Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 298 du 9 juillet 2003 - p. 16
Stratégie
Le "Croisé" Bush n’a pas fait voeu de pauvreté...

Les bonnes gens qui croient encore que la deuxième guerre d’Irak était une croisade des démocraties contre la dictature de Saddam Hussein complice du terrorisme arabo-islamique pourraient êtres intéressés de savoir ce qu’est exactement le groupe Carlyle, principal bénéficiaire des contrats de guerre puis de reconstruction, de maintenance et de fourniture liés à la "normalisation démocratique" de l’Irak.

Le Carlyle Group était dirigé jusqu’au mois de janvier par Franck Carlucci, ancien boss de la CIA et ancien Secrétaire d’Etat à la Défense de Reagan.

Il emploie ou a employé, au titre de conseiller permanent ou occasionnel l’actuel président des Etats-Unis, son père, Georges senior, ancien président des Etats-Unis, son ancien secrétaire d’état James Baker, John Major, ancien Premier ministre de Grande-Bretagne, Henri Martre ancien président de Matra Aérospatiale et une dizaine d’anciens chefs d’états ou de gouvernements du monde entier.

Il compte, parmi ses principaux actionnaires la famille Ben Laden qui, propriétaire de deux millions de dollars d’actions du groupe, siégeait au conseil d’administration mais a été prié de se faire plus discrète depuis le 11 septembre.

Son chiffre d’affaires avoisine les quinze milliards d’euros dans les industries d’armement, la télécommunication, l’industrie pharmaceutique représentant près de deux-cents sociétés dans 55 pays.

En France, au mois de juillet 1999, le Carlyle group devint propriétaire de 40 % du holding financier du Figaro ce qui incita Chirac à demander à son ami serge Dassault d’entrer dans le capital de la Socpresse à laquelle Carlyle fut poliment mais fermement prié de céder ses parts...

Pour autant, Carlyle n’abandonna pas l’information et réinvestit son capital dans le groupe Aprovia, (L’Express, Le Point, L’Expansion, Usine Nouvelle, Industries et Techniques plus les éditeurs scolaires Larousse, Robert, Dalloz, Nathan, Bordas, plus les Presses de la Cite, Laffont et Plon plus un quasi- monopole de l’information des collectivités locales).

Par ses activités dans le domaine de l’armement Carlyle un des plus importants fournisseurs du Pentagone dont les commandes représentent la quasi-totalité des ventes de United Defense Industries dont le groupe Carlyle contrôle 54 % du capital.

Tout cela ne serait que banalités dans le monde des affaires et du mondialisme n’étaient pas deux anecdotes tout de même hors du commun.

Un des principaux inculpés du scandale de la BCCI (12 milliards de dollars de banqueroute) est Khalid Bin Mahfouz, considéré comme un proche lieutenant de Ben laden et qui était actionnaire de Harken, la société que présidait W. Bush...

En juin 1990, à la veille de l’opération Desert Storm, W. Bush liquidait sa participation dans Harken et ramassait sa mise de près de 1,85 million de dollars. Une semaine plus tard, Harken annonçait une perte de 23 millions de dollars.

N’étant pas coté en bourse, le groupe Carlyle refuse de communiquer à la commission américaine chargée de veiller à la régularité des opérations boursières, le nom des associés et actionnaires. On sait cependant que l’on des plus gros est Bush père. Lequel gagne de l’argent chaque fois que l’administration Bush fils passe une commande à Carlyle.

Comme quoi la défense des idéaux démocratiques peut aussi être une forme de business...

Le Libre Journal
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