Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 297 du 28 juin 2003 - p. 22
Vidéo
"Stupeur et tremblements"

L’incisif roman d’Amélie Nothomb était un bonheur de lecture en apparence inadaptable pour le cinématographe. Alain Corneau en a tiré un film formidable. Le talentueux réalisateur touche à tous les genres avec bonheur. Souvenons-nous, entre autres, de "Police Python 357" et de "Tous les matins du monde".

Une jeune fille belge, née au Japon, se fait engager en qualité de traductrice dans une grande entreprise nippone. Amélie qui croyait bien connaître la vie au pays du soleil levant déchante très vite. De brimades en rebuffades elle dégringole, trahie par ses collègues, jusqu’à se retrouver "dame-pipi" de sa société. L’histoire romancée en explique plus sur les us dans le monde du travail chez le Mikado qu’une savante exégèse sur le sujet. Certes il n’y a plus de races... Mais tous les cerveaux humains ne fonctionnent pas pareillement à travers notre planète.

Corneau a réussi, dans le huis-clos des bureaux, a créer un vrai suspense. L’humour est très présent.

Amateur de musique baroque, le réalisateur soutient l’action par une musique de Bach. C’est très réussi. Tous les acteurs japonais sont épatants. La jeune fille est jouée par Sylvie Testud. Visage de Pierrot, oeil rond, pas franchement jolie, elle est très attachante... Courageusement elle s’est mise au japonais car tout le film est dialogué dans cette langue. Les sous-titres sont limpides. C’est une oeuvre qui ne peut en aucun cas être doublée. La sonorité de la langue participe totalement de l’action.

Settee Potatoe
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