abeille" décédé en Louisiane laissant une jeune veuve de Sainte-Hélène et une jolie gamine très brune... très corse prénommée Laetitia ? Où est passée la dépouille mortelle de Cipriani mort à Sainte-Hélène au service de l’empereur exilé et dont il s’est beaucoup dit qu’il était un frère adultérin de l’Aigle ? Qui repose sous le dôme des Invalides ? Courrez voir "Monsieur N" et vous... n’aurez aucune réponse !

Antoine de Caunes ne s’affiche pas en Decaux. Il ne se veut pas historien mais cinéaste-romancier. Les deux heures de pellicule passent comme au galop.

L’intérêt du film c’est la narration au jour le jour de la triste vie à Longwood où Napoléon, entouré de quelques fidèles (dont Ali faux Mamelouk, en réalité Louis Etienne Saint-Denis...), avait reconstitué une vie de cour avec ses mesquineries et ses intrigues. Le 5 mai 1821, à 51 ans, le général Bonaparte meurt. Dix-neuf ans plus tard Louis-Philippe fait venir en France les restes de l’Empereur Napoléon Ier. Les premières interrogations sur l’identité du "revenant" se font jour...

Antoine de Caunes signe un très beau livre d’images soutenues par une élégante musique composée pour cette oeuvre. La maîtrise de la caméra et du montage est exemplaire. Tout cela a été tourné en Afrique du Sud où l’île sinistre a été reconstituée minutieusement.

Philippe Torreton est... impérial ! Il ne porte qu’une fois la main à son gilet... Il y a un cousinage entre Raymond Pellegrin (le Napoléon de Sacha Guitry) et lui... Ce n’est pas un mince compliment !

Richard E. Grant est un Hudson Lowe convaincant. Le reste de la distribution est équilibré.

"Monsieur N" représente la France au festival de Berlin. Derrière la caméra Antoine... de Caunes nettement moins que devant !

Olmetta
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