Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 298 du 9 juillet 2003 - p. 18
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Libérez Louis de Bourbon !

La Grand Chancellerie de la Légion d’Honneur a "toussé" : lors d’un récent bal payant intitulé "le Bal Louis XIV", Louis-Alphonse de Bourbon, venu tout exprès d’Espagne, avait arboré des ordres bien jolis mais non conformes aux règles françaises...

Le Chef de la Maison d’Orléans a tonné, lui : Charles-Philippe, Comte d’Evreux, neveu de S.A.R. Mgr le Comte de Paris, avait accepté la charge fantaisiste de grand-maître pour la France de l’Ordre de la Reine Anne de Kiev.

Qui donc conseille aussi mal ces jeunes gens ? Quelles sont ces très grises éminences qui se servent des princes sous couvert de les servir ? Pour Louis XX, c’est le Duc de Bauffremont, Prince, Duc et Pair, cousin du Roi, etc. Il s’est approprié les fils et petits-fils du feu Duc de Ségovie. Pour le comte d’Evreux, le mentor est le capricant Jacques-Henri Auclair, inventif créateur de l’Unité Capétienne que les méchants ont surnommée la foire du Trône...

Chacun enferme "son" prince dans un isolement néfaste.

Monarchiste ou royaliste (rayer la mention qui décoiffe), peu me chaut. Ce que je veux pour mon cher pays, pour terrasser la Gueuse qui vampirise la France, c’est un roi ou un monarque.

Un chef en tout cas. La cause d’abord, l’homme ensuite.

Rétablissons le système, le "couronnement" viendra après.

Mais pour aider et soutenir le Prince, encore faudrait-il pouvoir l’aborder, "l’aviser" comme disait le paysan d’Ars, connaître ses voeux, l’informer des réalités.

Or Louis-Alphonse de Bourbon est, à l’évidence, "chambré" par une cour bien basse. Vieux dindons et pintades fatiguées.

Le Roi, pourtant, n’appartient à personne et se doit à tous.

Il y a peu encore sa grand-mère maternelle, Madame la Duchesse de Franco, et son grand-père Cristobal marquis de Villaverde, chez qui il vivait agréablement depuis le décès de son père le Duc d’Anjou, se dépensaient pour que les Français de passage à Madrid puissent rencontrer Louis. Certes, le très jeune prince renâclait parfois à l’idée de différer une partie de tennis pour recevoir quelques Gaulois, mais au moins était-il visible et acceptait de bonne grâce la conversation de ses visiteurs.

Curieusement, en France, il est coupé de ses adeptes.

Dès que le Prince pose le pied à Roissy, le voilà étouffé par les édredons de soie de Monsieur de Bauffremont, qui l’ensevelit sous les mondanités inutiles, l’accable d’honneurs de pacotille et le traîne de pince-fesses fatigants en dîners trop lourds.

Le charisme de feu Alphonse de Bourbon faisait sans peine éclater ces barrières et ramenait la "courette" à sa minuscule dimension. Louis-Alphonse, lui, du haut de son immense taille, semble laisser tomber sur cette molle agitation un regard plein de lassitude... de résignation ? d’indifférence ?

Les vieux courtisans, virtuoses de la polka des dentiers, clapotent pour empêcher toute communication. Les postillons font diligence. Le Prince est leur "chose"... Ils sont donc "quelque chose" ces "petites-choses" et aristos de raccroc. Ils brillent comme la Lune... du seul reflet du soleil princier.

"Dieu a besoin des hommes", dit-on... A fortiori, les princes !

Mais pas de n’importe quels hommes. Certains entourages rendraient révolutionnaire le plus rassis des légitimistes.

Bauffremont et sa suite vont-ils détruire jusqu’au dernier vestige du formidable travail accompli en vingt ans par des défenseurs voués à la seule Cause, mais à la Cause toute entière, comme notre ami Daniel Hamiche, qui travaillent sans attente d’autre gain que l’humble satisfaction du devoir accompli sous le regard de la Providence ?

Désintéressés jusqu’à l’entêtement, ils n’attendent qu’une chose en somme. Que le Petit Prince dise enfin fermement : « S’il te plaît, Duc, ne me dessine pas une prison ! »

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta
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