Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 298 du 9 juillet 2003 - p. 7
C’est à lire
par Eric Arzel
"Fils de la veuve"

Etonnant livre que celui de ce familier des loges qui écrit à la lumière de la foi catholique la plus claire : l’auteur accumule l’érudition sans rien perdre de son fil conducteur. Universitaire, Jean-Claude Lozac’hmeur sait qu’il faut étudier les sources, les comparer et les reprendre encore. Il est donc allé chez les francs-maçons eux mêmes trouver les affirmations qui trahissent leurs intentions. L’orgueil de l’initié porte en lui sa propre perte, tôt ou tard, il veut affirmer sa supériorité et son mépris ; alors, il parle, il écrit, il publie. Lozac’hmeur guette ses aveux et mesure la part de vantardise imbécile et celle de l’inspiration venue d’ailleurs.

Ce livre reprend des travaux déjà publiés par l’auteur, qu’il complète et amplifie. Peu à peu se dresse sous les yeux du lecteur une construction multimillénaire, vieille comme le premier mensonge du serpent du péché originel. A travers les légendes et les folklores des cultures les plus éloignées, des thèmes s’installent et forment une doctrine, toute armée de haine et de revanche. La Sainte Trinité est moquée et travestie par un Satan qui n’a plus que la colère pour survivre. Un à un, Lozac’hmeur décrypte les mots et les symboles par lesquels se définissent les francs-maçons : Fils de la veuve, pyramide tronquée, oeil solitaire, serpent éternel. La secte est découverte comme une contre Eglise, toute dévouée à ses rites et à ses batailles. Voilà des francs-maçons bien dévoués à leurs idées et à leurs passions.

On en oublierait que les loges sont pour beaucoup le marchepied des ambitions, la clef des marchés publics et des carrières, le premier pas vers les décorations, les postes et les avantages. Ces sociétés secrètes apportent à la démocratie le remède à son incapacité, par l’autorité de leurs chefs, elles font marcher cette fonction publique obèse où les combats de corps ont pris la place du bien commun. L’Etat et le Parlement ont un besoin vital de cette énergie et de cette vision des loges pour exister un peu. L’entreprise est d’ailleurs moins efficace, avec les scandales qu’il faut étouffer plus ou moins mal. La corruption des hauts grades est désormais étendue à des couches de plus en plus larges de la société. Le sens du devoir qui faisait la fierté des chefs de gare, des receveurs des postes et des études de notaire se fait rare dans les cavernes de voleurs.

Lozac’hmeur n’ignore rien de cette médiocre cuisine qui empoisonne le pays. Avec beaucoup d’à propos, il oppose les mythes sataniques au récit inspiré de la Sainte Ecriture. Les Psaumes et les Cantiques peuvent encore lui apporter des descriptions saisissantes des tribus de l’enfer. Les Evangiles ne manquent pas de dessiner des portraits fidèles de celui qui est « menteur et assassin depuis le début », qui promet les royaumes et ne pourra rien donner... Il serait utile aussi d’aller chercher les fausses révélations, où la Sainte Vierge est caricaturée, avec les mots d’ordre occultistes qui trahissent le démon. La haine anticléricale ne s’explique-t-elle en fait que parce que la prière du prêtre est celle de ce Bréviaire où les exorcismes abondent dans les versets des Psaumes, hélas amputés par le néfaste Paul VI. Les opinions intellectuelles de la maçonnerie conduisent à des crimes immensément plus nombreux que quelques meurtres en loge. Alors que la culture des cellules souches apportent tout ce dont a besoin la médecine, on veut faire naître des bébés pour les tuer à petit feu, on tient à répandre l’hécatombe de l’avortement. Il y a là plus que des crimes, ce sont des blasphèmes. Ils commencent par des imitations de la conception virginale du Christ et de la procession des Personnes dans la vie trinitaire. Ils terminent dans l’infanticide, marque indélébile de la révolte de Lucifer contre Dieu qui veut être appelé « Père ».

Ceux qui croient satisfaire une curiosité ou faciliter une carrière par un tour en loge devraient savoir de quelles idoles cannibales ils sont les sacristains.


« Fils de la veuve », par Jean-Claude Lozac’hmeur, Editions de Chiré, 287 pp, 21 neuros.
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