Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 298 du 9 juillet 2003 - p. 15
Traditions
par Michel de L’Hyerres
Pourquoi deux pèlerinages ? (II)

De retour, le 17 juin dernier, de mon entretien avec Alain Brossier, directeur des pèlerins à Pèlerinages de Chrétienté, peu avant de descendre à la station de métro "Nationale", j’observe à côté de moi une jeune musulmane vêtue d’une longue tunique, sérieuse, la tête couverte de deux voiles superposés, accompagnée d’un soupirant (?) sage et respectueux... A la sortie, je me trouve, en pleine rue, nez à nez avec un jeune couple blanc qui s’embrasse "à bouche que veux-tu" !

Je suis encore aujourd’hui saisi par ce contraste qui illustre le climat de deux civilisations : la musulmane en plein essor par son austérité farouche... et la nôtre en décadence accélérée par son relâchement et sa luxure illustrés le 28 juin par le cloaque nauséabond de la "marche" à Paris des « fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans » conduite par le maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ex-ministre de la Culture et de l’Education nationale Jack Lang, l’ex-Premier ministre Laurent Fabius, la Verte mûrissante Dominique Voynet, ex-ministre de l’Environnement, et enfin le secrétaire national de l’UMP, Jean-Luc Romero, ce fleuve tonitruant et scandaleux de six cent mille damnés irriguant de ses blasphèmes Paris, nouvelle Babylone, capitale de celle qui fut la "Fille aînée de l’Eglise" !

Alors que nos pèlerinages traditionnels réunis, trente fois moins nombreux, se déroulent en pleine campagne, sur le saint parcours Notre-Dame-Cathédrale de Chartres, la coulée de boue "Intersexuelle" se meut dans une étrange mais significative symbolique : tournant le dos au chemin historique de Rome (RN 7) passant par la place d’Italie, point de départ de la "manif", pour s’achever devant la statue géante de la République sur la place du même nom, conduite par son haut clergé luciférien, elle fait penser très fort au joueur de flûte des contes de Grimm qui entraîna tous les enfants de Hameln à la mort dans les eaux du Rhin...

Quelle mort ? Celle causée par là ruine morale et les maladies qui vont faucher en trente ans au plus ces disgraciés privés par stérilité de toute descendance... d’où leur souci de s’en créer une artificielle, par adoption, et de propager ainsi leur venin !

Nous sommes placés là devant une logique de mort, but réel de là République « intrinsèquement perverse », phase ultime de la Révolution !

Alain Brossier, tout à fait conscient du péril, tel le pêcheur de l’Evangile qui tire ses filets, entend un jour avec ses amis retourner la société tout entière pour la remettre d’aplomb... C’est dire le gigantesque défi lancé par les organisateurs laïques de Pèlerinages de Chrétienté qui n’a d’égal que celui de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint Pie X : « Le Pèlerinage de Tradition ».

Mais il considère, par réalisme, la montée islamique qui se développe au fur et à mesure de l’effondrement de la République ruinée à la fois par l’extinction des "Lumières" et la dissolution programmée de la population française : celle-ci, une fois détruite, le petit reste de Français blancs et chrétiens se verra dangereusement confronté aux masses musulmanes manipulées par leurs imams d’où, au cours de notre conversation, ma suggestion de fonder des villages catholiques de montagne, fortifiés et auto-suffisants, projet qu’il admet "complémentaire" à son action.

Et, pour complaire à Benjamin Guillemaind, mise en oeuvre parfaite du "principe de subsidiarité".

Venons-en maintenant au désir parfois évoqué de réunification des deux pèlerinages : plus je considère le problème et plus je trouve préférable le statu quo, de l’avis même de Bernard Antony. En effet, soyons clairs, l’église conciliaire, fondamentalement hostile à la messe tridentine et à la Tradition, n’accepte le Pèlerinage de Chrétienté que pour contrarier la croissance de la Fraternité Saint Pie X dont elle à juré là mort.

Aussi considérons pour conclure l’heureuse existence déjà évoquée (LLJ n° 296) du chapitre des Martyrs de septembre commun aux deux pèlerinages qui honore et commémore les cent-quatre-vingt-onze bienheureuses victimes des massacres de 1792. Et qui touche de près notre chère église Saint-Nicolas-du-Chardonnet puisque Jean-Marie Gros, son curé, périt en cette circonstance en compagnie de soixante-quinze confrères, au séminaire Saint-Firmin tout proche dont le bureau de poste du n° 2 de la rue des Ecoles donne une idée de l’emplacement.

Or, chaque année, lorsque les deux pèlerinages se croisent sur la route de Chartres, le sang des "martyrs de septembre" saintement commué en vin rouge bien de chez nous par la sainteté de Jean Nouyrigat, puis maintenant par ses successeurs, arrose dans la joie et l’amitié l’agape commune.

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