Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 299 du 22 juillet 2003 - p. 7
Traditions
par Michel de L’Hyerres
L’Etat-voyou
(II)

Deux remarques émergeant d’un fatras de nouvelles viennent éclairer et préciser la monstrueuse affaire de la guerre d’Irak.

La première émane de Vladimir Volkoff, datant de l’an passé, et constate, concernant l’Amérique, la proximité entre le calvinisme et le judaïsme, par le fait qu’ils trouvent, tous deux, leur origine dans l’Ancien Testament. Cette identité explique, pour une part, la collusion politique et militaire des Etats-Unis et de la République d’Israël à tel point que, tellement confondus, l’observateur moyen ne parvient pas à distinguer lequel commande l’autre.

Un second trait, dans leur ressemblance, vient compléter le précédent par leur penchant commun pour le mercantilisme et la banque : en effet, l’austérité primitive des premiers débouchant, par la thésaurisation, sur le capitalisme occidental(1), s’accorde avec la pratique, très ancienne chez les seconds, de l’usure. La résultante, c’est le développement maintenant planétaire des banques protestantes et juives qui poussent l’une et l’autre à la mondialisation.

Ce fait avait déjà été constaté par Karl Marx dès 1843. « Le Juif s’est émancipé à la façon juive, non seulement en se rendant maître du marché financier, mais parce que, grâce à lui et par lui, l’argent est devenu une puissance mondiale et l’esprit pratique juif, l’esprit pratique des peuples chrétiens. Les juifs se sont émancipés dans la mesure même où les Chrétiens sont devenus Juifs. »(2)

Cette fusion entre chrétiens (surtout protestants) et juifs est, par excellence, le vecteur de la Révolution, donc de la destruction de la société traditionnelle qui, dans sa forme catholique, est fondée notamment sur l’esprit de pauvreté, le refus du prêt à intérêts, de l’usure, de la banque.

L’esprit bourgeois, confondu avec l’esprit juif, dispose de deux bras et leurs deux mains pour, comme une mâchoire, détruire la Tradition : la droite, celle de la banque, et la gauche, celle de la haine du riche.

D’où la comédie de la Droite (financière et non nobiliaire) ennemie de la Gauche (anticapitaliste), fondement pratique du parlementarisme bourgeois masquant le réel : la destruction luciférienne de la société traditionnelle aristocratique, catholique et paysanne.

Et chacun connaît la pratique des dites banques pour subventionner la canaille révolutionnaire de tous polis...

***

Venons-en maintenant à la seconde remarque, celle de Thomas Molnar(3) qui pourrait se résumer ainsi :

- Les Américains "globalement" n’aiment pas les Français, mis à part une minorité d’un dixième environ qui "continue d’admirer la France", désamour aggravé « ... insupportablement par la bouche et les gestes de M. de Villepin » (14 février 2003).

- « En même temps qu’on nous annonce la suprématie américaine, la différence de mentalité se fait éclatante, au grand dam de New York qui se veut capitale cosmique et rénovatrice de l’histoire. »

- Si les Français affectaient autrefois, à la cour de Versailles, sous Louis XIV, une certaine arrogance, ils étaient pénétrés par « le goût aristocratique de la transcendance et ne sombrèrent pas dans la vulgarité... ».

- Il existe donc un abîme entre "l’ordre puritano-missionnaire" baptisé "democracy" et ce qui demeure malgré- tout de "culture aristocratico-élitiste de l’Europe", d’où une amertume américaine vite muée par réaction en mépris de ce qui n’est pas eux.

***

Apparaît donc, pour le malheur de l’humanité, après le totalitarisme philosophique français des "Lumières" puis de ses filles, les idéologies, marxiste et nationale-socialiste, une nouvelle menace particulièrement stupide et grotesque : le "néo-conservatisme" américano-sioniste où l’on observe ces "imbéciles-intelligents", selon la formule d’Arthur Koestler, dans leur délire messianique, partager l’humanité en deux : eux et les autres, le Bien et le Mal !

D’où leur frénésie de fabrication de "diables" que furent successivement (j’en passe) : le modèle insurpassable Hitler, puis Nasser en 1958, Arafat en 1968, Khomeyni en 1978, Saddam Hussein en 1990, enfin Ben Laden en 2002... et pourquoi pas Chirac maintenant !

Et si le diable était, en définitive, celui qui projette sur les autres ses propres turpitudes ?


(1) Max Weber : "L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme", Flammarion.
(2) Karl Marx : "La Question juive", chapitre II.
(3) Thomas Molnar, "Monde et Vie", 27 mars 2003, n° 713.
Cet article fait suite à l’article paru dans le LJ n° 270.
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