Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 299 du 22 juillet 2003 - p. 11
Entretien sur Radio Courtoisie
Et à Lyon, M. Gollnisch ?

Le n° 2 du FN, accompagné de Roger Holeindre, a pu s’exprimer près de deux heures, le 16 juillet dernier, sur Radio Courtoisie. De ses propos, très variés, nous avons choisi de transcrire ci-dessous ce qui concerne son fief personnel, la Capitale des Gaules.

Serge de Beketch : ... Maintenant, je m’adresse au Lyonnais, car j’ai entendu une histoire bizarre au sujet de M. Millon...

Bruno Gollnisch : ... Oui, qui a perçu des avantages que j’ai toujours considéré comme abusifs. Il s’agissait d’un logement de fonction, et du personnel attenant, à Lyon, alors que le siège du Conseil régional est à Charbonnières, et que la seule réfection de son toit avait coûté - sous le prédécesseur et mentor de Charles Millon, Charles Béraudier - 4 millions de F. A l’époque j’avais suggéré à M. Béraudier de diviser la somme en deux, en s’inspirant plutôt du Pavillon d’Argent que du Pavillon d’Or, à Kyoto... Je pense que la Questure aurait dû s’opposer à ces dépenses. Sans qu’il y ait eu de malversation grossière...

SdB : Difficile de soulever un toit, ou même une pierre, sans découvrir un politicien malhonnête...

BG : Sans vouloir dédouaner M. Millon, il ne s’agit à Lyon que d’une goutte d’eau, comparée aux 20 millions d’euros - 14 milliards de centimes anciens - que se fait verser Jean-Marie Messier, après avoir ruiné les actionnaires et été à l’origine de la déconfiture de Vivendi, paravent d’ailleurs d’une entreprise phare de la corruption...

SdB : La Générale ou La Lyonnaise ?

BG : Elles se disputent la palme. Je crois que c’est La Lyonnaise...

SdB : Mais dans le cas de Millon - 2 millions de F tout de même -, n’est-ce pas un règlement de comptes après l’affaire du Conseil régional ?

BG : C’est un règlement de comptes. L’élu écologiste qui est à l’origine de la procédure, M. Tête, devrait d’ailleurs vérifier s’il a le derrière propre avant de monter au mât de cocagne, puisqu’il s’est retrouvé condamné pénalement pour avoir abusé des Assedic, qui finançaient indirectement son militantisme...

SdB : C’est un intermittent de la politique ?

BG : Oui, en quelque sorte... En tout cas il s’accommodait très bien de Millon quand celui-ci ne refusait rien au PS ni aux Verts pour qu’ils fissent l’appoint de sa majorité au Conseil régional. C’est quand Charles Millon a été réélu, en désespoir de cause, avec nos voix, qu’on lui a trouvé tous les péchés du monde. Moi je n’ai pas voté pour la personne ou l’action de Millon, mais parce que c’était un moindre mal par rapport à une direction socialo-communiste en Rhône-Alpes. Je dois dire que nous avons été mal récompensés de cette attitude patriotique. Je rappelle à ceux à qui on va encore servir, en 2004, l’argument éculé selon lequel le FN est là pour faire passer la gauche, que nous avons proposé de faire battre la gauche, et qu’elle pouvait l’être dans 22 régions sur 23. Elle ne disposait d’une majorité absolue que le Nord/Pas-de-Calais. Le FN a effectivement fait élire un certain nombre d’exécutifs de droite. Je ne sais pas si c’est ce que nous avons fait de mieux. Mais nous l’avons fait. Celui qui a ordonné aux élus RPR de se priver du soutien du FN et de remettre les clefs des conseils régionaux aux socialo-communistes pourtant minoritaires, c’est Jacques Chirac. Par une démarche tout à fait ahurissante, pour un président de la République en exercice, qui a consisté à intervenir dans l’élection de collectivités locales.

[Débat, avec Roger Holeindre, sur la politique générale en cours. BG indique qu’une récente réforme de la Constitution permettra d’extrader des Français n’importe où en Europe, tandis que les criminels africains deviennent inexpulsables !]

BG : Dans le Rhône, nous avions ces 7 délinquants algériens, qui étaient là de fraîche date, et dont le préfet disait lui-même qu’ils n’avaient aucun titre à rester en France. Après quelques "grèves de la faim" et le tam-tam habituel...

Patrick Gofman : ... manié par votre concitoyen le cinéaste Bertrand Tavernier...

BG : ... Bien sûr. Tous ont finalement été admis à rester en France alors que leurs recours légaux étaient épuisés.

SdB : On parle beaucoup des ambitions lyonnaises de M. Perben...

BG : M. Perben, qui est ministre de la Justice et maire de Chalons, est venu récemment à Lyon pour dire une grand messe avec les cadres de l’UMP, et annoncer qu’il serait candidat à la mairie de Lyon. En réalité il est là pour apaiser les factions de l’UMP qui s’entre-déchirent. Pour une fois, je suis d’accord avec Michel Noir, pour m’étonner de ce que l’UMP ne puisse pas trouver un candidat acceptable, un candidat lyonnais à la fonction de premier magistrat municipal. Mais il est vrai que la droite lyonnaise, par ses bêtises, par ses divisions, par son refus de s’entendre avec le FN, et par l’ostracisme qu’elle pratique contre ceux qui essaient d’y remédier - si peu que ce soit, comme Ch. Millon -, est directement responsable de la prise de Lyon par le socialo-communiste et franc-maçon Gérard Collomb.

SdB : Vous avez un exemple de maire de Lyon qui n’ait pas été franc-maçon ?

BG : Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Herriot lui-même ne l’était pas ! Mais tout son entourage l’était. C’était aussi le cas de l’entourage de Francisque Collomb. Il suffit d’évoquer la question dans une assemblée locale pour voir l’hystérie qui s’en empare. Alors que nous venons d’assister à Lyon à une cérémonie pour le "275e anniversaire" (!?) de la franc-maçonnerie... Réception grandiose à la mairie... Je recommande la lecture du Libre Journal [n° 298] et de son analyse de l’Histoire de la FM, telle qu’on la falsifie maintenant.

PG : Les sociétés secrètes sont donc légales en France ?

BG : Malheureusement oui. Et nous demandons simplement que ce secret soit aboli. Comme le demande M. Tony Blair, travailliste, en Grande-Bretagne !

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